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Mérite le Goncourt

Le livre d'Adeline Dieudonné n'est pas une variation autobiographique, artificielle, convenue et prétentieuse comme il y en a beaucoup cette année. C'est un roman dur, impitoyable, haletant. Le plus "fort" de l'année?

Atlanti-Culture

Publié le
Mérite le Goncourt

 Crédit DR

LIVRE 

LA VRAIE VIE

D’ADELINE DIEUDONNE

Ed. L’ICONOCLASTE

270 pages

 

 

 

RECOMMANDATION

          EN PRIORITE

 

THÈME

Un pavillon de banlieue sinistre, un père tyrannique qui aime l’alcool, la télé et qui chasse des animaux sauvages qu’il conserve empaillés dans une pièce qui leur est consacrée, une mère inexistante et qualifiée d’amibe, deux enfants et quelques chèvres dans le jardin : le décor est planté.

La narratrice est la fille aînée. Elle a 10 ans .Sa raison de vivre est son petit frère, Gilles, dont le rire s’éteint le jour où la tête du marchand de glace est déchiquetée- sous leurs yeux- par le siphon de son appareil à Chantilly. Dès lors, l’âme de Gilles est comme possédée par l’épouvantable hyène, trophée de chasse qui trône dans la chambre macabre. Durant cinq années, la petite fille, surdouée en sciences et en maths, passionnée de physique quantique, n’aura de cesse de vouloir revenir en arrière et de remonter le temps pour le sauver, jusqu’à une nuit de cauchemar où le père tentera de la transformer en gibier dans une forêt.

POINTS FORTS

-        Une écriture fulgurante, qui se fait douce pour parler d’amour puis fracassante pour décrire tout ce qu’il y a de plus vil dans la nature humaine.

-        Entre thriller et fresque sociale, l’auteur nous garde en apnée jusqu’à la fin, jusqu’à l’effroyable. Nous aurions même envie de crier à la narratrice, la gorge serrée « vas-y, lutte, cogne, bats-toi » dans les moments les plus sauvages.

-        Une vision percutante entre le bien et le mal qui s’illustre au travers des animaux omniprésents dans le récit. L’auteur instaure une dualité entre les animaux morts et leur fascination, la fameuse hyène qui incarne l’effroi et la cruauté – le mal- et les animaux chéris – le bien. La mère n’existe qu’au travers du soin qu’elle apporte à ses chèvres. La petite fille devient fusionnelle avec sa petite chienne Dovka qui l’accompagne dans son combat. Les disparitions inquiétantes des chiens et chats du lotissement nous maintiennent dans l’idée que le mal rôde à chaque instant.

-        Avec subtilité, l’auteur nous parle de la transformation du corps d’adolescente et des stratagèmes de protection et de dissimulation dont la jeune fille doit user afin de ne pas éveiller l’attentionLa dissimulation intellectuelle est tout aussi touchante, comment occulter son admiration pour Marie Curie et les sciences afin de ne pas déclencher la haine, la jalousie ?

-        Des personnages annexes réconfortants et résilients : le vieux professeur de physique et son énigmatique épouse, puis Plume et Champion le jeune couple voisin.

 

 
Commentaires

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  • Par morsang - 25/09/2018 - 15:34 - Signaler un abus les chèvres du malheur

    j'ignorais qu'on élevait des chèvres en banlieue.Sans doute en belgique

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Valérie de Menou pour Culture-Tops

Valérie de Menou est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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