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Les méfaits du jeunisme en entreprise

En matière d'emploi des séniors, le France est le mauvais élève de la classe européenne. Rodolphe Delacroix montre comment d'autres pays ont sur devenir performants sur l'emploi des séniors. Extrait de "Si senior : Travailler plus longtemps en entreprise, c'est possible" (1/2).

Bonnes feuilles

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Le jeunisme est la grande affaire de la seconde moitie du xxe siècle. Sa montée en puissance correspond évidemment a la génération du baby boom. Arrivée massivement sur le devant de la scène dans les années 60 et 70, elle se sent port& par les figures nouvelles de la pop et du rock, les icônes hippies et les mouvements estudiantins de mai 68. Des Beatles a Steve Jobs, cette génération a bouscule le monde ancien et impose de nouveaux repères. Elle a ainsi renouvelé les codes d'un monde révolu : le primat de l'age et le respect des anciens, le culte de l’autorité, le rôle traditionnel et subordonne des femmes dans la société, l’obéissance attendue des jeunes a l’égard des alnes.

Elle est finalement parvenue a faire reculer la notoriété des anciens et a disqualifier tout ce qui se rattache, de pres ou de loin, au passé.

Cette révolution a bien évidemment atteint l'entreprise. Les secteurs de la mode et de la publicité ont véhicule une image associant le désir, la modernite, la beauté, le succès et la jeunesse. De fait, le jeunisme, c'est l'exaltation de la jeunesse. Il se traduit par l'engouement pour le sport, les techniques de chirurgie esthétique, de soins du corps et du culte de la jeunesse en général. Une des conséquences du jeunisme a été l’éviction des seniors du monde du travail, ce qu'on pourrait appeler un phénomène de ringardisation » d'autant plus pernicieux qu'il confond nouveaute et progrès. Les stéréotypes qui s'attachent au vieillissement : moindre enthousiasme, énergie declinante, résistance au changement, notamment technologique, conservatisme culturel, sont souvent présentés comme un alibi commode pour substituer une population de salaries moins chers et plus jeune a des salaries mieux payes et plus ages. Les seniors sont donc vulnérables et cette mise en cause a été longtemps dans l'air du temps, ce qui l'a rendu plus facilement acceptable. Les expériences de CV anonymes confirment que l'age est un obstacle pour retrouver un emploi : un candidat de 48-50 ans recevra trois fois moms de réponses positives a une offre d'emploi qu'un candidat age de 28- 30 ans.

Le paradoxe de cette situation est qu'il n'y a guere de points communs entre un quinqua de 2010 et un quinqua de 1950: le premier est ouvert sur le monde, auquel il est connecte via intemet, it pratique régulièrement une activité sportive et veille a son hygiène de vie, it n'est pas rare qu'il refonde une famille suite a un divorce, ait des enfants d'un second manage ; le quinqua d'aujourd'hui se construit de nouveaux projets de vie, tandis que celui de 1950 avait atteint a 50 ans un palier en terme de position sociale, de vie familiale et de reconnaissance sociale. L'horizon s'est élargi. Les vies professionnelles sont moms linéaires, moms déterminées par avance, elles connaissent aussi plus de hauts et de bas, de rebondissements et d'accidents. Pourquoi, dans ce contexte, les seniors qui ont largement profite du jeunisme ambiant restent a ce point vulnérables et &valorises ? Encore jeunes dans leur vie, ils sont déjà vieux dans l'entreprise.

 
Commentaires

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  • Par Lna - 26/05/2013 - 13:37 - Signaler un abus La France est une mauvaise élève mais pas seulement sur ce sujet

    Le problème de notre pays est qu'il est englué dans un conservatisme à tous points de vue. Je ne suis pas particulièrement fan des pays anglo-saxons mais reconnaissons que l'énergie qu'on peut rencontrer à New-York, Londres ou encore en Australie vient de l'ouverture d'esprit qui permet à n'importe quelle personne qui le souhaite d'arriver à prendre sa place dans la société. En France, dès le départ, si on n'est pas "calibré" dans les normes, on est déjà face à un gros problème. Trop gros, trop moche, trop ceci, pas assez cela, trop vieux, trop jeune, ce modèle sociétal ne laisse aucune place à toute personne ne rentrant pas dans les codes en vigueur. J'adore mon pays mais franchement à la première occasion, je le quitterais tant il n'est porteur de nouvelles perspectives et qu'il s'est englué dans un conservatisme d'un autre âge.

  • Par Quid Novi - 26/05/2013 - 13:55 - Signaler un abus L'âge,

    est trop souvent synonyme de dumping social, un jeune, et les entreprises en sont bien conscientes, est beaucoup moins expérimenté et performant, mais, coûte moins cher. La principale erreur, notamment celle des publicitaires, est de confondre beauté et jeunesse, qui n'ont rien à voir l'un et l'autre.

  • Par adsapientia - 26/05/2013 - 16:24 - Signaler un abus Ne plus se priver de l'expérience des Seniors ...

    Le jeunisme n'est pour rien dans l'exclusion du monde du trava Avec une motivation des seniors au plus bas, 1 sur 2 se déclare démotivé , avec un faible taux d’entreprise mettant en place si peu d’actions visant à valoriser le potentiel des seniors, seulement 22% , et ce, malgré des mesures prescrites et contraintes par l’Europe et l’Etat français, il apparait difficile effectivement d’envisager un retournement de situation rapide à l’heure actuelle. D'autres agents concourent à cet état de fait. Qu’ils s’agissent des facteurs de discrimination qu’ont à subir les seniors, les faibles possibilités d’accès au développement de leurs connaissances et de leurs compétences qui leur sont concédées, ainsi que de faibles possibilités d’évolution, autant que de leurs conditions de travail pas toujours adaptées, comme de leur retour à l'emploi.

  • Par adsapientia - 26/05/2013 - 16:32 - Signaler un abus Ne plus se priver de l'expérience des seniors

    bon suite du commentaire à cause d'une mauvais manip. Je disais entre autres que le jeunisme n'est pour rien dans l'exclusion des seniors du monde du travail. Les responsables en sont les politiques de départs anticipés qui ont été menées ces 30 dernières années et qui ont été arrêtées depuis 2009. Il ne faut pas tomber dans l'excès inverse à savoir de stigmatiser les jeunes qui prennent de plein fouet également les effets des préjugés et de la crise...même si c'est de moindre importance que les seniors (+17% de chomage en un an!). Il appartient aujourd'hui aux employeurs et à leurs recruteurs de changer leur regard sur cette population pour lui redonner la place qu'elle avait encore dans les années 70. Et je ne pense pas qu'un contrat dit de génération y changera quelque chose ... au contraire. Mais il peut avoir pour aspect positif de donner enfin une place aux jeunes dans une société qui les utilise de façon précaire sans leur donner de réelles perspectives d'avenir. blog : http://adsapientia44.blogspot.fr/ bonne journée

  • Par zorglubb - 26/05/2013 - 17:19 - Signaler un abus Sur qui compter ?

    Les quinquas en entreprise sont bien souvent les seuls sur qui on peut compter pour déjà, arriver à l'heure, gérer correctement les conflits entre jeunes coqs crétins, assurer la rigueur, tenir les cadres, réparer les âneries, bref, faire en sorte que la boutique continue à tourner à peu près rond. Mais quand ils seront partis à la retraite il n'est pas dit que les générations qui montent, tellement elles sont bâties différemment, auront gagné suffisamment en sérieux pour parvenir à les remplacer.

  • Par DEL - 26/05/2013 - 18:15 - Signaler un abus Pauvres jeunes...

    Mon pays n'a jamais aimé, n'aime pas et, je le crains, n'aimera ses jeunes: il suffit d'écouter les média, les gens dans l'entourage pour s'en rendre compte. Dès qu'une bétise est faite, on accuse "les jeunes", et un quinqua de mon entourage a eu cette réflexion: il faut mettre les jeunes en prison. De plus les media se précipite dès qu'un jeune dérape, ce qui arrive, mais ne se précipite surtout pas dès que des jeunes agissent bien, ce qui arrive aussi souvent. Je comprends le désir des jeunes de partir.

  • Par DEL - 26/05/2013 - 18:18 - Signaler un abus Pauvres vieux

    De plus, quand des vieux font les mêmes bétises que les jeunes, on passe l'éponge. C'est pourtant aux vieux que de donner l'exemple, mais ils se sont laissés avoir par l'individualisme ambiant: pauvres vieux....

  • Par DEL - 26/05/2013 - 18:34 - Signaler un abus Vive la collaboration

    Les jeunes peuvent dynamiser les vieux comme les vieux peuvent transmettre leurs connaissances de terrain ( puisqu'hélas l'expérience est intransmissible): mais qui les amènera à collaborer? On a le même problème dans l'éducation nationale: les jeunes nous méprisent, du haut de leurs diplômes, et se cassent la gueeule dans la travail quotidien; les vieux méprisent les jeunes, du haut de leur expérience, et sont sclérosés dans leur pratique, et il n'y a ni gens, ni temps pour les faire se concerter et s'entendre...

  • Par la saucisse intello - 26/05/2013 - 20:30 - Signaler un abus @ Zorglubb....

    mon père me disait la même chose "tant que nous avons encore quelques anciens pour faire tourner l'activité, ça ira. Quand nous ne les aurons plus, l'entreprise s'arrêtera". Précision : C'était dans les années 80, juste avant sa retraite. Aujourd'hui mon père....c'est moi ! Et je vous prédis que quand le pays sera au fin fond de la merde (et ça ne va pas tarder !), on "rappellera les réservistes" ! Anecdote : Je me rendais à Nîmes il y a quelques mois. Sur le chantier de la 2x2 voies à hauteur de la Calmette, une pelle mécanique SUR PNEUS en train de "peigner" un talus. J'ai dit à madame "ça va pas aller loin". Sur le retour une grue de levage relevait la pelle. J'ai su que le "pelleteur" s'en était tiré sans mal. Machine en location, pelleteur intérimaire, chef de chantier incapable : Voilà comment on gagne du fric en démolissant des bonshommes et en cassant du matériel ! Et on n'est pas au bout ! Vous comprenez pourquoi je suis content d'avoir fini !

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Rodolphe Delacroix

Rodolphe Delacroix est consultant spécialisé en ressources humaines et conduite du changement, au sein du cabinet Towers Watson, cabinet international de conseil en ressources humaines.

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