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Le mirage européen : Pourquoi Emmanuel Macron n’a pas appris de ses erreurs

Alors qu'Edouard Phillipe a procédé à sa rentrée politique en détaillant les mesures du prochain Budget 2019, Emmanuel Macron se concentrera cette semaine sur la question européenne, en se déplaçant en Finlande et au Danemark au lendemain de son discours à la conférence des ambassadeurs, et ce, une semaine avant un déplacement au Luxembourg et la réception d'Angela Merkel à Paris.

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Le mirage européen : Pourquoi Emmanuel Macron n’a pas appris de ses erreurs

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : Au regard des avancées "contrastées" d'Emmanuel Macron sur le terrain européen, que peut-il espérer de mieux pour les mois à venir dans un climat pré-électoral européen ? 

Christophe Bouillaud : Il est tout de même très peu probable qu’à la veille des élections européennes, les dirigeants européens produisent autre chose que des mesures d’approfondissement techniques de l’Union européenne.
En effet, comme les avis entre dirigeants européens sur l’avenir de l’intégration européenne sont divergents, ils auront bien du mal à se mettre d’accord à la veille d’élections où, justement, ces avis comptent auprès de leurs opinions publiques respectives. 
 
Comme l’a bien précisé le Premier Ministre danois dans son entretien avec le journal le Monde, paru lundi 27 août, l’heure n’est donc pas aux grandes réformes institutionnelles. De fait, il serait vraiment très étonnant que les dirigeants européens s’entendent in extremis pour mettre en place un quota de sièges au Parlement européen attribué à des listes transnationales. Cette réforme-là semble morte et enterrée. De même, s’il y a un budget de la zone Euro, cela sera une part du budget général de l’UE, son niveau sera limité, et il est hors de question d’avoir un « Parlement de la zone Euro » pour le contrôler. Il ne reste guère que le serpent de mer, en discussion depuis 2012, de l’Union bancaire qui devrait se faire, et encore cela dépend beaucoup des aléas sur les marchés bancaires et financiers. De toute façon, cette Union bancaire concernera les problèmes du futur, mais pas ceux qui apparaîtraient dans un avenir proche (problèmes liés à la situation turque ou italienne par exemple). Il y aura sans doute des avancées du côté de l’Europe de la défense. 
 
Probablement, E. Macron obtiendra tout de même un minimum lui permettant de se présenter devant les électeurs français avec un bilan européen qu’il pourra mettre en «éléments de langage ». 
 
 

Quelles ont été les erreurs commises au cours de cette année passée ? En quoi les rapports de force européens peuvent-ils avoir été mal interprétés à Paris ? 

Je ne suis pas sûr que tant d’erreurs que cela n’aient été commises par E. Macron  – en dehors sans doute de la polémique avec les dirigeants italiens actuels, qui radicalise leur opposition à ce qu’il représente par définition (un Français par nature « arrogant »). 
 
Par contre, il est possible qu’E. Macron soit arrivé trop tard au pouvoir, dans un contexte où il n’avait pas de grands alliés sur lesquels s’appuyer. Il n’avait sans doute pas envisagé, lorsqu’il a établi ses plans européens, qu’Angela Merkel soit reconduite à son poste dans de telles pitoyables conditions. Avec la poussée des droites et extrêmes droites allemandes (AFD et FDP) refusant toute solidarité européenne accrue, il n’y a plus grand-chose à espérer en termes de grande ambition franco-allemande sur ce point. La montée en puissance d’une « MittelEuropa » libérale et nationaliste, qui semble rassembler tous les héritiers de la Double Monarchie d’avant 1914 dans une même définition « fermée » de leur nation respective – de Cracovie à Trieste, et de Salzbourg à Budapest -, n’avait sans doute pas non plus été anticipée. 
 
 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 28/08/2018 - 09:44 - Signaler un abus En fait,

    Macron n'avait rien compris à l'Europe ni aux problèmes existants. Il s'était imaginé qu'il lui suffisait de rencontrer les différents présidents nationaux pour les convaincre de le suivre. Son arrogance naturele n'a fait que les braquer encore plus contre la France. A sa décharge, passer derrière Hollande était une gageure impossible à tenir. On ne passe pas si facilement de l'inexistant à l'omniprésent.

  • Par pitron67 - 28/08/2018 - 12:10 - Signaler un abus europe

    ce qu'il ne comprend pas comme d'autres c'est que cette Europe là est morte et qu'il faut reprendre nos billes fissa avant qu'on y laisse nos dernières plumes!!!!

  • Par Liberte5 - 28/08/2018 - 23:16 - Signaler un abus Pourquoi n'a-t-il pas compris ?

    Parce que c'est un bourricot.

  • Par Cattin - 29/08/2018 - 08:39 - Signaler un abus Macron et les prochaines Européennes

    Le constat et les prévisions sont exact. Ceci dit, Christophe Bouillaud aurait tout de même pu éviter de confondre patriotes et xénophobes. L'Europe est en grand danger d"y perdre ses valeurs culturelles si on continue à ne rien faire. Banlieues "radicalusees" ou "racaillisées" se développant en une sorte de contre société et immigations illégales sont unies pour alourdir le poids de ce qu'on peut appeler une forme colonisation de la France où les zones de non-droit le dispute aux territoires perdus! Est-ce cet avenir-ci que ce journaliste particulièrement clairvoyant souhaite pour la France et pour l'Europe toute entière?

  • Par Cattin - 29/08/2018 - 08:39 - Signaler un abus Macron et les prochaines Européennes

    Le constat et les prévisions sont exact. Ceci dit, Christophe Bouillaud aurait tout de même pu éviter de confondre patriotes et xénophobes. L'Europe est en grand danger d"y perdre ses valeurs culturelles si on continue à ne rien faire. Banlieues "radicalusees" ou "racaillisées" se développant en une sorte de contre société et immigations illégales sont unies pour alourdir le poids de ce qu'on peut appeler une forme colonisation de la France où les zones de non-droit le dispute aux territoires perdus! Est-ce cet avenir-ci que ce journaliste particulièrement clairvoyant souhaite pour la France et pour l'Europe toute entière?

  • Par vangog - 29/08/2018 - 13:43 - Signaler un abus @Cattin C.Bouillaud est une science pipologue...

    biberonné au vieux lait marxiste, pour lequel tout ce qui n’est pas neo-marxiste est « réactionnaire », « xenophobe », « raciste », « populiste »voire « nationaliste » (l’inqulte suprême!)...c’est quasiment dans le concours d’entrée à science pipologie! Si ils n’ont pas cette vision binaire et archaïque, ils ne seront jamais science pipologues...pas manipulables!

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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