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Mohamed Louizi raconte pourquoi il a quitté les Frères musulmans et explique le rôle de la République et la laïcité dans son cheminement

À 37 ans, Mohamed Louizi dévoile son passé de "frère" actif parmi les Frères musulmans : dès l'âge de 13 ans, il a été au service de l'idéologie d'Hassan al-Banna, au Maroc, puis en France, au sein de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il raconte ses quinze ans de militantisme dogmatique, et revient sur les découvertes, les doutes et les interrogations qui ont précédé son désengagement ; il décrypte la stratégie d'islamisation globale non-déclarée des Frères musulmans en France et en Europe, avant de conclure sur son retour vers un islam éclairé et apolitique. Extrait de "Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans" aux éditions Michalon 2/2

Bonnes feuilles

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Mohamed Louizi raconte pourquoi il a quitté les Frères musulmans et explique le rôle de la République et la laïcité dans son cheminement

Contre le Tamkine : la République et la laïcité

La République semble être totalement impuissante et démunie face à un islamisme organisé et conquérant. Force est de constater que celui-ci avance, à travers ses institutions et ses organisations, là où la République déserte les terrains, là où ses valeurs ne sont plus. Contrer l’islamisme ne peut se faire qu’avec la confirmation, sur le terrain du réel, des valeurs humanistes d’une République unie, indivisible, juste, laïque, bienveillante, mais ô combien ferme lorsqu’il s’agit de dire les principes constitutionnels constitutifs de notre contrat social et de les faire respecter, y compris par la force de la loi, si nécessaire !

Les renoncements de la République à ce qui a toujours fait sa force et sa stabilité hypothèquent désormais son avenir et l’avenir de la paix et du vivre ensemble en son sein. La République a le devoir de se protéger et de protéger ses enfants contre les assauts infatigables des Frères musulmans et des autres mouvements islamistes et salafistes. Cela passe d’abord par un travail de fond, sur tous les fronts (éducatif, social, économique), qui doit se poursuivre là où il a déjà commencé, et qui doit commencer là où il tarde, étrangement, à être engagé. Un travail contre les inégalités, contre la pauvreté, contre l’exclusion, contre les discriminations, contre la xénophobie, contre l’indifférence, et j’en passe et des meilleures.

L’islamisme sait parfaitement instrumentaliser la détresse des gens. Il a acquis une longue expérience, de presque un siècle, sous les différentes dictatures arabes. À chaque détresse, il sait proposer une réponse islamiste. À chaque larme, il est le premier à proposer un mouchoir et à verser ses larmes de crocodile. À chaque besoin non comblé par les services de l’État, il propose une structure idéologique. Sur chaque mètre carré déserté par la grandeur de la République, il pose les jalons de la décadence, de l’État islamique tant rêvé !

[…] Cependant, si la République peine à tenir ses promesses, dans sa politique intérieure comme dans sa politique extérieure, l’islamisme, comme d’autres idéologies extrémistes, ne peut que profiter de l’aubaine qu’offrent les situations difficiles des uns et des autres. Ainsi, il instrumentalise la détresse ; il fait miroiter le rêve du paradis à ceux qui vivent l’enfer ; il professe la rupture avec l’environnement ; il communautarise les esprits ; il sème dans les têtes les graines de l’auto-exclusion ; il impose sur des corps les signes de l’auto-marginalisation ; il propage les idées les plus rétrogrades et façonne les citoyens de demain. Parfois dans la démission et l’indifférence de l’État, parfois avec son concours et son soutien financier !

[…] La République et toutes ses forces vives doivent prendre les menaces islamistes réelles au sérieux, sans pour autant verser dans un délire psychotique collectif, afin d’éradiquer les raisons, diverses et variées, sur lesquelles se base l’islamisme pour s’étendre ici et ailleurs.

 
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Mohamed Louizi

Mohamed Louizi est un ancien membre du mouvement marocain Attawihid wal'Islah, du PJD et de l'UOIF, ex-président des Étudiants musulmans de France (Lille) Il est ingénieur. Il anime depuis 2007 le blog "Écrire sans censures !".

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