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Les migrants contraints de passer par les Pouilles : la fermeture de la route des Balkans pourrait apporter plus de problèmes que de solutions

L'histoire des migrations clandestines montre qu'à chaque fois qu'une route est fermée, les passeurs en créent une nouvelle. La fermeture de la route des Balkans favorisera très certainement la route de l'Adriatique entre l'Albanie et la région des Pouilles en Italie. Cette dernière risque d'être confrontée à une arrivée massive d'immigrés.

Les passeurs se frottent les mains

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Les migrants contraints de passer par les Pouilles : la fermeture de la route des Balkans pourrait apporter plus de problèmes que de solutions

Atlantico : La fermeture des frontières des pays balkaniques d’Europe centrale et orientale pourrait, selon le responsable des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, ouvrir une nouvelle route migratoire : celle de l’Adriatique vers la région italienne des Pouilles. Les migrants passeraient par l’Albanie pour rejoindre ensuite les Pouilles. Ils pourraient également passer par l’île de Corfou. Cette nouvelle route n'est-elle pas encore plus dangereuse que l’ancienne route des Balkans ?

Gérard-François Dumont : A nouveau, les dirigeants de l’Union européenne (UE) ne font que réagir aux événements plutôt que de les anticiper et de déployer une stratégie réfléchie vis-à-vis de la question de l’immigration.

Le projet évoqué lors du Conseil européen extraordinaire du 7 mars 2016 consistant à annoncer la fermeture de la route migratoire des Balkans consisterait simplement à se ranger aux actions conduites dans ce sens par certains pays.

Le 24 février 2016, sans en informer l’UE, l'Autriche a réuni les ministres de l’Intérieur des pays des Balkans (Serbie, Macédoine, Slovénie, Albanie, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Monténégro et Kosovo) qui se situent sur la route des migrants afin de décider des solutions à apporter à une crise migratoire que ces pays estiment ne plus pouvoir juguler en suivant les directions de Bruxelles. Ces pays ont convenu d'améliorer leur coopération et de ne pas accepter "les migrants qui n'ont pas besoin d'une protection internationale". Et l’Autriche a décidé de restreindre l’entrée des migrants sur son territoire à 80 demandeurs d’asile par jour, et à 3200 personnes en déplacement. La Slovénie et la Croatie, membres de l’UE, ainsi que la Serbie et la Macédoine ont également annoncé des limites quantitatives.

Le Conseil européen de l’UE du 7 mars arrive donc après des décisions déjà prises par les premiers concernés par la route des Balkans. Le risque est que la Grèce devienne un camp pour les migrants. L’UE va donc de facto souhaiter de permettre aux migrants qui se trouvent en Grèce de se diriger vers l’UE via d’autres routes.

Tout au long de ce dernier quart de siècle, une dizaine des routes migratoires clandestines se sont déployées vers l’UE. Chaque fois qu’une route est devenue contrôlée de façon significative, les passeurs ont privilégié une autre route. De nombreux exemples en attestent. L’Espagne a tout mis en œuvre pour fermer la route de l’Afrique de l’Ouest, qui partait du Sénégal et de la Mauritanie pour rejoindre les îles Canaries, puis celle passant par le détroit de Gibraltar. En conséquence, une route méditerranéenne occidentale de l’Afrique vers l’est de l’Andalousie, puis une route de Méditerranée centrale, notamment de l’Afrique vers Lampedusa, se sont alors déployées. Plus récemment, lorsque la route terrestre entre la Turquie et la Grèce a été fermée avec la construction d’un mur à Evros, la route de la Méditerranée orientale vers les différentes îles de la Grèce est devenue très utilisée.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 08/03/2016 - 09:21 - Signaler un abus Opération "frontières souveraines!"

    Nos Medias gauchistes n'ont pas osé commenter la stratégie du conservateur Tony Abott en Australie, pour stopper l'immigration clandestine, mais il s'avère qu'elle a été totalement gagnante: accords avec l'Indonésie, le Cambodge, mise en quarantaine des bateaux de passeurs sur des îles tampons, arrestation des mafieux, argent fourni aux capitaines de navires pour qu'ils retournent a leur point de départ...l'Australie a stoppé d'emblée la pompe aspirante à immigration clandestine, et n'a pas eu besoin de construire de mur du pacifique! La pompe aspirante europeiste, elle, fonctionne à plein régime, et n'est pas évoquée dans cet article univoque...ce pauvre Dumont ne voit, décidément, les choses que d'un seul bout de sa petite lorgnette! Les fuites migratoires ne sont pas une fatalité, pour peu que les dirigeants europeistes aient la volonté de stopper ces fuites. Tant que nous aurons le couple maudit Merkel-Flamby ( qui travaille dans un même esprit, pour ne pas sire dans un même cerveau...) à la tête de la commission pour l'immigration européenne, les fuites continueront...

  • Par langue de pivert - 08/03/2016 - 11:47 - Signaler un abus ☺ rappel !

    Les envahisseurs mahométans ne doivent pas mettre un pied en Europe ! Après il est trop tard ! Ça fait déjà les 3/4 du problème de réglé ! Personne ne semble remettre en cause un soit-disant devoir des Européens à accueillir des musulmans qui payent des passeurs musulmans pour fuir des guerres entre musulmans ! On peut au minimum se poser la question ! Voilà des déserteurs qui fuient leur pays la queue entre les pattes pour venir se planquer dans l'occident qu'ils méprisent ! Au mieux pour le parasiter au pire pour y fomenter des troubles, voir des attentats ! Enfoncer les frontières d'un pays ou d'un continent est un casus belli type ! Pourquoi faire un si long voyage alors que de nombreux pays musulmans sont si proches ? Que font les pétro monarchies huileuses ? La ligue Arabe, les théocraties donneuses de leçons ? La oumma : c'est fait pour les chiens ?

  • Par langue de pivert - 08/03/2016 - 11:57 - Signaler un abus Super la photo !

    Avec la lecture à quadruple entrée ! "L'immigration bactérienne" serait-elle fondée ? ☺ Même sans gant ce pauvre gosse ne va pas devenir blanc quand même !

  • Par MONEO98 - 08/03/2016 - 16:24 - Signaler un abus Avec la maffia

    ça va courir dans les pouilles

  • Par A M A - 08/03/2016 - 17:00 - Signaler un abus Bien dit MONEO98, on apprécie

    Bien dit MONEO98, on apprécie. Mais l'effet majeur de ces migrations par toutes ces diverses routes, c'est la montée d'un rejet qui va de la compassion à une progressive répulsion, et cette répulsion cristallise les opinions, d'une part vers un populisme raciste, et d'autre part vers le rejet de ces régimes démocratiques mollassons et complaisants, négligeant à l'envie les sentiments profonds des gens qu'ils ont à gouverner. Cette histoire, facile aujourd'hui, va se terminer comment? Un peu d'imagination...

  • Par Alain Proviste - 08/03/2016 - 22:07 - Signaler un abus J'en ai une aussi :

    Il ne faut pas manquer de coeur pour passer par les Pouilles.

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Gérard-François Dumont

Gérard-François Dumont est géographe, économiste et démographe, professeur à l'université à Paris 4-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, auteur notamment de Populations et Territoires de France en 2030 (L’Harmattan), et de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin).

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