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Manuel Valls a-t-il d'ores et déjà perdu ?

S'il fait actuellement la course en tête dans les sondages pour le premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, Manuel Valls pourrait néanmoins pâtir de sa personnalité et du bilan du quinquennat Hollande dans son objectif de rassembler la gauche.

Obstacles infranchissables

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Manuel Valls a-t-il d'ores et déjà perdu ?

Atlantico : Alors que Manuel Valls concoure aujourd'hui à la primaire de la gauche, peut-il selon vous remporter cette primaire malgré une personnalité clivante et une image écornée à gauche (en témoigne l'incident vécu ce jeudi à Strasbourg) ? A-t-il selon vous réussi à créer l'électrochoc qu'il espérait à l'annonce de sa candidature ?

Jean Petaux : Il ne faut pas trop exagérer à mon sens l’incident vécu jeudi après-midi par Manuel Valls à Strasbourg. Encore que l’on ne peut, encore une fois, qu’être étonné par la facilité avec laquelle quelqu’un peut agir à l’égard d’une personnalité, avec des intentions négatives. Il se trouve qu’en l’espèce il s’agissait de la projection d’une bien inoffensive farine (c’est arrivé à François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012 et cela ne l’a pas pénalisé…) mais cela aurait pu tout aussi bien être un produit dangereux voire un autre type d’acte…

Pour revenir à Manuel Valls et à sa candidature à la primaire de la BAP, il est manifeste que l’ancien Premier ministre, après avoir tactiquement très bien joué pour bloquer François Hollande en position de "PAT" sur l’échiquier politique, n’est pas du tout à son avantage dans cette nouvelle partie, celle qui consiste à emporter la bataille des primaires de la gauche gouvernementale.

Disons-le clairement : Manuel Valls est à la peine. Son entrée en campagne n’a absolument pas provoqué une adhésion massive. Il n’y a pas eu plus d’électrochoc que "d’effet de blast" (pour employer un vocabulaire à la Sarko auquel ne répugne pas le "communicant" Valls) qui aurait suivi l’annonce de sa candidature. Pire que cela, on voit que le "TSV" (Tout Sauf Valls) a plutôt le vent en poupe. Peut-être, compte tenu de la "jurisprudence Juppé" est-ce la meilleure chose qui peut s’offrir à Manuel Valls : surtout ne pas apparaître comme le favori, être donné battu, etc. Certes le "modèle Fillon" crée des désirs de couleurs camouflées, d’imperméable passe-murailles et de veste matelassée bleu-nuit pour éviter d’être repéré par la patrouille des sondages… Mais quand même : Nicolas Sarkozy ne faisait pas la course en tête dans la primaire de la droite, il a quand même bien été victime d’un TSS (Tout Sauf Sarkozy) aussi scandaleux au niveau de la règle du jeu politique que redoutablement efficace pour l’éjecter sans hésitations ni murmures du second tour de la primaire. Donc Manuel Valls peut se "gauchir" (lamentable épisode que celui sur le 49.3 jusqu’à aller dire que cet article de la Constitution n’est pas démocratique… pour complaire aux démagogues et aux gauchistes incultes…) tout ce qu’il peut, il aura bien du mal à résister aux tirs en rafales du TSV. Seule une faible participation peut vraiment jouer en sa faveur. Autrement dit, un corps électoral se déplaçant à la primaire de fin janvier plutôt en phase avec les 50 000 adhérents à jour de leur cotisation (voilà où en est le PS aujourd’hui en nombre de militants), quantitativement limité et circonscrit au périmètre adhérent serait la meilleure chose pour lui. Si la gauche de la gauche se mobilise pour intervenir dans la primaire de la Belle Alliance Populaire, Manuel Valls sera irrémédiablement condamné, peut-être même, tout comme Sarkozy l’a été, dès le premier tour.

Même dans le cas où Manuel Valls venait à remporter cette primaire, pourrait-il vraiment rassembler la gauche en vue de la présidentielle ? En plus de sa personnalité, ne souffrira-t-il pas dans cet objectif du bilan du dernier quinquennat, qu'il est désormais seul à assumer suite au renoncement de François Hollande ?

Ce qui vaut pour Manuel Valls vaut pour tous les six autres candidats à la primaire. En tous les cas pour les trois autres candidats socialistes dont on peut au moins postuler qu’ils vont arriver en tête au soir du premier tour. En réalité, pas plus Montebourg, qu’Hamon, Peillon ou Valls évidemment, ne sont en mesure de rassembler qui que ce soit, à supposer que l’un d’eux emporte la primaire. La primaire génère une dynamique quand il existe une potentialité de victoire. En 2006-2007, la "fausse" primaire du PS (semi-ouverte) a permis quand même à Ségolène Royal de s’affirmer dans la compétition présidentielle. Si elle n’est pas parvenue à rallier le PS à sa cause, elle a au moins fait taire, publiquement, les deux rivaux qu’elle avait battus : Fabius et Strauss-Kahn. Mais cela n’a été rendu possible que parce que, même ténu, existait un espoir de victoire en mai 2007. Aujourd’hui, qui peut imaginer une seconde que sorte du "quarteron d’éléphanteaux socialistes" un possible président de la République ? Leur capacité de nuisance personnelle et leur aptitude à se neutraliser réciproquement sont telles qu’ils n’ont qu’une seule faculté encore intacte : celle de cultiver jusqu’à la lie le fameux axiome cher à Bon et Burnier : "Que le meilleur perde".

 
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  • Par Citoyen Ordinaire - 23/12/2016 - 11:27 - Signaler un abus A voir

    Ce ne sera pas facile pour lui... D'abord pourquoi la gauche aurait été voté au primaire pour Sarkozy pour mettre Valls en tête...son clone ? Entre ses coups de mentons et ses discours surjoués dont on se lasse et l'inaction dont il a fait preuve au gouvernement en tombant dans la mollesse Hollandaise, à part promouvoir la loi Macron El Komri dont personne ne voulait... Ce n'est pas avec du blabla et encore du babla qu'il va remonter la pente... Et pourtant je l'aimais bien ce type, j'avais voté pour lui en 2012 aux primaires... Qu'est-il venu faire dans cette galère Hollandaise ?

  • Par ikaris - 23/12/2016 - 14:42 - Signaler un abus Bonus pour Manolo : le vote utltra-gaucho

    le front de Gauche aurait tout intérêt que ce soit Valls candidat et aucun que ce soit Hamon afin d'avoir les coudées plus franches. Ca jouera peut être pour Valls à la primaire car on a vu à la primaire de droite que les non sympathisants ne se privent pas pour voter aux élection partisannes (vote Ali Jupé dans le 9-3).

  • Par Beredan - 23/12/2016 - 19:45 - Signaler un abus Persévérare Manolum est...

    Mais oui ! Il est sur la bonne voie...Peillon et Le Bouffi l'y poussent !

  • Par Flamel - 23/12/2016 - 23:31 - Signaler un abus Valls vainqueur par défaut

    Il me semble fort probable que la participation sera très faible (moins d'un million), car les électeurs de gauche socialiste sont désabusés et savent déjà que leur candidat n'atteindra pas le second tour de la présidentielle. Dès lors, seuls certains militants se soucient de savoir qui gagnera la primaire. Valls aurait pu compter sur le vote d'une partie de la droite, s'il n'avait pas renié son utilisation du 49.3 et fait une très mauvaise campagne à coups de slogans "sur les fondamentaux de gauche" qui brouillent maintenant son image. Il devrait malgré tout l'emporter (mais avec un nombre de voix très faible),car il est le seul à avoir la carrure présidentielle.

  • Par Septentrionale - 24/12/2016 - 11:57 - Signaler un abus Un pignouf coincé

    Né en Espagne dans une riche famille franquiste. Sans mérite, il est arrivé au sommet de l'Etat grâce à un Merlinpinpin incompétent. Un affabulateur au comportement trouble. Un inconstant qui a été pro-palestinien. Un regard d'égaré qui se croise avec les oreilles. Soutenu par le pouvoir d'une gauche en désintégration. A tout perdu à être connu pour une France qui a été détériorée, abîmée, méprisée, maltraitée. Ouste.

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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