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Miracle à Reykjavik : comment l'Islande s’est sortie de la crise en faisant tout l’inverse des autres

Après la Grèce, l’Islande est le pays qui a connu la plus sévère cure d’austérité suite à la crise de 2008. Mais contrairement aux pays de la zone euro, l'Islande est parvenue à des résultats probants en couplant son austérité fiscale à une relance monétaire.

Austérité intelligente, mode d’emploi

Publié le

Car ce qui a permis à l’Islande de rendre possible cette dose d’austérité massive tient en un seul mot : la monnaie. En mettant en place une relance monétaire de très grande ampleur, la Banque centrale islandaise a massivement soutenu l’économie du pays. Ce que le pouvoir budgétaire prenait d’une main a été redonné par la main monétaire. Le résultat se voit à l’œil nu ; en observant la progression du PIB nominal, sous contrôle de la Banque centrale. La comparaison avec la Grèce permet de se faire une idée de la différence de résultats entre les deux stratégies ; entre d’un côté l’austérité fiscale sans soutien monétaire (Grèce) et de l’autre l’austérité fiscale menée avec le soutien de la Banque centrale (Islande):

Graphique : PIB nominal.

Grèce / Islande. 2005-2015. Progression en %

La comparaison ne mérite aucun commentaire sur l’efficacité des deux stratégies évoquées. Cependant, à l’échelle des efforts budgétaires réalisés par l’Islande, le coût monétaire n’a pas été neutre. C’est ainsi que l’inflation islandaise a explosé au moment même de la mise en place de la relance monétaire, atteignant un sommet de 18.6% en janvier 2009, avant de revenir à un seuil de 1.6% en mai 2015.

Graphique : Inflation. Islande. (Source : Banque centrale Islandaise)

Au contraire du cas grec, la stratégie macroéconomique de l’Islande a été de partager le coût de la crise entre le capital et le travail. Le capital a subi l’érosion de l’inflation et le chômage a progressé de 2.4% en 2008 à 7.4% en 2010, pour revenir à ce seuil actuel de 4.3%. En Grèce, seul le travail a été mis à contribution et s’affiche aujourd’hui à 26.6% de la population active. Pour le moment. Lorsque les créanciers grecs ont consenti  un sacrifice en 2011, ils ont traité la conséquence du problème sans s’attacher à ces causes. A l’inverse, L’Islande a été s’attaquer aux racines du mal. 

 
Commentaires

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  • Par Texas - 16/06/2015 - 12:35 - Signaler un abus Quelques petits détails...

    ...oubliés dans cette jolie fable de la maîtrise monetaire , Mr Goetzmann . Une très grande discretion a accompagné la crise Islandaise , sa candidature européenne assorti d' un programme d' aide de l' U.E ( 11997,400 Eur. ) , des litiges toujours actuels avec les bailleurs de fonds Neerlandais et Britanniques et ...aux dernières nouvelles le retrait de sa candidature auprès de l' U.E . Cette histoire est somme toute assez glauque pour être prise en modèle , même si la methode ne souffre pas de critiques .

  • Par LV - 16/06/2015 - 12:51 - Signaler un abus Article d'idéologue car négligeant une circonstance fondamentale

    Article d'idéologue car négligeant (volontairement ?) une circonstance fondamentale : l'Islande est un pays minuscule (329 000 habitants soit grosso modo la ville de Nantes). Autrement dit, les besoins de financement du "bail out" islandais ont été une goutte d'eau dans le système financier mondial. Simili modo, le défaut de l'islande n'aurait été qu'une vaguelette. Il n'y a donc là rien de transposable à des pays comme la France, l'Espagne ou même la Grèce. On rajoutera au commentaire de Texas que les Islandais n'ont pas hésité à spolier les étrangers résidants chez eux: seuls les comptes courants des nationaux ont été garantis. Les autres ont fait "pschitt" et ils n'étaient pas tous des gens fortunés.

  • Par toupoilu - 16/06/2015 - 18:05 - Signaler un abus Mr goetzmann, comme vous avez dans un tres recent

    et très intéressant article montré que le différentiel démographique dans la zone euro ne permettrait pas une politique monétaire qui satisfasse tout le monde, la solution pour mettre en place cette stratégie monétaire a l'islandaise compensatoire de la cure d’austérité nécessaire n'est elle pas la sortie de l'euro ?

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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