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Maladie de Lyme : et si la première plainte déposée par une victime était sur le point de mettre à jour un scandale sanitaire de grande ampleur ?

Le test ELISA, utilisé dans le diagnostic de la maladie de Lyme, est notoirement insuffisant en raison de sa faible sensibilité. Malgré cela, les autorités françaises continuent d'y avoir recours, par crainte que l’autorisation d’un test plus sensible n’entraîne un important flux de diagnostics positifs de la maladie.

La face cachée de l'iceberg

Publié le - Mis à jour le 10 Février 2017
Maladie de Lyme : et si la première plainte déposée par une victime était sur le point de mettre à jour un scandale sanitaire de grande ampleur ?

Atlantico : Ce mercredi, une personne atteinte de la maladie de Lyme a porté plainte contre X pour tromperie aggravée. Comment se déroule actuellement en France le dépistage de cette maladie ? Quel est le niveau d'efficacité réelle du test ELISA utilisé pour le diagnostic de cette maladie ?

Stéphane Gayet : Le diagnostic de maladie de Lyme est évoqué devant des signes généraux, tels qu’une fièvre modérée, une fatigue (asthénie), des douleurs articulaires (arthralgies) et musculaires (myalgies). L’interrogatoire recherche alors un passé récent (3 à 30 jours plus tôt) de morsure de tique, elle-même suivie d’une atteinte cutanée bien particulière, centrée sur la zone de morsure : il s’agit d’un cercle rose ou rouge pâle en léger relief, ne démangeant pas, et s’élargissant progressivement en quelques jours.

Le cercle rose ou rouge-pâle, la surface cutanée pâle à l’intérieur du cercle et la petite zone centrale rouge au milieu du cercle correspondant à la morsure de tique, réalisent typiquement un aspect en œil de bœuf. Cette atteinte cutanée particulière appelée "érythème migrans" (EM) peut souvent passer inaperçue.

En réalité, la maladie de Lyme évolue en trois phases : la phase primaire est constituée de l’EM et ne comporte pas de fièvre ; la phase secondaire peut comporter des rougeurs sur différentes parties du corps, des nodules cutanés (indurations) en particulier sur le lobe de l’oreille, des arthralgies, myalgies et divers troubles neurologiques, avec de la fièvre et une asthénie ; la phase tertiaire comporte surtout des manifestations neurologiques : fourmillements (paresthésies), troubles de la sensibilité, décharges électriques et douleurs dans les muscles, tremblements, paralysies, maux de tête (céphalées), troubles de la mémoire et de l’attention, ainsi qu’une asthénie marquée. Le cœur peut également être atteint.

Les personnes souffrant de la maladie de Lyme (cette maladie infectieuse est due à une bactérie appelée scientifiquement Borrelia burgdorferi, bactérie pas très éloignée du tréponème de la syphilis, donnant également une maladie en trois phases) vont consulter un médecin à différentes phases de la maladie.

En France, on doit commencer par le test sanguin ELISA. S’il est négatif, la maladie est écartée. Mais s’il est positif, on fait le test Western Blot, plus précis, mais aussi plus sensible. Le problème est qu’en France beaucoup de malades ont un test ELISA négatif. C’est déjà parce que les tests français n’utilisent qu’une seule souche de Borrelia burgdorferi, une souche américaine. C’est lié au fait que ces tests sont d’origine américaine. Or, cette souche américaine diffère des souches les plus fréquentes en France. En Europe d’une façon plus générale, il y a plusieurs souches de Borrelia burgdorferi qui circulent (quatre ou cinq), et, en ne recherchant que la souche officielle, il n’y a que 20 % des malades qui sont diagnostiqués. C’est dire que le test officiel français est faussement négatif pour 80 % des personnes souffrant de maladie de Lyme. De plus, beaucoup de tests ELISA sont de mauvaise qualité et manquent de fiabilité. De nombreuses études scientifiques l’ont bien montré. C’est vraiment plus que révoltant.

Face à l'inefficacité de ce test dans le diagnostic de la maladie de Lyme, pour quelles raisons les autorités sanitaires françaises continuent-elles d'y avoir recours ? Quelles sont les autres alternatives existantes ? 

Le test officiel de première intention est le test ELISA. Une personne ne peut pas obtenir un test Western Blot en France si son test ELISA est négatif. Il y a certainement plusieurs raisons à cela. Il est difficile de savoir quelle est exactement l’influence des laboratoires fabriquant et commercialisant les tests diagnostiques ELISA sur les autorités sanitaires, dont l’Assurance maladie. Mais il est très probable qu’elle existe. La deuxième raison est essentielle. Officiellement, avec comme référence le test ELISA, il y aurait entre 25 000 et 30 000 nouveaux cas de maladie de Lyme chaque année en France. Si la France adoptait officiellement un test beaucoup plus performant, on diagnostiquerait au moins cinq fois plus de malades et peut-être même dix fois plus. Les conséquences en seraient importantes.

À la phase primaire de la maladie, il faut de l’ordre de deux semaines d’antibiotiques. À la phase secondaire, il en faut trois semaines. Mais à la phase tertiaire, il en faudrait plusieurs mois et le recours à des antibiotiques par voie injectable. Or, il y a un bon nombre de malades qui ne sont diagnostiqués qu’en phase tertiaire.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 06/02/2017 - 09:31 - Signaler un abus Programme social et libéral de Marine Le Pen!

    Baisse de 33% à 24% de l'impôt sur les sociétés (neo-marxiste?????), baisse de 10% des impôts sur le revenus des trois premières tranches), baisse des taxes d'habitation et foncière (neo-marxiste????), grâce à la suppression de trois étages (en comptant l'UE) du mille-feuille territorial, augmentations des allocations pour personnes âgées, pour adultes handicapés, grâce à une taxe de 3% sur les importations étrangères, quarante annuités pour bénéficier de la retraite avec possibilité pour ceux qui ont travaillé plus tôt de partir à 60 ans, fin de la précarité énergétique par relance de la recherche et financements des infrastructures, choix de la modernité par le suffrage proportionnel et les référendums populaires, comme celui pour s'extirper de la dictature de l'Euromark, fin de l'islamisation galopante...trois mois de service militaire pour tous, quel neo-marxisme?...projet "Social et libéral"...ça ne vous dit rien? https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/texte-chiffrage-version-finale-.pdf

  • Par ikaris - 06/02/2017 - 11:12 - Signaler un abus La maladie de Lyme et le SIDA

    Le parallèle entre l'attention portée par les autorités à ces deux maladies est saisissant. D'un côté une maladie avec des traitement hyper chers et qui touche finalement peu de monde en France mais emblématique des minorités sexuelles et ethnique qu'affectionne tant le gouvernement. De l'autre une maladie en pleine explosion touchant les habitants de la France rurale qui mériterait un tout petit effort à l'échelle du pays pour être prise en charge correctement. Je connais 3 personnes qui l'ont contracté et pour l'une sa vie est devenue un enfer.

  • Par Stéphane Gayet - 06/02/2017 - 11:25 - Signaler un abus Lyme et SIDA : une inégalité de traitements

    Je trouve votre rapprochement pertinent. Merci de votre commentaire.

  • Par Anouman - 06/02/2017 - 11:37 - Signaler un abus Lyme

    Si on maintient des tests inefficaces c'est non seulement scandaleux vis à vis des malades (car être malade c'est déjà pénible mais traîner de médecin en médecin sans avoir de diagnostic, et donc sans traitement efficace, c'est bien pire) mais aussi c'est probablement plus coûteux que de faire le bon diagnostic et le bon traitement tout de suite. Il est difficile de croire que les autorités sanitaires puissent être aussi incompétentes mais tout est possible.

  • Par Stéphane Gayet - 06/02/2017 - 11:51 - Signaler un abus Politique sanitaire et compétence

    Il y a certains aspects de la politique sanitaire qui nous paraissent peu compréhensibles. Sans doute nous manque-t-il des clés de lecture. Ce n’est en général pas une question de compétence, mais d’options dont les déterminants nous échappent ; jusqu’à ce qu’un scandale révèle au grand jour le pourquoi du comment.

  • Par horus35 - 06/02/2017 - 11:53 - Signaler un abus Leçon du passé !

    En France tout passe et rien ne change ! Scandale sanitaire dites vous ? Ou plutôt scandale politique ? Rappelez vous la gestion du SIDA avec l'histoire du sang contaminé ! La pour la maladie de Lyme les autorités (?) sanitaires de notre pays connaissent l'inefficacité des tests mais ne bougent pas !Et encore une fois entendrons nous une ministre nous insulter en déclarant" responsables mais pas coupables " ? Malheureusement oui !

  • Par adroitetoutemaintenant - 06/02/2017 - 15:01 - Signaler un abus A qui profite le crime ?

    Les 10 labos pharmaceutiques les plus riches au monde ont un chiffre d’affaires cumulé égal aux 490 autres sociétés les plus riches au monde. Ils dépensent 70% de leur Recherche et Développent à payer des journalistes, des politiciens et des médecins professeurs véreux. Cherchez les trusts dans lesquels ils versent l’argent de ces vendus. Il en coute 3000 euros pour ouvrir un trust dans un paradis fiscal ni vu ni connu. Un exemple : Aruba, une ile hollandaise des caraïbes. Il y est criminel de chercher à savoir à qui appartient un trust ! Et pas de taxes !! Et la Hollande n’est pas considérée comme paradis fiscal donc la banque ABN-AMRO est sure et en plus c’est en Euros! Cherchez les vols d’avion de la ministre et de sa famille et vous en verrez un atterrir dans un de ces aéroports sous couvert de tourisme ! Bien situés entre la Guyane et la métropole ! S’ils veulent se payer une villa ou un yacht il leur en coute 1000 euros par an pour que ce soit sous le nom d’emprunt fourni par l’avocat du coin (bien souvent la secrétaire d’un collègue comme cela se fait au Wyoming).

  • Par phillis - 07/02/2017 - 20:13 - Signaler un abus Mortelle maladie

    Il y a 3 ans M. 21 ans est morte à l'hôpital de Reims. Depuis une semaine elle se plaignait de douleurs de la cage thoracique et par 3 fois se rendit aux urgences. Le vendredi soir une de ses amies la récupéra à l'hôpital et nous la vîmes pour la dernière fois. Dimanche son état se détériore et elle est de nouveau conduite aux urgences. où l'on constate que les analyses "ont changé" et une coronarographie est décidée. Dès l'injection de l'iode l'aorte lâche et malgré tous les efforts impossible de la ranimer et elle décède Une autopsie est demandée par médecin très secoué car ayant constaté un coeur de "vieille" pour reprendre l'expression. Maladie de Lyme est le diagnostic. Cette affaire a secoué milieu médical Rémois.Les parents très croyants non pas voulu porter plainte afin d'aller de l'avant pour leurs deux autres enfants d'où ma discrétion mais je me tiens à disposition pour donner en privé autres précisions.

  • Par Stéphane Gayet - 10/02/2017 - 16:26 - Signaler un abus Un cas dramatique, heureusement très rare

    Sans aller jusqu'à porter plainte, il eût été bon de faire connaître cette histoire dramatique. Plus on parlera de la maladie de Lyme et plus les autorités de santé seront incitées à revoir complètement sa prise en charge diagnostique et thérapeutique. Merci pour votre témoignage. Voici mon courriel : gayet.stephane[arobase]chru-strasbourg.fr

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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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