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Manifestations en Iran : pourquoi la République islamique est loin d’être à la veille d’une nouvelle révolution

Après cinq jours de violences et une douzaine de morts en Iran, le président Rohani a assuré que "le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles". Malgré la colère, peu de chance d'être à l'aune d'une nouvelle révolution iranienne.

Vrai espoir ?

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Manifestations en Iran : pourquoi la République islamique est loin d’être à la veille d’une nouvelle révolution

Atlantico : Des manifestations contre la vie chère et la corruption à répétition ont commencé à dégénérer en Iran, entrainant la mort d'au moins une douzaine de personnes. C'est la quatrième nuit de manifestation de suite, signe d'un degré d'exaspération important au sein de la population. Faut-il y voir le signe précurseur d'un grand bouleversement ou s'agit-il d'une secousse sans conséquence pour la République islamique ?

Thierry Coville : C'est une secousse qui peut se révéler potentiellement dangereuse, notamment pour les forces modérées. Les personnes qui manifestent dans de nombreuses villes proviennent à priori de deux groupes. On trouve d'abord les plus pauvres qui pour la plupart d'entre eux ne participent jamais aux élections (taux de participation de 70 % lors des dernières élections présidentielles). Ce groupe proteste à cause d'un quotidien économique difficile marqué par un chômage élevé (au moins 18 % en réalité, taux qui est encore plus élevé pour les jeunes diplômés, ce qui touche énormément de jeunes avec près de 700 000 nouveaux diplômés de Masters chaque année).

Les protestations portent également sur la corruption, le sentiment étant très fort en Iran que les institutions publiques ne travaillent que pour les initiés proches du pouvoir Il est possible qu'il y est également une partie de la classe moyenne qui est déçue par les premiers mois du nouveau mandat de Rohani et qui considèrent qu'il a oublié toutes ses promesses de campagne (où il promettait de lutter pour l'ouverture politique et la défense des droits individuels entre autres). 

 
On ne sait pas encore si c'est un signe avant-coureur d'un grand bouleversement. Pour l'instant, les millions d'habitants de la classe moyenne et aisées qui travaillent et vivent en ville ne sont pas dans la rue. Un certain nombre d'entre eux pourraient commencer à protester si le cycle manifestations-répression s'amplifie et franchit un cap. Par contre, cette crise est potentiellement dangereuse pour les modérés et Rohani. Ils réalisent qu'ils doivent répondre à ces préoccupations sociales et économiques en ne basant pas leurs programmes uniquement sur des politiques d'austérité. L'autre risque est qu'une trop forte répression conduise à un lâchage de Rohani par une partie de ses anciens électeurs. Ceci pourrait annoncer un retour en force des radicaux sur la scène politique. Rohani doit absolument montrer par ses actes qu'il n'a pas oublié ses promesses de campagne. Il doit également engager les réformes structurelles qui permettront d'accroître le poids du secteur privé et d'attirer des investissements étrangers. Tout cela devra être fait dans un environnement interne et externe (avec le maintien des sanctions américaines qui a pour l'instant empêché le retour des grandes banques européennes en Iran) compliqué. 
 

Le poids des sanctions internationales se fait violemment ressentir, ce genre de manifestations ne risquent-elles pas paradoxallement de renforcer la ligne dure et d'affaiblir encore plus Rohani ?

Tout à fait. Ces adversaires radicaux ont déjà commencé à dire que ces protestations étaient le résultat de l'échec de sa politique économique et étrangère (avec un accord sur le nucléaire qui n'a pas donné tous les résultats attendus). En outre, les adversaires de Rohani contrôlant le judiciaire et les forces de sécurité peuvent durcir la répression et cela peut conduire à une chute de la popularité de Rohani auprès de sa base électorale.

 
Commentaires

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  • Par Marie-E - 02/01/2018 - 11:21 - Signaler un abus Mais Rohani

    N'est pas un président modéré. C'est Khamenei qui a toujours le pouvoir et les ayatollahs avec lui. Rohani c'est pour amuser la galerie... Et ça marche chez les Occidentaux toujours aussi naïfs

  • Par vangog - 02/01/2018 - 13:38 - Signaler un abus La propagande de l’iRIS...même pas lu!

    Le thème du « Président modéré iranien » était véhiculé par les Obamistes et autres bisounours occidentaux, qui ont favorisé (et financé) le pourrissement des situations en Corée du Nord et en Iran. Avec Donald et l’arrêt des financements internationaux à ces états-terroristes, la démocratie semble menacer ces dictatures socialistes et islamistes...

  • Par ISABLEUE - 02/01/2018 - 14:54 - Signaler un abus on a déjà vu le résultat de la révolution verte..

    On est assez loin des perses et de leur civilisation... Pauvre jeunesse.

  • Par Doulou - 03/01/2018 - 08:41 - Signaler un abus Rohani

    Ouf, je commencais à bouillonner en lisant cet article, Rohani ceci rohani cela! Primo, rohani modéré.... mon c.... comme dirait Zazie. Ses déclarations de politique étrangère et de politique intérieure face aux manifestations n'ont rien de modéré! Deuzio le vrai pouvoir appartient à Khamenei et aux gardiens de la révolution qui tiennent le pays en coupe réglée. Comme si rohani aurait pu se présenter aux élections sans que le système théocratico-militaire ne s'assure qu'il ne toucherait pas à ses intérêts et ambitions. Rohani paraissait juste un peu plus présentable que l'ahmadinedjad,le crétin nazophile au point qu'on en oubliait son accoutrement de bigot barbu.

  • Par Ganesha - 03/01/2018 - 10:33 - Signaler un abus Titre

    Choisir des titres grotesques, c'est une habitude sur Atlantico. Mais celui-ci est vraiment contre-productif ! Ayant lu l'article, je le trouve moins stupide que prévu ! Il manque probablement à l'Iran un chef réformateur, tel qu'il semble en être apparu récemment en Arabie Saoudite.

  • Par philippe de commynes - 03/01/2018 - 10:34 - Signaler un abus @vangog

    Vous auriez dut le lire, I par principe,lire ce que l'on commente diminue quand même fortement la probablité de dire n'importe quoi. II parce qu'en l'occasion vous auriez pu vous rendre compte que ce n'est pas parce qu'entre autre chose il est à l'IRIS que coville n'est pas beaucoup plus intéressant que le tout venant de boniface. Quand aux bisournours occidentaux qui fantasment sur de prétendus modérés vous auriez presque raison, si vous n'étiez pas à côté de la plaque ...Parceque les prétendus mdérés qui nous posent problèmes sont du genre les rebelles modérés en syrie, ceux que bhl, fabius, netanyahu nous disaient de soutenir contre assad, et qui sont venu nous faire sentir jusqu'ici, au bataclan, toute la modération dont ils étaient capables.

  • Par Marie-E - 03/01/2018 - 13:05 - Signaler un abus Philippe de Commynes

    Je me posais une question : vous ne faites pas partie du Quai d'Orsay par hasard.... Parce que pour ce qui est d'être à côté de la plaque...... Quant à M. Coville bien que de l'iris qui est une vaste fumisterie, je lis toujours ses articles et je regarde ses interventions à la TV (I24 : une des chaines de Drahi malheureusement mais en français) et je suis en total accord avec Vangog surtout en ce qui concerne le canular du président modéré.

  • Par vangog - 03/01/2018 - 18:59 - Signaler un abus @philippe de commynes Pour se faire une opinion sur un évenement

    international, ou sur un pays qui a, de longue date, financé et encouragé tous les terrorismes, ne nécessite pas nécessairement de lire les articles orientés de certains auteurs. Tout ce que j'ai lu émanant de l'IRIS était orienté "bisounours mondialiste". Et, même si je ne suis pas aussi manipulable que vous l'êtes, je n'ai pas de temps à perdre! à l'inverse, je m'instruis beaucoup à lire Marie-E qui en connait un bout sur le moyen-orient...

  • Par philippe de commynes - 03/01/2018 - 23:44 - Signaler un abus @vangog

    C'est l'arabie séoudite qui finance , encourage le terrorisme, vous ne savez pas la différence entre sunnite et chiite ? sans l'iran daesh aurait gagné, vous croyez que cela aurait été préférable?

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Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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