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Mondial 2018 : calculer l’impact potentiel de la compétition sur la popularité d’Emmanuel Macron, c’est possible et voilà comment

La tentation d’une exploitation politique du mondial de foot est inévitable tant l’évènement est l’occasion de fédérer les français qui seront tous derrière les Bleus, le Président de la République en tête. La question peut paraître cynique, mais on est en droit de se demander si, au-delà de l’amour du ballon rond, il n’y aurait pas aussi un intérêt plus politique, ou dit autrement, avec les Bleus en finale, quel gain de popularité pour le Président ? Selon le modèle élaboré par ElectionScope®, ce pourrait être de 10 à 13 points de popularité supplémentaire.

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Mondial 2018 : calculer l’impact potentiel de la compétition sur la popularité d’Emmanuel Macron, c’est possible et voilà comment

La tentation d’une exploitation politique du mondial de foot est inévitable tant l’évènement est l’occasion de fédérer les français qui seront tous derrière les Bleus, le Président de la République en tête. La question peut paraître cynique, mais on est en droit de se demander si, au-delà de l’amour du ballon rond, il n’y aurait pas aussi un intérêt plus politique, ou dit autrement, avec les Bleus en finale, quel gain de popularité pour le Président ? Selon le modèle élaboré par ElectionScope®, ce pourrait être de 10 à 13 points de popularité supplémentaire. 

La coupe du monde de football 2018 débute et, immanquablement rejaillit le débat sur les tentatives d’une exploitation politique de cet évènement sportif majeur.

Depuis la coupe du monde 1986 et l’épopée de la bande à Platini, l’exécutif est toujours prompt à accompagner, voire à récupérer, la ferveur populaire existant autour des bleus. 

Suivant la tradition initiée par Jacques Chirac en 1998, Emmanuel Macron accompagné cette fois de son épouse, s’est rendu à Clairefontaine et n’a pas hésité à enfiler quelques instants les habits du coach de l’équipe de France. Il a ainsi averti qu’il ne se déplacerait en Russie qu’à la condition expresse que les bleus franchissent les quarts de finale. Et d’ajouter qu’il espérait « qu’il serait » en finale. 

C’est peut-être un message subliminal mais il incite à se poser la question de savoir si le Président pourrait « politiquement » profiter d’une victoire des bleus au mondial 2018. Ou, à tout le moins, si une amélioration du moral des français (avec ses retombées économiques vertueuses) pourrait restaurer une popularité déficitaire et tendanciellement déclinante depuis le troisième trimestre 2017. Il existe certes quelque intuition à ce sujet, mais nous avons décidé d’aller plus loin en mesurant le lien existant entre popularité de l’exécutif et succès des bleus au mondial de football.

Panem et circenses

 L’interaction entre les jeux et la politique remonte au moins aux satires du poète Juvenal à qui l’on doit la formule panem et circenses (du pain et des jeux). L’objectif de l’Imperator romain était alors d’offrir au peuple « divertissements » et combats de gladiateurs pour afficher sa puissance, sa générosité et conforter ainsi sa popularité, tout en réduisant les tensions de toutes natures qui fragiliseraient son pouvoir (pratique dite de l’évergétisme).

Le rang des bleus au mondial fait-il remonter la popularité de l’exécutif ?

Pour revenir à notre époque, lorsque les Bleus ont gagné le Mondial en 1998, les 15 points de popularité récoltés par Jacques Chirac (7 points pour Lionel Jospin, Premier ministre en cohabitation, source Ifop) font toujours rêver. Déjà en 1986, à Guadalajara, le dernier tir au but de Luis Fernandez en propulsant les bleus en quarts de finale permettait aussi à François Mitterrand de gagner 7 points de popularité. Enfin, à l’occasion de la seconde place des bleus en 2006, Jacques Chirac bénéficiera à nouveau d’un regain de popularité de 9 points. En revanche, les piètres performances des bleus en 2002 et en 2010 ne rapporteront rien ou presque, à Jacques Chirac et à Nicolas Sarkozy. Reste un point aberrant en 2014, avec François Hollande qui pouvait attendre mieux de la sixième place des Bleus -stoppés par l’Allemagne en quarts de finale- qu’un simple maintien de sa popularité à 18% (de mai à août 2014). Mais c’est peut-être là qu’est l’exploit, car dès septembre il s’effondrera à 13% (source Ifop- un record sous la Vème République).

 

 
Commentaires

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  • Par mymi - 14/06/2018 - 09:05 - Signaler un abus Zut

    Je voulais soutenir les bleus et bien évidemment souhaiter la réussite mais si cela doit contribuer à donner 10 ou 12 points à micron le Jupiter d'opérette et surtout destructeur de notre France, je suis vraiment embarrassée !!!vais-je devoir espérer la chute des Bleus !!!!

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Bruno Jérôme

Bruno Jérôme est économiste, maître de conférences à Paris II Panthéon-Assas.

Il est le co-fondateur du site de prévisions et d'analyses politico-économiques Electionscope.

Son dernier ouvrage, La victoire électorale ne se décrète pas!, est paru en janvier 2017 chez Economica. 

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Véronique Jérôme

Véronique Jérôme est maître de conférences en sciences de gestion à l'Université de Paris-Sud Saclay, Docteur HDR en sciences économiques de l'Université Paris-I, lauréate de la Bourse Louis Forest de la chancellerie des Universités de Paris et chercheuse associée au Largepa de Paris II. 

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