Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 23 Janvier 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les menaces djihadistes sur les centrales nucléaires sont-elles suffisamment prises en compte ?

Les perquisitions survenues après les attentats de Bruxelles ont réactivé la menace d'attaques terroristes ciblant des centrales nucléaires, voire utilisant du matériel nucléaire. Le risque paraît cependant peu élevé au regard du niveau de sécurisation des centrales.

Alerte rouge

Publié le
Les menaces djihadistes sur les centrales nucléaires sont-elles suffisamment prises en compte ?

Atlantico : Dans un entretien accordé à l'AFP, le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré que la menace de "terrorisme nucléaire" devait être davantage prise en compte par les service de sécurité. "Le terrorisme se répand et la possibilité que des matériaux nucléaires soient employés ne peut pas être exclu" a-t-il ajouté. Quelle est la réalité de ce risque ? Des réseaux terroristes tels que ceux de l'Etat islamique infiltré en Europe pourraient-ils détenir les moyens et les connaissances nécessaires à la confection de bombes nucléaires artisanales ?

Michel Nesterenko : Il n’y a aucune probabilité pour que les terroristes puissent utiliser une bombe nucléaire du style russe ou américaine.

La niveau de technologie est beaucoup trop élevé. C’est encore plus utopique de penser qu’un petit malfrat de nos cités, qui n’a même pas son baccalauréat, puisse avoir ce type de connaissances. La bombe nucléaire est l’appanage des Etats disposant de laboratoires de très haute technicité, et du temps.

 
Par contre ce qui est possible, c’est l’utilisation de déchets radioactifs provenant du secteur médical. Mélangés à des explosifs usuels, il s’agira d’une bombe sale. L’effet sera relativement restreint sur le plan géographique, mais dans un stade ce sera très efficace. Le risque est que le battage médiatique déclenche un vent de panique inconsidéré dans la population. L’explosion de la centrale de Fukushima au Japon a contaminé toute une région, mais ce n’était pas Hiroshima, ni la fin du monde.
 

Suite aux perquisitions réalisées après les attentats de Bruxelles, les enquêteurs ont découvert plusieurs vidéos filmant un haut-responsable de l'industrie nucléaire belge. Quel est le niveau de sécurité réel des centrales nucléaires pour éviter le vol de matériau fissile ?

Le niveau de sécurisation des centrales nucléaires est à un niveau très élevé, à tel point que même les mouvements anti-nucléaires n’ont pas vraiment pu rentrer dans le coeur des installations. Il est pratiquement impossible de voler et de sortir des matières radioactives d’une centrale nucléaire sans être immédiatement repéré et intercepté, avec en prime le risque de mourir très rapidement à cause des radiations. Le kidnapping d’un haut responsable ne facilitera pas la chose car lui aussi est soumis aux mêmes contrôles.
 

Qu'en est-il de l'idée de faire exploser une centrale nucléaire ?

Cela est encore plus difficile. Il faudrait avoir à disposition un très gros missile militaire et s’approcher de la centrale sans être repéré ce qui est utopique. L’utilisation d’un avion de ligne serait aussi aléatoire, sachant que les centrales sont protégées par des batteries de missiles anti-aérien. L’utilisation d’un drone ne fera au mieux que des dégâts superficiels car la charge explosive pouvant être emportée est bien trop faible, et la vitesse et le poids de l’engin aussi. Il en est de même si on rentre à pieds sur le site pour déposer des ceintures d’explosifs. Ce sera sans effet.

L'AIEA note que l'an passé, des matériaux fissiles ont été perdus en Irak. Comment les autorités européennes gèrent-elles le risque que ceux-ci soient importés ?

Il est très difficile d’intercepter des matériaux radioactifs importés qui sont difficiles à transporter sans fuites d'information. Il est beaucoup plus facile et moins coûteux de voler des déchets dans les hôpitaux pour en faire une bombe sale.  

 
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par kaprate - 27/03/2016 - 11:18 - Signaler un abus Centre de radiothérapie

    Travaillant comme professionnels de santé dans le 93, nous pouvons témoigner d'une réalité inquiétante : un centre de radiothérapie du département s'est islamisé d'année en année : physiciens musulmans pratiquants (ne serrant pas la main des femmes), manipulatrices radio voilées, bureau utilisé quotidiennement pour la prière... Et dans ces sous sols, de la matière radioactive accessibles à ces professionnels... Quand on sait aussi que des ambulanciers, fréquentant quotidiennement ce centre, ont été arrêtés dans le même département pour radicalisation et participation à une entreprise terroriste, on se dit que les réseaux de santé représentent une vraie menace, et que l'utilisation de matériaux médicaux et pharmaceutiques n'est pas si improbable.

  • Par winnie - 28/03/2016 - 07:49 - Signaler un abus le 93 ?

    Ah oui ,c'est dans le Frankistan !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Nesterenko

Directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

Spécialiste du cyberterrorisme et de la sécurité aérienne. Après une carrière passée dans plusieurs grandes entreprises du transport aérien, il devient consultant et expert dans le domaine des infrastructures et de la sécurité.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€