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Marine Le Pen devant François Fillon, Emmanuel Macron battu : le modèle économétrique qui fait mentir les sondages

Cette élection innove de plus en plus : l'entrée de la data dans la campagne en est le signe le plus fort. ElectionScope fait partie de ces nouveaux outils qui viennent contredire le règne des sondeurs.

Contradicteurs

Publié le - Mis à jour le 24 Avril 2017
Marine Le Pen devant François Fillon, Emmanuel Macron battu : le modèle économétrique qui fait mentir les sondages

Alors que les différents instituts de sondage fournissent actuellement des informations parfois contradictoires, vous avez pu développer un outil de mesure ElectionScope. Quelle méthode utillisez vous ?

Véronique et Bruno Jérôme : Plus qu’un outil de mesure, il s’agit d’un modèle économétrique développé et construit à l’aide de data objectives pour l’essentiel (par exemple : le vote aux élections passées plutôt que le subjectif des intentions de vote des sondages).

Polito-économistes, nous avons développé ces modèles depuis le début des années 90 dans une logique dite d’analyse économique de la politique.

Afin de reproduire de façon scientifique le comportement de l’électeur avant d’envisager la prévision du vote, nous posons pour hypothèses générales que l’électeur se comporte en moyenne comme il l’a fait par le passé. (pour plus de détail voir « La victoire électorale ne se décrète pas ! » Véronique et Bruno Jérôme – Economica janvier 2017).

On précise alors que le vote repose sur des éléments de nature tant économique que politique. Ainsi, la variation annuelle du taux de chômage (en général 3 à 6 mois avant l’élection) est un des indicateurs – un des fondamentaux- qui permet de motiver le comportement de l’électeur. Ce dernier, cherche à faire le bilan du sortant (hypothèse plus « riche » que celle de l’appréciation des promesses électorales des challengers). Il va ainsi s’appuyer sur l’évolution de cet indicateur qui résume à lui seul la situation économique du pays.  Si le chômage a baissé et si l’électeur ressent réellement cette baisse (dans son quotidien et pas seulement dans les statistiques) il en accordera le crédit au sortant et sera incité à le récompenser par un vote pour  (dans le cas contraire, il le punira via un vote pour l’opposition). 

Dans le cas présent la faible amélioration de la situation du chômage (-0,2 au niveau national) ne donne pas de prime électorale significative au sortant dans de nombreuses régions. De surcroît le véritable sortant, François Hollande ne se représentant pas, nous avons corrigé le modèle en proposant une hypothèse alternative à la responsabilité « pleine » du sortant, avec le concept de responsabilité « diluée » pour les candidats E. Macron et B. Hamon qui ont participé au gouvernement sortant. 

Le modèle économétrique permet de calculer des coefficients mesurant l’impact de chaque variable sur l’historique 1974-2012. Ces derniers seront alors affectés aux données « fraiches » préélectorales en vue de 2017.

Les prévisions des modèles reposent donc sur des déterminants essentiellement objectifs et rationnels (variation du chômage, élections passées, zones de force régionales des familles politiques) et quelques facteurs subjectifs (crédibilité de l’exécutif, popularité des leaders politiques). Ces prévisions ne peuvent d’ailleurs pas être interprétées en dehors des hypothèses qui les fondent. Elles reposent en outre sur une marge d’erreur. Il s’agit par conséquent d’une démarche probabiliste. Ainsi, si les électeurs votent en moyenne selon les mêmes critères que dans le passé, la prévision devrait approcher, en l’anticipant, le score réel. Ajoutons que les données utilisées peuvent bénéficier de différents degrés de précision selon qu’elles sont régionalisées ou départementalisées. Les modèles font aussi appel à un riche historique de données décentralisées qui remonte – pour le cas de la France - à 1974. 

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 22/04/2017 - 22:20 - Signaler un abus @bd

    Brigitte tu nous gaves!

  • Par JG - 22/04/2017 - 23:57 - Signaler un abus @bd

    Mais on n'en a rien à cirer du programme économique du minet rose bisexuel islamo-gauchiste gérontophile !!....c'est un peu concis comme portrait du Micon, mais il fallait que je fasse court, j'en ai marre de demander à bd de répondre à LA QUESTION : que veut faire votre minet islamo-compatible contre l'islamisme rampant dans notre société....Un peu de courage pour répondre ??

  • Par Anguerrand - 23/04/2017 - 07:50 - Signaler un abus MLP perd ses adhérents au profit de Mélenchon

    Entre grandes gueules il semble que Mélenchon soit le plus fort quitte à se renier pour être élu.

  • Par Piwai - 23/04/2017 - 20:39 - Signaler un abus ha ha ha

    Et re... vous pensiez vraiment vivre en democratie les malins? Le candidat de l'oligarchie avait deja gagné, bienvenu dans la post-vérité

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Bruno Jérôme

Bruno Jérôme est économiste, maître de conférences à Paris II Panthéon-Assas.

Il est le co-fondateur du site de prévisions et d'analyses politico-économiques Electionscope.

Son dernier ouvrage, La victoire électorale ne se décrète pas!, est paru en janvier 2017 chez Economica. 

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Véronique Jérôme

Véronique Jérôme est maître de conférences en sciences de gestion à l'Université de Paris-Sud Saclay, Docteur HDR en sciences économiques de l'Université Paris-I, lauréate de la Bourse Louis Forest de la chancellerie des Universités de Paris et chercheuse associée au Largepa de Paris II. 

Suivez Véronique Jérôme sur Twitter

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