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Le monde face à la menace d’une nouvelle crise globale : pourquoi notre économie pourrait avoir (encore) plus de mal à s'en remettre cette fois-ci

Alors que la finance mondiale présente actuellement certains signes inquiétants, le spectre d'une nouvelle crise après celle de 2008 plane de nouveau sur les places financières. Or, les conséquences pourraient être bien plus graves cette fois, alors que nos économies sont encore convalescentes.

Voyants rouges

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Le monde face à la menace d’une nouvelle crise globale : pourquoi notre économie pourrait avoir (encore) plus de mal à s'en remettre cette fois-ci

Atlantico : Alors que certains observateurs constatent aujourd'hui des signes inquiétants vis-à-vis de l'économie mondiale (amplifiés par les éventuelles menaces que font peser le Brexit), au-delà de la probabilité d'un tel événement, quelle serait la différence, par rapport à 2008, d'impact sur l'économie européenne, et française, en cas de nouvelle crise ? En quoi l'état de convalescence actuel représente un élément supplémentaire à prendre en compte ?

Christophe Blot : On voit bien que le niveau de taux de chômage aujourd'hui n'est pas le meme qu'en 2007.

Il est beaucoup plus élevé en France et dans la zone euro. Une nouvelle crise avec effet récessif sur l'économie impliquerait donc une fragilisation du tissu social et économique bien plus importante qu'en 2007. Rajouter une crise à une situation qui n'est pas complètement rétablie serait évidemment une très mauvaise nouvelle pour l'économie européenne et pour sa « santé » sociale.

Quelles seraient les conséquences les plus graves ? Quelles seraient les conséquences pour les chômeurs de longue durée ? Que dire de l'investissement ? Quels sont, finalement, les secteurs les plus exposés actuellement à un nouvel épisode de crise ?

L'occurence d'une crise aggraverait probablement les conditions de vie et les difficultés des chômeurs (notamment les chômeurs de longue durée) à retrouver un emploi. Cela recréerait du chômage et les éloignerait pour une durée encore plus longue d'une possibilité de reprise d'emploi.

La situation de l'investissement, qui ne s'est pas complètement rétabli depuis la récession de 2008-2009 dans la zone, serait fortement affectée elle aussi. Les entreprises pourraient avoir des difficultés de financement si cette crise touchait assez fortement le système bancaire. Un climat d'incertitude et de risque financier plus élevé retarderait des projets d'investissement et pèserait sur la croissance, non seulement à court terme mais aussi à long terme. Or, une situation de maintien de chômage de longue durée joue sur la croissance future, la croissance potentielle.

Si les entreprises freinent à nouveau les perspectives d'investissement, c'est l'appareil productif qui ne se renouvelle pas et la productivité future qui s'en trouve affectée.

Le système bancaire est-il suffisamment résilient pour absorber un nouveau choc ?

Le système bancaire reste pour moi une inconnue assez forte au niveau de la zone euro. Des évaluations faites par la BCE montrent une amélioration de la situation du système bancaire par rapport à la crise de 2008-2009. Mais on observe encore certains signes de fragilité dans certains pays. On a vu récemment le cas des banques italiennes qui pouvaient être fragilisées, sans parler de la situation catastrophique de la Grèce qui continue à mettre ses banques en difficulté... Ces banques sont donc elles aussi dans une situation de convalescence, avec certes une certaine hétérogénéité selon les pays. Une nouvelle crise viendrait poser de nouveaux problèmes bancaires assez importants dans la zone euro.

 
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  • Par Christophe Bugeau - 07/07/2016 - 10:59 - Signaler un abus Risque d’un nouveau Krach bancaire, comme en 2008 ? Le 06/07/20

    La faillite de la Banque d’affaire Lehman Brothers avait marqué en 2008, le début de la crise : les risques pris par les banques en achetant des actifs pourris ayant un rendement important (mais un risque certain !), avait été le détonateur. La rapacité avait eu des effets directs. Mais les faillites avaient été peu nombreuses et les refinancements par les aides des Etats aux Etats-Unis et en Europe avaient donné aux banquiers un sentiment d’impunité : trop gros pour tomber. Le problème c’est que les nouveaux risques sont probablement plus importants que la fois précédente. La suite : http://www.christophebugeau.fr

  • Par Olivier K. - 08/07/2016 - 09:21 - Signaler un abus Analyse antique

    Je lis souvent que lorsque le chômage est élevé il y a un déficit de formation des personnes sens emploi. Ceci n'est pas une analyse, les métiers touchés par le chômage sont essentiellement des métiers où on touche rapidement un plafond et où de toute façon, la compétence n'est pas reconnu et les gens changent fréquemment de métiers. Le chômage ne changera rien à la formation des emplois peu qualifiés. Pour les emplois hautement qualifié on observe de même que l'organisation du travail est faite de sorte que personne ne puisse acquérir une forte compétences afin que personne ne puisse devenir indispensable et que l'on est pas à augmenter le salaire. Ainsi dans une grosse entreprise il est très rare de rencontrer des gens qui ont plus de 10 ans d expérience dans leur métiers. Les compétences acquises par les séniors sont des compétences transversales qui apportent finalement très peu à l'entreprise ce qui se traduit d'ailleurs par une mise au placards systèmatique des seniors. Donc le faible chômage pour les emplois fortement qualifié changera pas grand chose. Cela pourrait même avoir un effet bénéfique car dans les 10 prochaines années, beaucoup de métiers vint disparaître et

  • Par Olivier K. - 08/07/2016 - 09:34 - Signaler un abus Suite

    Nouveau apparaître. Si le chômeur se forme à ses nouveau métiers, ce qu'il peut faire en s'instruisait directement sur Internet, et surtout pas en suivant les formations proposées par pôles emplois, alors le chômage est un bénéfice, si le chômeur accepté ces nouveaux métiers alors que celui qui a déjà un emplois s accroché aux vieux métiers alors le chômage est un bénéfice pour la société. Le chômage va permettre de rentrer plus facilement au 21eme siècle. Enfin surtout si on laisse couler ces grosses et vieilles entreprise qui ont actuellement le pouvoir politique, la loi travail en est la preuve.

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Christophe Blot

Christophe Blot est économiste à l'OFCE, au Département analyse et prévision. Ses spécialités sont le commerce extérieur, les crises financières et les politiques monétaires.

 

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