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Mais pourquoi est-il si difficile de faire admettre l’idée d’un audiovisuel public centré sur ses VRAIES missions d’intérêt général ?

Emmanuel Macron a qualifié l'audiovisuel public comme "la honte de la République" mettant ainsi un sacré coup de pied dans une fourmilière longtemps épargnée. Mauvaise gestion, salaires astronomiques, gaspillage... Le chantier pour réformer va être d'une certaine ampleur.

Mauvaise gestion

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Mais pourquoi est-il si difficile de faire admettre l’idée d’un audiovisuel public centré sur ses VRAIES missions d’intérêt général ?

Atlantico : ​Selon "L'Express", ​Emmanuel Macron ​aurait ​déclaré que l'audiovisuel public est "la honte de la République", devant les députés de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale. Au delà de la polémique suscitée ici, comment percevoir les attaques régulières à l'égard du gouvernement concernant une volonté de "démanteler l'audiovisuel public" ?

Olivier Babeau : Les paroles du président Macron sont fortes et tranchent avec la grande pusillanimité avec laquelle cette question avait été jusque-là traitée. Il faut dire que les responsables politiques ont traditionnellement peur des médias en général et des médias publics en particulier, c’est pourquoi une sorte de pacte de non-agression prévalait. Apparemment, la hache de guerre est déterrée, et il n’est pas concevable qu’une déclaration telle que celle d’Emmanuel Macron ne soit pas suivi rapidement d’un plan de réforme approfondie.

Il n’y a pas à vrai dire que le gouvernement à formuler de lourdes critiques à l’encontre de l’audiovisuel public. De nombreux études et rapports ainsi que de nombreux commentaires de spécialistes et acteurs de l’audiovisuel s’accordent depuis longtemps pour en stigmatiser les insuffisances et les dérives. L’organisation fait apparaître les défauts typiques des administrations publiques trop peu soumises à des contraintes d’optimisation : personnel pléthorique (par comparaison avec les médias privés), nombreux doublons, relations parfois troubles avec les fournisseurs et gaspillages de ressource en tous genres. Mais ce qui est à mon sens plus ennuyeux encore : une certaine absence de vision cohérente de ce que doit être l’audiovisuel public.

Comment définir ce qui doit et ce qui ne doit pas relever de l'audiovisuel public ? 

Le contexte des médias et de la consommation d’images n’est évidemment plus le même qu’il y a vingt ou même dix ans. Les médias autrefois en nombre limité sont en train de se fondre dans internet, ce qui lève le vieux malthusianisme des fréquences pour multiplier potentiellement à l’infini les éditeurs de contenus. Les images se regardent à présent sur smartphone ou tablette autant que sur téléviseur, et la consommation à la demande gagne sur celle, traditionnelle, « en linéaire ». Dans ce contexte, plus que jamais, l’audiovisuel public doit être une offre fortement différenciée qui vient apporter ce qui manque dans l’offre privée. Le mécontentement grandissant de nombreux Français face à la redevance audiovisuelle s’explique sans doute par le manque de plus en plus criant de spécificité de l’offre publique, réduite trop souvent, malgré des exceptions notables, à n’être qu’une copie de l’offre privée.

Deux missions me paraissent essentielles : l’information, d’abord, qui permet de faire entendre une voix entièrement indépendante des intérêts privés. Ensuite la culture, qui ne trouve pas facilement d’équilibre économique. Pour le dire concrètement, c’est une offre du type de celle de France 5, d’Arte ou de France Culture qui doit devenir l’axe privilégié de l’audiovisuel public. Ce qui implique, cela est utile de le préciser, que l’audience ne peut pas rester un critère central d’évaluation du succès de l’offre publique… Cette nouvelle façon de penser la mission de l’audiovisuel public, il faut aussi le noter, ne ferme pas la porte à l’idée que ce sont avant tout les programmes et non pas nécessairement les chaînes elles-mêmes qui peuvent être subventionnées pour leur qualité. C’est le cas au Québec par exemple. On peut parfaitement avoir des programmes produits par des aides et diffusés sur des chaînes privées.

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 06/12/2017 - 12:15 - Signaler un abus Question inutile,

    car, pour notre malheur, nos hommes politiques sont globalement incapables et incompétents, sans aucune grandeur d'esprit, et assument (si on peut dire) leurs fonctions à travers leurs idéologies, et non dans l'intérêt général de la population. Quand l'esprit partisan du Parti l'emporte sur l'intérêt général, il n'y a plus d'espoir possible. C'est une des raisons qui font que je hais les listes électorales bloquées.

  • Par vangog - 06/12/2017 - 13:49 - Signaler un abus Quelles vraies missions d’interet Général????

    Ni la culture, ni l’information ne doivent être l’apanage d’un organisme d’état, sauf à vouloir faire du socialisme pur et dur! Actuellement, les journaleux et analystes biberonnés à la pensée unique, font croire aux benêts: « le gauchisme (sens large) a raté, alors, remettons-en une couche! » très absurde méthode qui conduira les moutons de Panurge-Macron vers le gouffre!...

  • Par Anguerrand - 06/12/2017 - 14:32 - Signaler un abus Les journalistes du " service publique " sont la non pas ...

    pour nous " informer " grâce à la redevance, mais pour distiller le marxisme rampant et déjà présent inconsciemment dans nos esprits depuis le temps que nous sommes trompés, jusqu'au FN. L'info réelle n'est jamais donnée ou partiellement, tout ce qui les gênent dans leurs idéologies sont soit " oubliées " ( on peut s'en rendre compte sur des reportages privés avec photos), soit modifiées a l'avantage de la gauche . Les chiffres sont truandés sur l'immigration ou l'islam ne représente pas 5 à 6 millions mais 20% de la population ( sources vérifiées) soit 13, 5 millions de musulmans soit le double de ce qu'annonce le gouvernement ( sources CNN, fuite INSEE, et sources Kanner Ex ministre des sports et ami de Hollande chez Bourdin) . On nous ment sur la délinquance qui explose, la aussi les chiffres sont largement faux voir l'article d'hier sur ce sujet. On nous ment sur l'origine de la délinquance en France et la proportion de prisonniers dont on se garde de dire qu'ils a 80% issus de l'immigration et font la loi dans ces prisons. A qui faire confiance si ce n'est qq medias comme Causeur, Atlantico, ou Valeurs actuelles, le mensuel type " le Point".

  • Par La Clée74 - 06/12/2017 - 15:05 - Signaler un abus Quelle entreprise ?

    On met le contenant en place, pour y placer les amis, et ensuite on leur demande de préparer un projet qui se transforme en programme. Dans une entreprise c'est l'inverse on prépare un projet avec une stratégie, on établit un business plan et en dernier on place les hommes et femmes qui correspondent au projet. Alors qu'attend on pour transformer tout le service public en entreprise. La TRANSFORMATION doit être profonde.

  • Par morsang - 06/12/2017 - 15:20 - Signaler un abus 'Pour accompagner l"ORTF"au cimetiérre des mammouth

    Enfin de la part d'un haut responsable une affirmation sans ambages "l'audio visuel public honte de la République"Le "mammouth" n'aurait même pas besoin d'être réformé mais plutôt reconstruit de fond en comble.Parmi les tares multiples qu'il véhicule citons en une ou deux d'abord sur le plan politique un asservissement à la gauche qui se laisse voir sans mesure alors qu'il devrait être strictement apolitique ensuite à l'époque de Netflix,D'Amazon de Canal plus et d'autres diffuseurs qui arrivent nos marchands d'histoires de FR3 et compagnie en sont encore au temps de L'ORTF et de Stellio Laurenzi (qui s'il était toujours là ferait lui du nouveau)

  • Par kelenborn - 06/12/2017 - 19:41 - Signaler un abus ouais

    Quand Arte est cité comme référence alors que c'est une grotesque copie de ce qu'était la télévision soviétique ( disons à la sauce bobo-bio) on reste perplexe! Et, je vois mal Macroléon s'attaquer à cette question de la neutralité par la pluralité!!! Il est le principal bénéficiaire du politiquement correct régnant à Merdialand!

  • Par alam - 06/12/2017 - 21:51 - Signaler un abus Il était temps!

    Le service public ? Non. Actuellement c ' est plutôt le sévice public tellement inféodé à l ' idéologie de gauche. Un exemple récent: la suppression de l ' excellente émission " l ' esprit public " de Philippe Meyer sur France Culture ( qui continue heureusement sur internet " le nouvel esprit public "). Les intervenants de la nouvelle mouture sur France Culture sont clairement tous de gauche !

  • Par AUSTRAL98 - 07/12/2017 - 01:06 - Signaler un abus Une chaîne d'état

    Une seule chaîne devrait perdurer et être officiellement la voie de communication de l'état, il n'y aurait pas d'ambiguïté. Cela dit il n'y en a pas non plus aujourd'hui car toutes les chaînes et stations du service public sont des organes de propagande gauchistes. La liberté d'expression y est absente.

  • Par Djib - 07/12/2017 - 08:26 - Signaler un abus 11 chaines publiques!

    France 2 France 3 France 4 France 5 Arte France info TV5 monde France 24 France 0 LCP Public sénat Dans quel autre pays on voit ça?

  • Par Djib - 07/12/2017 - 16:47 - Signaler un abus @Austral

    En fait on devrait avoir pas plus de quatre chaines publiques: une généraliste, Arte (pour ne pas casser ce qui a été fait avec les Allemands), une chaine régionale et une chaine internationale.

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