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Mais comment la gauche s'est-elle laissée entraîner aussi facilement dans un macronisme qui piétine largement ses valeurs traditionnelles ?

La majorité de la gauche électorale pourrait être choquée par certaines propositions ou déclarations d'Emmanuel Macron et, après voté par efficacité pour Macron, refuser de voter pour les candidats En Marche.

Contre nature

Publié le - Mis à jour le 16 Juin 2017
Mais comment la gauche s'est-elle laissée entraîner aussi facilement dans un macronisme qui piétine largement ses valeurs traditionnelles ?

Atlantico : Alors que le début de la Présidence Emmanuel Macron se caractérise par la prochaine loi travail, l'introduction de mesures de l'Etat d'urgence dans le droit commun, une position ferme de Gerard Collomb sur la question des migrants, ou encore le "mot" d'Emmanuel Macron, "Du Comorien", comment expliquer que la gauche, et plus spécifiquement le PS, se soit laissée entraîner dans le macronisme sur des points aussi frontalement contraires à ses traditions ?

Sylvain Boulouque : Ce sur point, c’est plutôt  la question de la continuité qui est en jeu. Le projet de loi prolonge et approfondit la loi El Khomri. De même, la politique relative à l’état d’urgence est la conséquence des décisions de Hollande et de Valls. Enfin, si l’on se souvient des déclarations de Manuel Valls ou de la politique migratoire du quinquennat Hollande il n’existe pas de différence fondamentale entre les différents gouvernements. En revanche, la majorité de la gauche électorale peut être choqué par cette politique et après voté par efficacité pour Macron, refuse de voter pour les candidats en Marche.

D’autre part la politique économique telle qu’elle est présentée aujourd’hui risque de détacher les groupes traditionnels de la gauche qui jusqu’à lors s’étaient plus ou moins rapprochés de l’actuel gouvernement. 

Qu'est ce que cette "transformation" révèle de l'état préalable de la gauche ?

Elle révèle surtout des évolutions et des divisions de la gauche qui compte aujourd’hui un nombre important de division qui se recoupe et parfois se déchire. Il y a des gauches : entre des gauches gouvernementales (version Hollande ou version Hamon) et la gauche radicale (Mélenchon, etc) et des divisions entre les gauches sociétales. La première veut gérer la société en s’adaptant au libéralisme et en obligeant la gauche à se plier au modèle économique et social dominant alors que l’autre veut adapter et transformer la société.

Quelle est la responsabilité du hollandisme dans cette mue de la gauche ?

François Hollande et Manuel Valls sont doublement responsables de cette évolution dans la mesure où Emmanuel Macron est issu de ce sérail. Ils partagent globalement les mêmes valeurs et les mêmes codes. En même temps, ils sont également responsables car contrairement à Macron, ils n’ont pas dit précisément à leur électorat ce qu’ils allaient faire et ce qu’ils voulaient faire. Dès lors il est normal qu’une partie de l’électorat de gauche se soit senti désarçonné et ait refusé dès lors de voter pour les socialistes, même si ce qui est paradoxale c’est que une grande partie des dirigeants socialistes qui se présentent sont relativement critique vis-à-vis de la politique de Hollande.

 
 
Commentaires

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  • Par Michèle Plahiers - 10/06/2017 - 15:02 - Signaler un abus Le décroissance.

    Tous les journalistes évitent soigneusement de citer "la décroissance" fondamentalement proche de Muray et opposée à la GPA et la PMA. Cette gauche pourtant existe aussi,...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 10/06/2017 - 15:43 - Signaler un abus Mais uniquement parcequ'ils n

    Mais uniquement parcequ'ils n'avaient d'autre choix... Leur clientèle ouvrière traditionnelle étant partie vers les différents fronts......Ils n'avaient comme seul choix que de flatter l'électorat musulman comme le fait si bien Hamon. Mais là aussi, Ils auraient eu un métro de retard, Mélanchouille ayant déjà bien balisé le terrain. La seule voie encore ouverte était donc le centre avec Macrolèon premier !

  • Par Ex abrupto - 10/06/2017 - 17:15 - Signaler un abus Mais parce que

    la pré-campagne et le début de campagne étaient ostensiblement dans la bisounourserie bien pensante et politiquement correcte (horizontalité et bienveillance disait-il, mais que les allusions au royalisme et à la mysticité préfiguraient la suite). Dès que les espoirs se sont solidifiés, grand virage vers la verticalité et l'autorité. Je continue à prétendre que ce séducteur manipulateur est du bois dont on fait les dictateurs, ou au moins les autocrates...

  • Par J'accuse - 10/06/2017 - 19:10 - Signaler un abus La gauche se moque bien de la gauche

    Être de gauche pour un politicien, ça veut surtout dire flatter un certain électorat en se prévalant d'une idéologie qu'il n'a pas forcément; le but est d'être élu, si possible devenir ministre, et tant pis (ou tant mieux!) si la politique suivie est juste un peu de gauche... ou pas du tout. Le baratin et l'hypocrisie permettront de tout justifier. Cahuzac, millionnaire hautain et fraudeur du fisc (un exemple parmi d'autres) se disait bien de gauche, non?

  • Par Deudeuche - 10/06/2017 - 21:44 - Signaler un abus L'élite de gauche ne s'intéresse qu'au

    Sociétal, le reste cela concerne ces nazes de prolos souschiens en voie de disparition et ci devant "reacs" alors vive Pif le requin en marche.

  • Par Anguerrand - 11/06/2017 - 07:07 - Signaler un abus Pourquoi ils se sont laissés entraînés ?

    C'est très simple, avec le PS ils n'avaient plus aucune chance de se faire réélire , alors ils vont à la soupe " en avant Macron " étant à peu près sur d'être élu. Ce ne sont pas les convictions qui les étouffent ! Ils ferons parti des godillots obligés de tout voter sans broncher , mais un joli salaire et une magnifique retraite les attend sans compter les voitures de fonction, chauffeur, etc...

  • Par Plongeur - 11/06/2017 - 08:24 - Signaler un abus Officiellement mort

    Le socialisme est officiellement mort en France en 1982 lors du virage à 180° de Mitterrand. La mise en place des 110 propositions ont mis notre pays par terre, le FMI était à nos portes. Il a donc suffit de 2 ans pour démontrer que le socialisme était une utopie. Depuis se réclamer du socilalisme n'était qu'une posture, un leurre destiné à prendre des postes. Seuls les gogos incultes nostalgiques pouvaient continuer à tomber dans le piège. Les dirigeants du parti ont ensuite compris que les ouvriers étaient parti vers plus populiste qu'eux à savoir le FN, restait les immigrés. CQFD

  • Par Plongeur - 11/06/2017 - 08:37 - Signaler un abus Officellement mort suite

    Le PS a toujours été une auberge espagnole dont les dirigeants devaient faire la fameuse synthèse chère à Hollandouille. Quel rapport entre Filoche et Valls, ou entre Aubry et DSK ? Que l'ambition de prendre des postes en grugeant leurs électeurs. Quand ces derniers ont fini par comprendre que le PS était mort il fallait bien sauver les meubles, alors pourquoi pas se la jouer autiste en votant pour un semblant de socialiste, en fait très libéral voir plus libéral que Fillon. C'est drole la politique. Finalement la droite l'a rêvé (politique libéral) Macron va la faire. Restent les pb de l'immigration et de la religion musulmane que Macron refuse de traiter contrairement à Fillon.

  • Par vangog - 11/06/2017 - 13:08 - Signaler un abus Un siècle de socialisme: c'est la fin!

    Ce quinquennat achève la lente agonie du socialisme, mort de ses erreurs et de son dérisoire orgueil à vouloir changer la vie, changer les hommes, changer le monde...ne reste de cette idéologie mortifère que quelques dépouilles caribéennes et asiatiques, bientôt digérées par l'histoire...Hollandouille et Macronite sont les fossoyeurs de l'idéologie qui les a portés au pouvoir, une dernière fois. Le socialisme, c'est fini! paix à ses 110 millions de morts...

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Sylvain Boulouque

Sylvain Boulouque est historien, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il vient de publier sa nouvelle note, La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), à la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique). 

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