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Mais comment est-il possible qu’un Français sur trois se sente abandonné par l’Etat dans un pays où la dépense publique frôle les 57% de PIB ?

Selon une étude publiée par le Credoc, un Français sur trois "estime vivre dans un territoire délaissé par les Pouvoirs publics". Un chiffre aussi étonnant qu'inquiétant. Décryptage.

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Mais comment est-il possible qu’un Français sur trois se sente abandonné par l’Etat dans un pays où la dépense publique frôle les 57% de PIB ?

Atlantico : Selon une étude publiée par le Credoc, près d'un Français sur 3 "estime vivre dans un territoire délaissé par les Pouvoirs publics". Le Credoc poursuit en indiquant : "Le sentiment de délaissement est particulièrement prégnant dans les communes situées en dehors de l’influence des grandes aires urbaines, qu’il s’agisse des communes isolées ou des communes situées dans des pôles de petite taille.

Il est d’autant plus fort que les personnes vivent dans un département où la pauvreté monétaire et le chômage sont élevés". Alors que la France consacre 56% de son PIB aux dépenses publiques, comment expliquer un tel "délaissement" de ces territoires ? 

Jean-Yves Archer : L'étude minutieuse du Credoc a été réalisée à la demande du CGET (Commissariat général à l'égalité des territoires) et il en ressort de précieuses informations.

Tout d'abord, il y a bien, en France, une question de l'efficacité de la Dépense publique. Elle frôle 57% du PIB et pourtant bien des citoyens sont mécontents de l'action publique.

Premier constat, les sommes gigantesques de la politique de la Ville ( type ANRU et autres pour plus de 40 milliards depuis l'ère Borloo ) ont enclenché un effet siphon sur la politique d'aménagement du territoire que pilotait naguère, avec efficacité, la DATAR. On a saigné les bourgs pour acheter une pseudo-paix sociale dans les quartiers comme le reconnait désormais l'ancien député socialiste de Sarcelles François Puponi et même Manuel Valls.

Deuxième constat, l'Etat n'a pas vu venir les modifications profondes des différentes " cartes " : la carte scolaire, la carte des déserts médicaux, la carte de l'essorage des centres villes au profit des grandes zones commerciales de périphérie. Des villes préfectures comme Nevers, Moulins sur Allier sont dans ce cas de figure.

Troisième constat, le Credoc apporte une confirmation supplémentaire aux analyses du géographe Christophe Guilluy :

Un monde d'en bas, pour reprendre quelques secondes l'infâme terme de Jean-Pierre Raffarin révélateur d'une morgue parisienne, s'est replié sur lui-même et est déficitaire en services publics. Le bureau de Poste polyvalent devient une simple agence postale et on ose dire à un public âgé : " Non, je ne peux pas vous faire cette opération ici mais vous, vous pourrez le faire avec internet ". A deux conditions près, la qualité du débit et l'accès intellectuel à internet qui n'est pas évident quand on dépasse 80 ans.

On veut basculer des territoires dans une modernité que leurs habitants ne peuvent pas toujours assumer. Vu d'en-haut, on se dit que l'action publique est admirable mais on se prive de réaliser de véritables études d'impact. Guillaume de Durat, fondateur de l'Université des déserts numériques et médicaux a récemment fait des propositions à la ministre de la Santé.

Quelles seraient les pistes d'économie ou de rationalisation des dépenses à explorer permettent de consacrer des sommes plus importantes à ces territoires ?

Le centre-ville de Nantes et d'autres points de banlieue parisienne sont devenus des lieux familiers pour tous types de dégradations de matériels urbains de type local ou national.

 
Commentaires

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  • Par bern4243 - 09/11/2017 - 08:52 - Signaler un abus un exemple parmi d'autres

    les jeux olympiques a paris ? en quoi l'argent public deversée vers la capitale va t il servir mes déplcements quotidiens ; bref je vais payer pour paris et rester dans mes difficultés quotidiennes

  • Par Deudeuche - 09/11/2017 - 09:41 - Signaler un abus État Parisien au service de l’IdF

    Et de la huitaine de très grande villes reproduisant son modèle. La mobilité dans l’absolu c’es bien, mais en fait consiste à rejoindre la très grande agglomération Bobo/islamo compatible la plus proche. Alors les Français résistent !

  • Par vangog - 09/11/2017 - 10:30 - Signaler un abus Pourquoi? Parce que la politique gauchiste est mauvaise!

    Lorsque vous privilégiez l’immigration de masse (et plus désireuse d’allocations que d’intégration par l’emploi), le non-travail, les loisirs forcés, les revenus de substitution par un état obèse, la vente des participations de l’etat dans les industries stratégiques, le capitalisme de connivence delocalisateur, la propagande d’avant-l’UE, vous précipitez la catastrophe gauchiste....on y est, et ce n’est pas Macron-l’inversé qui l’empêchera!

  • Par francoise34 - 09/11/2017 - 13:36 - Signaler un abus Et le numerique

    Il y a plein de choses à faire obligatoirement par intérêt, pas de connexion fiable' Pas de réseau portable, des lignes fixes souvent en panne !!!!!!, En 2017, en plein troisième millenaire

  • Par tananarive - 09/11/2017 - 16:58 - Signaler un abus En cause le circuit de distribution.

    La plus grande partie de l'argent sert à entretenir le monstre qui avale l'argent et n'en recrache que très peu. Devinez qui est le monstre.

  • Par gilbert perrin - 10/11/2017 - 07:35 - Signaler un abus la question est primaire ???

    c'est bien le gigantisme, dans la fonction publique qui est en cause ???

  • Par zen-gzr-28 - 10/11/2017 - 08:39 - Signaler un abus Aucune empathie envers les citoyens !

    Le président ne tient aucunement compte des tourments des français. Il décide un point c'est tout. Combien de citoyens lui donneraient leur aval pour "rapatrier" les ennemis de la France qui veulent revenir au pays ? Ce n'est pas son souci ! Quel budget est consacré à la déradicalisation de ces "victimes" ? Quel budget pour les frais de justice et de détention ? Ces sujets sont tellement plus importants pour lui que les manquements retenus dans l'article. Pas question non plus de demander l'accord des Français par référendum sur les JO ? Est-il étonnant que sa popularité rejoint le niveau des pâquerettes ?

  • Par Piwai - 10/11/2017 - 10:02 - Signaler un abus DATAR

    Il est clair aujourd'hui que l'action de la DATAR et Feu Mr Guichard avait rellement contribuer au developpement des teritoires mais aussi indirectement au developpement d'une certaine image de la France comme territoire cohérent. Effectivement la politique de la ville comme la politique europeenne semble plus nous rapprocher d'Ur et de de la lointaine epoque des villes-Etats ou la "province" n'a plus qu'un role de ravitaillement et depaysagement pour ceux qui s'estiment etre le centre comme le coeur du pays.

  • Par Ganesha - 10/11/2017 - 11:26 - Signaler un abus Deux conditions

    Emmanuel Macron deviendra effectivement un des plus grands chefs de notre nation, s'il remplit deux conditions : dans un délai raisonnable (environ un an) il faudra que, suite à son action politique, se produise dans son pays, la France, une baisse du taux de chômage ET du taux de pauvreté ! Pour ce dernier, en plus des statistiques officielles, il faudra que des organismes tels que les Restos du Cœur, le Secours Populaire et la Fondation Abbé Pierre le confirment. S'il n'atteint pas ces objectifs, et, c'est de loin l'hypothèse la plus probable, soit il fera un virage à 180 degrés, soit il sera honteusement chassé par un processus électoral ou un soulèvement populaire.

  • Par Borgowrio - 10/11/2017 - 17:33 - Signaler un abus La justice sociale ... iste

    Comment peut on accepter dans un pays où ceux qui vivent de l'argent public sont non seulement en surnombre mais ont obtenus d'invraisemblables avantages qui finissent par couter très cher aux producteurs de richesses , qui eux voient leur niveau baisser et leurs conditions de travail se dégrader , car ils doivent alimenter le tonneau des danaÏdes toujours plus . Ces incroyables privilèges commencent à se voir . Et ne me parlez pas des 20 milliards d'évasion fiscale bien pratiques pour détourner l'attention du citoyen dit indigné

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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