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Michel Maffesoli : "L'hystérie collective autour de mon cas témoigne d'un divertissement d'impuissants"

Le sociologue Michel Maffesoli s'est retiré de la direction de la revue "Sociétés" après que celle-ci a publié un article prétendument scientifique qui n'était autre qu'un canular visant à montrer ses méthodes jugées contestables par certains de ses confrères. Depuis, le milieu universitaire est agité par un déchaînement d'attaques à son encontre.

Réaction

Publié le - Mis à jour le 30 Mars 2015

Existe-t-il de toute manière des méthodes incontestables en sociologie ? Le procédé qui a été employé contre vous pourrait-il être utilisé contre d'autres, avec des effets polémiques bien moins importants ?

Michel Maffesoli : Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage ! Je pourrais aussi citer les “sycophantes”, ces citoyens de la Grèce antique, qui faisaient de faux procès à d’autres citoyens pour les faire bannir et accaparer leurs biens. Très clairement, nombre de sujets qui ont été traités dans mon centre sont prospectifs : le néo-tribalisme, le nomadisme, l’importance des apparences, la valorisation du corps, l’hédonisme ambiant ou le retour d’un imaginaire dionysiaque, la personne plurielle, les rassemblements musicaux, l’impact des nouvelles technologies, etc.

J’ai été étonné parfois de trouver dans des publications ou des communications de titres un peu “empruntés” sur l’imaginaire quotidien ou le tribalisme ou d’autres, par des collègues qui m’avaient justement reproché de traiter ce type de thèmes “non sociologiques”. J’ai même vu, il y a un peu plus d’un an, un compte-rendu d’un livre sur l’astrologie, qui affirmait que c’était la première fois qu’on traitait ce thème en sociologie !

Encore une fois, je pratique une sociologie compréhensive, qui élucide les processus à l’oeuvre dans la société, les valeurs sous-jacentes aux changements sociétaux, l’imaginaire de l’époque. Je décris ce qui se passe et je ne porte aucun jugement, ni en bien, ni en mal. Je parle de postmodernité au sens le plus basique du terme, notre époque, celle qui vient après l’époque dite moderne (17e- 20e siècles) et je ne dis pas qu’elle est meilleure ou pire que la précédente.

Il est vrai que les personnes qui sont attachées aux luttes de pouvoir et aux places institutionnelles peuvent se sentir attaquées par ceux qui montrent que les valeurs sur lesquelles ils se fondent sont saturées, et qu’un autre monde est en train de naître. Cette peur justifie-t-elle de recourir à des méthodes de voyous, à invalider ceux qui ne pensent pas comme vous ? Ce n’est pas ma façon de faire et ce n’est pas ainsi que j’ai été formé par mes vieux maîtres, Julien Freund, et Gilbert Durand qui avaient appris, notamment au travers de leur combat dans la Résistance, ce qu’est l’honneur.

L’hystérie collective à laquelle on assiste témoigne, avant tout, du “ressentiment” à l’oeuvre dans les soit-disant “sciences” humaines ou, ce qui revient au même, d’un divertissement d’impuissants !

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 29/03/2015 - 14:43 - Signaler un abus C'est un peu votre faute

    Vous avez voulu la démocratie donc vous avez donné le droit de vote aux cons. Pourquoi ne feriez-vous pas une étude sociologique sur l'évolution des QI en France, sur leur carte territoriale, sur leurs mouvements migratoires ?

  • Par Deudeuche - 29/03/2015 - 19:15 - Signaler un abus dur dur de ne pas être de gauche dans les sciences sociaaales

    mais il est temps que cela change.

  • Par vangog - 30/03/2015 - 01:32 - Signaler un abus Bravo à Maffesoli, piégé par les trotskystes et qui a

    le courage de céder son poste! Les socialistologues, politologues et autres scientifiques biberonnés à la pensee unique et se trompant régulièrement, n'ont pas ce courage: modèles climatiques farfelus, erreurs de la mixité sociale ou ethnique, économistes gauchistes à côté de la plaque...plus ils sont nuls, plus ils s'accrochent à leurs postes! Normal, me direz-vous, car ils ne savent rien faire d'autre que copiner et s'accrocher comme des berniques...

  • Par AgentDevlin - 30/03/2015 - 11:45 - Signaler un abus Quelle honte

    Ce procédé est tellement indigne qu'il fait penser à un règlement de comptes dans une cour d'école. C'est ceux qui ont fait cela qui devraient démissionner de leur poste et être soumis à des mesures disciplinaires.

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Michel Maffesoli

Michel Maffesoli, sociologue, membre de l'Institut universitaire de France, est professeur à la Sorbonne.

Après avoir publié Homo Eroticus aux éditions du CNRS, il a écrit les Nouveaux Bien-pensants, aux éditions du Moment (janvier 2014).

Michel Maffesoli a publié au mois d'octobre 2014 L'Ordre des choses (CNRS éditions). Puis La France Etroite en 2015 et La Parole du silence, au Cerf en 2016. 

 

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