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Misérabilisme et déni du réel : ces deux alliés inconditionnels de la nouvelle anti-France qu’il faut combattre même au prix de procès en amalgame

Une tribune de Julien Gonzalez, auteur pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) des notes "Enseignement supérieur : les limites de la ‘mastérisation’" et "Trop d’émigrés ? Regards sur ceux qui partent de France".

Combattre le mal à la racine

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Misérabilisme et déni du réel : ces deux alliés inconditionnels de la nouvelle anti-France qu’il faut combattre même au prix de procès en amalgame

Et voilà. Ce qui devait arriver s’est produit. Par miracle, les carnages de l’église de Villejuif et du Thalys avaient été évités. Cette fois, notre bonne étoile s’est éteinte ; nous voici seuls dans la nuit, avec nos démons. Ceux des frères Kouachi et de Coulibaly, de Merah, de la camionnette qui fonça dans la foule du marché de Noël de Nantes, de l’attaque d’un commissariat près de Tours en décembre dernier ; ceux encore des drapeaux islamistes brandis en juillet 2014 dans les rues de Paris à l’occasion d’une manifestation pro-palestinienne, ceux des « mort aux juifs !» et des croix gammées dessinées sur la place de la République qui les accompagnaient.

Les démons des milliers de tweets se félicitant des attentats de janvier, ceux des minutes de silence bafouées. Nos démons français du sacré piétiné, souillé, sous nos yeux.

Comme après le 11 janvier, les déclarations martiales de nos représentants se mêlent aux expressions vaillantes de la foule endeuillée : « c’est la guerre », « même pas peur », « nous sommes unis », « ils ne gagneront pas ». Une catharsis nationale, à grand renfort de symboles patriotiques, d’exaltation du sentiment d’appartenance, une sorte d’appel désespéré à la transcendance des différences : les messages, tous plus nationaux, tous plus humanistes, tous plus rassembleurs, font corps. Aucun n’est à renier, un seul manque à l’appel : crier sa haine de la haine de soi.

Cet inconcevable mécanisme, ce funeste glissement, qui est parvenu à brouiller définitivement les frontières entre regard critique, remise en cause, détestation et revendication de la haine de la France. Qu’on ne s’y trompe pas, cette haine intérieure n’a pas d’essence, c’est-à-dire aucune prédisposition d’aucune sorte ; ni essence religieuse, ni culturelle, ni ethnique. Pourquoi cette précision ? Parce que les pourfendeurs de l’un accusent souvent les autres. Nous marchons sur des œufs, la situation est explosive. Mais le but ultime de notre génération étant de réaliser l’union des Français, comment pouvons-nous y parvenir si ce qui doit constituer le trait d’union, le ciment, est vomi en toute quiétude ? L’époque est à la folie, la dénonciation de l’inacceptable implique le risque d’un procès en amalgame.  

La nouvelle anti-France a deux alliés inconditionnels : le misérabilisme et le déni. Le premier autorise toutes les lâchetés, les abandons en série, l’indécence et l’insulte du prétendu faible par rapport au pseudo-fort, de l’opprimé envers l’oppresseur, de la minorité envers la majorité. Les adjectifs infamants – « raciste », « xénophobe », « islamophobe » – sont accolés, sans que cela ne choque le moins du monde, aux mots « France », « République », « État », « Français » ; dans l’autre sens on appellerait cela stigmatisation et on aurait parfaitement raison. Dans ce cens, le misérabilisme est synonyme d’abêtissement des masses, de déresponsabilisation confinant à l’irrespect : l’émancipation individuelle et l’élévation des consciences sont abandonnées.

 
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  • Par vangog - 25/11/2015 - 10:44 - Signaler un abus En défendant les anti-France, Gonzales

    fait le jeu trouble des terroristes. En ne se posant pas les bonnes questions sur les adversaires de la France, il reste dans le déni et la bienpensance meurtriere. Ce type de réflexions archaïques n'est plus d'actualité, car il provoque des dizaines de morts tous les dix mois! Il faut cesser de "repenser", aujourd'hui et agir sans faux-semblants, pointer du doigt les anti-Francais, ces imams intégristes tolérés par le pouvoir gauchiste, ces délinquants de banlieue mille fois relâchés par la justice rose et rouge, ces associations collabos d'une immigration mortifère, et leur dire : "soit vous aimez la France et vous changez, radicalement, soit vous dégagez!" Il n'y a plus à tortiller...

  • Par fmarcillet - 25/11/2015 - 11:28 - Signaler un abus @Julien Gonzales - citation E. Mounier

    Je trouve très intéressante la citation du philosophe E. Mounier mais je n'arrive pas à la retrouver. Savez-vous de quel ouvrage elle est tirée ?

  • Par COUDY-MENARDEAU - 25/11/2015 - 13:52 - Signaler un abus De qui s'agit il?

    Des noms s'il vous plait qu'il ne doit pas être trop difficile de trouver.

  • Par ERVEFEL - 25/11/2015 - 16:21 - Signaler un abus PAS D'AMALGAME!

    Il ne faudrait pas faire d'amalgame entre les patriotes de nos jours qui souhaitent défendre leur compatriotes et les "anti-France" de la fin du 19 ème siècle.

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Julien Gonzalez

Julien Gonzalez  est auteur pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) des notes « Enseignement supérieur : les limites de la ‘mastérisation’ » et « Trop d’émigrés ? Regards sur ceux qui partent de France ». 

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