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Migrants : les bons et les mauvais

Dans le JDD, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a expliqué sa volonté de différencier les demandeurs d'asile des autres migrants.

Distinction

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Migrants : les bons et les mauvais

Pour ceux qui l’auraient un peu oublié, je rappelle que nous avons un gouvernement tout beau, tout neuf, très peu servi, depuis mai dernier. Ce dernier, constitué à la suite de l’élection triomphale d’Emmanuel Macron sous les vivats d’une foule extatique, a été à peine remanié lors de l’élection législative qui aura donné une majorité indiscutable au Président, et le voilà qui vient de sortir de sa léthargie estivale par le truchement de Gérard Collomb.

Oui, je sais qu’il est difficile d’imaginer un truchement en la personne de Collomb, mais pourtant, c’est bien ce dernier qui vient faire fermement acte de présence dans l’actualité estivale en prenant quasiment position dans la crise migratoire qui secoue la France et l’Europe depuis des mois.

J’insiste sur le quasiment puisque, comme on va le voir et une fois l’information détaillée, on se rend vite compte que notre homme a émis une série d’avis et d’opinions palpitantes qui ne permettent surtout pas d’avancer sur le sujet.

C’est lors d’un entretien accordé au Journal du Dimanche que notre truchement se sera fendu de quelques phrases décisives sur la question. Revenant sur la situation préoccupante de Calais qui sort de plusieurs années d’atermoiements complexes sur le sort de migrants en attente de pouvoir rejoindre l’Angleterre, constatant qu’il reste encore plusieurs centaines d’entre eux sur le sol français, le ministre de l’Intérieur propose courageusement de ménager la chèvre multiculturelle et le chou expulsif en installant des sanitaires mobiles et en planifiant la construction de deux centres d’accueil. Mais attention : « assez loin de Calais et de Dunkerque » pour éviter les petits débordements festifs sur les autoroutes calaisiennes et aux abords du port qu’on observe actuellement (17 867 petites intrusions ici et là, tout de même).

Essentiellement, pour notre brave Gérard, il s’agit surtout de « concilier efficacité et générosité » dans un discours taillé sur mesure pour des médias studieusement à l’écoute. C’est d’ailleurs d’autant plus facile que c’est d’abord en parole avant d’être en actes, et encore plus lorsqu’on sait que la générosité ne provient pas de sa propre poche. En pratique, cette conciliation sera possible parce que notre « ami » du gouvernement va nous aider en distinguant, parmi les migrants, « les réfugiés de ceux dont la migration obéit à d’autres ressorts, notamment économiques ».

Diable ! Mais que n’y avions nous pas pensé plus tôt ! Et d’un coup, la situation devient plus simple puisqu’immédiatement, une solution pratique et opérationnelle peut être mise en place : d’un côté, les migrants économiques, de l’autre les réfugiés, et voilà, tout le monde sait cocher la bonne case sur l’inévitable Cerfa que l’administration fournit pour ce nouveau problème.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 07/08/2017 - 20:38 - Signaler un abus En même temps...

    les réfugiés sont les plus aisément "refoulables" lorsque la guerre est terminée dans les pays d'exode, ou lorsque le socialisme y est éteint (si, si! Les miracles arrivent...), alors que les migrants économiques (la très grande majorité) n'ont absolument pas envie de retourner dans un pays qui leur assure, certes, le bonheur, mais pas les revenus sociaux de nos démocraties populaires...

  • Par Anouman - 07/08/2017 - 21:09 - Signaler un abus Migrants

    Collomb découvrant l'eau chaude (et non l'Amérique). La distinction existe déjà et si les irréguliers étaient expulsés seuls resteraient les réfugiés qu'on pourrait renvoyer chez eux quand ça va mieux (là ça commence à aller mieux en Syrie). Mais comme ses copains du PS (ainisi que ceux de feue l'UMP) n'ont rien fait ces dernières années, il essaie (nouveauté oblige) de faire semblant d'agir pour justifier le changement. Personne n'y croit mais sait-on jamais...

  • Par tubixray - 08/08/2017 - 09:00 - Signaler un abus Et les français Monsieur le Ministre ???

    Ne pourrait on pas les classer en deux catégories : Les sales sectaires qui refusent d'accueillir ces gentils migrants qui nous apportent tant de bien et les bons citoyens qui après avoir tant défilé, commémoré et non amalgamé après chaque attentat sont prêts à ouvrir leur domicile personnel pour y héberger (à titre provisoire pardi!) quelques migrants....

  • Par nanie91 - 08/08/2017 - 10:57 - Signaler un abus Atlantico vous me décevez de + en +

    Article injurieux. Atlantico de plus en plus trash. Moche... Et d'ailleurs qui a écrit cet article ?

  • Par jerome69 - 08/08/2017 - 16:04 - Signaler un abus Erreur dans le titre

    une petit erreur s'est glissée dans le titre de cet article. " Migrants: les bons et les mauvais" merci de corriger par "Migrants: les mauvais et les très mauvais"

  • Par Ganesha - 09/08/2017 - 10:24 - Signaler un abus Un moyen très simple

    Il existe un moyen très simple de distinguer les ''bons et mauvais politiciens'' en France ! Il y a les sinistres lavettes, comme le révérend père François Fillon, qui basait son programme sur la promesse ''d'expulser inconditionnellement tous ceux qui n'auront pas obtenu le statut de réfugié''. Il y a-t-il encore un citoyen imbécile qui ignore que seuls 5% des ''arrêtés d'expulsion'' sont réellement et définitivement appliqués ! Les autres 95% restent définitivement chez nous ! Marine Le Pen, elle, proposait simplement de ne pas les laisser entrer...

  • Par Pharamond - 09/08/2017 - 15:38 - Signaler un abus Une chance pour les pays d'accueil?

    C'est le mantra récité en boucle par ceux qui se disent progressistes,sans nous expliquer comment ou pourquoi. Le quotidien italien,il Corriere della Sera,avec l'aide de l'Istat,équivalent de l'Insee,s'est livré à une analyse du niveau d'instruction de ceux qui débarquent chez eux:75% ont un niveau primaire,un quart sont analphabètes et 5% sont des mineurs non-accompagnés. Le journal de conclure:dans ces conditions,l'apport de ces arrivés au développement et la croissance du pays,ne peut être que mineure. A quand une étude similaire en Frnce?

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