Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 09 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Midnight express : emprisonnée en Turquie avec les femmes d’Al Qaida et de l’Etat Islamique

Le témoignage d’une journaliste américaine emprisonnée en Turquie sur les gens qu'elle y a rencontrés y compris une membre du soi-disant Etat Islamique

THE DAILY BEAST

Publié le - Mis à jour le 2 Décembre 2016
Midnight express : emprisonnée en Turquie avec les femmes d’Al Qaida et de l’Etat Islamique

Deux des femmes assises à côté de moi sont les épouses de deux terroristes qui viennent de se faire exploser accidentellement dans leur salon, emprisonnées parce que soupçonnées d'être des membres d'Al-Qaïda. Crédit Netflix

The Daily Beast par Lindsey Snell

Journaliste basée en Turquie, j’ai été enlevée par Al Qaida en Syrie, j’ai réussi à m’échapper, puis j’ai été arrêtée par la police turque, le 6 août dernier à la frontière avec la Syrie.

Dix-sept jours plus tard, deux avocats et un traducteur (embauché par le Committee to Protect Journalists) viennent me voir. "Ils semblent vraiment croire que vous êtes un agent de la CIA" dit le traducteur "C’est délicat de vous le demander, maisvous avez des liens avec la CIA ? Le FBI ? Le Mossad ?"

Je ris. "Non" dis-je. "Jamais."

"Ok," dit-il "Ne vous inquiétez pas. Nous venons juste de commencer à travailler sur votre cas. Nous irons parler au juge ".

Je demande s’ils ont des nouvelles de mon mari.

Le traducteur baisse les yeux. "Votre mari était en Turquie. Eh bien, il est en Turquie. La police a fouillé votre appartement et l'a retourné. Ils ont pris tous vos appareils électroniques. Et ils ont arrêté votre mari. "

J’ai le souffle coupé. "Quoi ? Pourquoi ?!"

"Parce qu'ils ont trouvé quelques billets d'un dollar dans un tiroir. Je pense qu'il a probablement été libéré, mais nous vous enverrons nouvelles dès que nous en obtenons" promet le traducteur.

Je suis ramené à ma cellule. Au bout de quelques heures, quatre gardes ouvrent la porte : "Prenez vos affaires. Vous changez de prison" dit l'un d’eux.

Je jette mes quelques affaires dans un sac poubelle et j’attends dans le couloir avec les gardes. 

"Trois femmes vont venir avec vous". Quelques minutes plus tard, trois femmes arrivent. Elles étaient dans la cellule directement en face de la mienne. Nous évitons de nous regarder pendant l'épreuve pénible de la fouille à nu.


Nous sommes conduites vers un petit véhicule de transport de prisonniers. Les femmes parlent arabe entre elles. Quand j'entends l'une dire "Reyhanli" le nom d'un village turc directement sur la frontière avec la Syrie, mon sang se glace. J'ai le sentiment que je sais qui sont ces femmes.

Début juillet, quelques semaines avant mon malheureux voyage en Syrie, il y a eu une explosion à Reyhanli, en Turquie. Deux hommes fabriquaient une bombe dans leur salon quand ils l’ont accidentellement fait exploser, ce qui les a tués. Les hommes sont soupçonnés de faire partie du groupe Jabhat Fateh al-Sham, anciennement Jabhat al-Nusra, la filiale d'Al-Qaïda en Syrie qui m'a enlevé . L'histoire a fait de gros titres en Turquie.

Deux des femmes assises à côté de moi sont leurs épouses, emprisonnées parce que soupçonnées d'être des membres d'Al-Qaïda. 


L'une de ces femmes, que nous appellerons Khadijah, parle bien anglais. A 25 ans, elle est enceinte depuis neuf mois. Un autre, que nous appellerons Safa, 23 ans est mariée à l'autre homme et elle est enceinte de sept mois. La troisième femme, 46 ans, "Amina", est la mère de Khadijah, et a été arrêtée parce qu'elle était dans la maison de Khadijah quand elle a été fouillée.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 29/11/2016 - 16:54 - Signaler un abus Sans commentaire....

    .....sinon que quand on veut jouer au petit soldat, on n'appelle pas maman au premier problème.

  • Par vangog - 30/11/2016 - 01:09 - Signaler un abus Difficile de démêler le vrai du faux...

    Ce Daily Beast nous a tellement habitués aux ficelles grossières de la manipulation gauchiste, qu'on ne sait plus si c'est du lard ou du cochon...

  • Par VV1792 - 30/11/2016 - 22:28 - Signaler un abus Je suis d' accord avec vous

    Je suis d' accord avec vous vangog. Il y a aussi au moins une chose de sur a tirer de toute cette histoire, c'est que la Turquie, comme tous les Pays qui lui ressemble, est vraiment un pays de m...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Lindsey Snell

Lindsey Snell est journaliste pour le site The Daily Beast.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€