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Monuments Men : quand Hitler planifiait de créer un méga musée aryen dans sa ville natale

Dans son nouveau film, Georges Clooney raconte l'histoire des Monuments Men. Ils étaient 350 issus de treize nationalités différentes. Leur mission : récupérer les œuvres d'art volées par les Allemands. Adolf Hitler voulait en faire le plus grand musée d'Europe.

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Monuments Men : quand Hitler planifiait de créer un méga musée aryen dans sa ville natale

Dans son nouveau film Monument Men, Georges Clooney dénonce le vol d’œuvres d’art par les nazis.  Crédit Capture d'écran / Allociné.fr

Atlantico : Dans son film Monuments Men, George Clooney dénonce le vol d’œuvres d’art par les nazis. Que voulait faire Hitler de ses spoliations ?

Fabrice d’Almeida : Il y a les spoliations des œuvres d’art très connues et il y a toutes celles qu’on oublie, par exemple les spoliations de meubles d’art.

Ce qui nous concerne particulièrement en France, nous avions un mobilier de familles bourgeoises juives très important, stocké notamment dans le grand hangar Austerlitz. Un certain nombre de dignitaires nazis se sont servis dedans, ils l’utilisaient pour anoblir leur intérieur de maison. Il y a également les grandes œuvres d’art de musées. Hitler avait un plan pour créer un très grand musée à Linz avec environ 5000 œuvres. Musée qui n’a jamais vu le jour. Il s’agit des œuvres dont parle en partie le film Monuments Men, qui à la fin de la guerre ont été cachées dans différentes mines et châteaux. N’oublions pas non plus qu’Hermann Göring avait une collection énorme entreposée à Karinhalle dans son manoir de chasse.

Quels étaient ses rapports à l'art ? Que représentaient ces œuvres pour lui ?

Hitler a un rapport mystique à l’art. Ce n’est pas seulement une question esthétique, il pense que les grandes œuvres d’art possèdent en elles, et par la combinaison de signes qu’elles contiennent, une énergie particulière, qui peut être inspiratrice et donne la force. Il prenait souvent l’exemple d’un grand banquier allemand qui, avant toute grande décision, restait assis devant un chef d’œuvre qu’il possédait pendant plusieurs minutes voire plusieurs heures. Pour peser sa décision, il prétendait que c’était l’œuvre qui lui insufflait la qualité de réflexion nécessaire. Il est convaincu que dans l’art, il y a quelque chose qui relève de la mystique.

Il y a différentes œuvres, ce qu’Hitler considère comme l’art, c’est ce que nous pourrions appeler les "classiques" : les chefs d’œuvre de l’ancien temps dépositaire d’une sorte d’étincelle très ancienne. Et il y a l’art contemporain, embrassé par des formes de cultures décadentes, qu’il considère comme des arts dégénérés influencés par les juifs et la modernité. Des œuvres qui doivent être détruites car elles ont un pouvoir de corruption extrêmement grave. Et la corruption la plus grave, outre la corruption du sang, c’est la corruption de la culture.

De quelles œuvres s’agit-il ? Peut-on estimer le montant de ces vols ?

Des tableaux, des sculptures, des meubles, etc. Parmi elles, il y a les grandes œuvres symboliques. Dans le film, ils parlent du Retable de Liège, mais il y avait aussi le grand Retable de Strasbourg, les nazis prenaient beaucoup d’œuvres classiques médiévales notamment. Ils voulaient récupérer un certain nombre d’œuvres correspondants aux confins de l’Empire germanique, ils considéraient que c’était une perte de patrimoine.

Ils ont volé des Vinci, des primitifs flamands, des classiques français, et même des œuvres de Gustav Klimt au moment de l’occupation de Vienne. Cette estimation n’est donc pas faisable. Ce qu’Hitler voulait voler, c’est le fondement de la civilisation, je trouve que c’est bien dit dans le film de George Clooney.

Pour Monuments Men, le réalisateur s’est inspiré du livre du même titre, signé en 2006 par l’auteur américain Robert Edsel. Si le film se concentre sur une dizaine de personnages, les Monuments Men regroupaient en réalité plus de 300 hommes et femmes, originaires de 13 pays différents. Qui étaient-ils ?

Pour la plupart des conservateurs de musées. Celle qui servait la France s’appelait Rose Valland, interprétée par Kate Blanchett, qu’on aurait probablement voulu voir plus dans le film en tant que Français !

Propos recueillis par Marie Deghetto

 
Commentaires

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  • Par pave777 - 12/03/2014 - 14:45 - Signaler un abus Hitler

    n'a rien inventé, il a pillé comme tous les autres pays qui avaient un empire et des colonies, la seule différence avec certains grands " humanistes " hollywoodiens, c'est qu'il a perdu la guerre . What else Georges ? toujours autant de succès avec les pintades ?

  • Par céleste - 12/03/2014 - 18:49 - Signaler un abus il s'est fourvoyé, monsieur Expresso !

    Un nanar monumental qui n'a rien d'original. Il y avait eu un truc dans le genre, il y a une bonne cinquantaine d'année, avec Burt Lancaster, cela s'appelait "Le Train"........d'Oppenheimer

  • Par fentreti - 13/03/2014 - 05:42 - Signaler un abus Les dirigeants ont toujours été des voleurs

    Et rien n'a changé de nos jours .

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Fabrice D'Almeida

Fabrice d'Almeida est un historien français. Professeur à Paris 2 et à l’Institut français de presse. Il est l’auteur du livre Une histoire mondiale de la propagande, de 1900 à nos jours, aux éditions La Martinière, paru en 2013.

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