Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 18 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

La mort de Marceline Loridan-Ivens : la femme qui n'avait pas peur des racailles...

Une belle voix s'est tue. Elle va nous manquer.

Le courage comme seule vertu

Publié le
La mort de Marceline Loridan-Ivens : la femme qui n'avait pas peur des racailles...

 Crédit DOMINIQUE FAGET / AFP

Marceline Loridan-Ivens fut, avec Simone Veil, une des plus jeunes déportées d'Auschwitz. Vivre à l'ombre des chambres à gaz crée des liens. Les deux femmes devinrent amies pour toujours. Il est probable que la mort récente de Simone Veil a ôté a Marceline Loridan-Ivens l'envie de vivre plus longtemps.

Quand elle revint des camps de la mort elle plongea dans les années folles et insouciantes de Saint-Germain-des-Prés . Elle vécut, dansa et eut de belles liaisons amoureuses. Puis elle épousa le cinéaste Joris Ivens. Avec lui elle tourna nombre de documentaires.
 
Apres sa mort, elle commença à tourner, seule, des documentaires sur Auschwitz et la Shoah. Inlassablement elle les présentait dans les écoles. Il y a trois ans Marceline Loridan-Ivens écrivait un très beau livre : "Et tu n es pas revenu". "Tu" c'était son père dont Auschwitz fut le cimetière. 
 
Pour son livre elle fut invitée a France Inter. Pour parler bien sûr d'Auschwitz et de la Shoah. Mais elle décida de parler de l'antisémitisme d'aujourd'hui. Au grand dam de Patrick Cohen qui l'interviewait.
 
Elle raconta sans hésiter un instant, et avec une gouaille toute parisienne, ce quelle avait vécu dans un lycée professionnel. Elle y présentait un de ses films. Pendant la projection, alors que la lumière était éteinte, on entendit des ricanements et des sifflets. Les racailles n'aimaient pas qu'on parle trop de la souffrance des Juifs. 
 
"Des jeunes Maghrébins" expliqua pendant l'interview Marceline Loridan-Ivens. Elle n'avait pas peur des mots... Quand la projection fut terminée elle s'adressa aux élèves : "maintenant que la lumière est revenue pouvez-vous répéter ce que vous avez fait dans le noir ?".
 
Il y eut un silence lourd et pesant. Alors Marceline Loridan-Ivens leur lança : "Vous êtes des lâches, vous êtes des lâches !". Qui aujourd'hui osera parler comme Marceline Loridan-Ivens.
 
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par atlantique07 - 20/09/2018 - 11:36 - Signaler un abus Plus grand monde

    Celle ou celui qui tiendrait ce genre de courageux langage serait immédiatement accusé de racisme et d'islamophobie..

  • Par assougoudrel - 20/09/2018 - 15:30 - Signaler un abus Cette Grande Dame à

    rejoint Son Amie. Un grand vide chez les braves et la cour est remplie de lâches, gouvernants en tête. J'ai une pensée pour Elles deux. Qu'Elles reposent en paix.

  • Par Atlante13 - 20/09/2018 - 16:09 - Signaler un abus En tout cas,

    sûrement pas Patrick Cohen.

  • Par cloette - 20/09/2018 - 16:28 - Signaler un abus Qui?

    Vous, Benoit Rayski !

  • Par Marie-E - 20/09/2018 - 17:07 - Signaler un abus je l'ai admire autant que Simone Veil

    un parcours de vie commun atroce dont elles ont su tirer la force de poursuivre leur vis, d'informer sans relache et de faire front a l'adversite. Marceline Loridan-Ivens s'en est allee rejoindre sa grande amie au Gan Eden. Comme dirait un de mes amis israeliens "Derriere Marceline Loridan-Ivens et sa grande discretion se cachait une femme lucide et courageuse...Eshet Hayil". Paix a son ame...

  • Par Borgowrio - 20/09/2018 - 18:17 - Signaler un abus Courage , intégrité , ça nous change des pignoufs de la télé

    Elle , les "progressistes " ne peuvent pas la taxer de fasciste . Après ce qu'elle a vécu , la lâcheté ordinaire des enseignants et des journalistes qui minimisent l'antisémitisme pour ne pas "stigmatiser " une "population qui souffre" , pas de ça chez elle ...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€