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Mais pourquoi avons-nous peur des araignées ? La réponse par une étude scientifique anglo-saxonne

L'explication de cette peur est avant tout biologique, car l'araignée ne correspond pas du tout à nos critères de beauté.

Arachnophobie

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Mais pourquoi avons-nous peur des araignées ? La réponse par une étude scientifique anglo-saxonne

Atlantico : D'où vient cet effroi que peuvent nous inspirer les araignées ? Est-ce lié à notre entourage, où à l'araignée en elle-même ?

Jean-Yves Nogret : L’effroi que peuvent produire sur certaines personnes les araignées doit être comparé à celui généré par les serpents.

Il apparaît alors que c’est avant tout la capacité qu’ont ces animaux à pouvoir attaquer par surprise, en approchant lentement de leur victime et en fondant sur elle brusquement. Rien ne terrifie plus une personne, même protégée par une vitre, que l’attaque surprise d’une araignée ou d’un serpent. Il n’y a qu’à observer les visiteurs d’un vivarium pour s’en rendre compte.

L’araignée, comme d’autres êtres vivants, ne correspond pas au schéma global d’un vertébré, groupe auquel nous appartenons. Or, nous avons une tendance naturelle à rechercher dans notre environnement des repères que nous connaissons, ceci afin de nous rassurer. Tout ce qui s’éloigne de ces repères entraîne une méfiance qui peut se transformer en peur. L’araignée possède huit pattes et se nourrit grâce à des crochets (les chélicères), qu’elle enfonce dans sa proie. Elle est venimeuse et n’a pas de bouche, ce qui l’oblige à digérer ses proies en dehors de son organisme (digestion extracorporelle). Si vous demandez à différentes personnes ce qui les horrifie chez l’araignée, les réponses sont multiples : pour certaines c’est l’aspect poilu, pour d’autres les nombreuses pattes, pour d’autres encore, la marche silencieuse qui leur permet de vous approcher de près, … Nous avons peur des araignées comme nous avons peur des serpents qui se meuvent sans pattes, qui sont venimeux et qui avalent leur proie sans les mâchées. Nous avons également peur des scolopendres (des milles pattes) et de nombreux insectes. Notre entourage joue un rôle primordial : il suffit de comparer les réactions des citadins et des campagnards pour se rendre compte que les premiers craignent plus les « êtres différents de nous » que les seconds, par peur tout simplement de l’inconnu.

Dans une étude récemment publiée (voir ici), Le docteur John M. Hettema avance que l'araignée serait l'une des peurs instinctives des enfants, et ce même s'ils n'ont jamais été piqués. Comment l'expliquer ? N'y a-t-il pas besoin d'avoir été confronté à une araignée pour apprendre à les craindre ? Ne s'agit-il pas d'une peur nécessaire à la bonne construction d'un enfant ?

Mon expérience personnelle va à l’encontre de cette affirmation de peur instinctive car j’ai pu observer de jeunes enfants jouer avec les araignées comme avec d’autres "objets animés" insolites, avant que leurs parents ne les mettent en garde et ne leur transmettent leur propre peur. Les jeunes enfants sont même de véritables persécuteurs d’araignées car ils jouent généralement à  "l’arrache patte" avec la pauvre bestiole.

Chez un enfant "non éduqué" par ses parents, la confrontation avec une araignée ne suscitera la crainte que si cette dernière pique suffisamment fort pour provoquer une douleur mémorable. Il n’y a qu’à regarder les jeunes enfants jouer avec les Faucheux, des arachnides non venimeux ressemblant à des araignées, pour s’en convaincre.

La crainte des araignées permet à n’en pas douter à l’enfant de se construire, mais au même titre que la peur des guêpes, des abeilles, des bourdons ou des serpents. Apprendre à se protéger des êtres dangereux n’est pas l’apanage de l’Homme ; cela fait partie de la phase d’apprentissage chez de très nombreuses espèces animales (chez les autres primates et les félins par exemple).

 
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  • Par EOLE - 13/05/2014 - 09:49 - Signaler un abus Encore une belle ânerie!

    C'est une des peurs préprogrammées dans le cerveau humain, comme celle des reptiles. Elle est inconsciente et résulte d'un court circuit thalamo-amygdalien afin d'obtenir une réaction plus rapide que celle générée avec retard par les aires corticales de la vision consciente. Ce mécanisme onto-génétique semble exister pour la plupart des mammifère avec des causes différentes (ex: la souris pour l'éléphant). On peut apprendre à raisonner ces peurs mais le premier mouvement est toujours esquissé. L'entomologie devrait sortir de son bocal...

  • Par Nicodeme - 13/05/2014 - 10:41 - Signaler un abus Grr, Orthographe

    "... et qui avalent leur proie sans les mâchER". Il y en a marre de voir cette faute sur le net... Un gamin de 12 ans dans un forum ok, mais pas vous ! Remplacez par un verbe du 2nd ou 3eme groupe, et écoutez. Exemple : "... et qui avalent leur proie sans les SENTIR".

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Jean-Yves Nogret

Jean-Yves Nogret est professeur agrégé de sciences de la vie et de la Terre au lycée Henri-Poincaré de Nancy et titulaire d'un DEA d'entomologie, il enseigne en classe préparatoire au concours de médecine. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages paramédicaux (éditions Foucher) et d'un ouvrage de vulgarisation scientifique sur les insectes (éditions Serpenoise) paru en 2011. Il est également l'auteur de La Biologie pour les Nuls.

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