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La "main des élites" contre la "voix du peuple" : pourquoi la campagne d’Hillary Clinton contre Trump ne pourra qu’être personnelle et violente

Depuis le Super Tuesday, la stratégie d'Hillary Clinton, mais également celle de Donald Trump, ont évolué. La démocrate, qui focalisait toute son attention et ses ressources sur Bernie Sanders a su se démarquer comme la grande favorite face à son rival. Elle se concentre dorénavant à la lutte contre le champion des Républicains, Donald Trump. La campagne risque d'être particulièrement personnelle et violente.

Face à face musclé

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La "main des élites" contre la "voix du peuple" : pourquoi la campagne d’Hillary Clinton contre Trump ne pourra qu’être personnelle et violente

Atlantico : Après un début de campagne poussif, Hillary Clinton a pu se démarquer suite au vote favorable récolté au cours du Super Tuesday. En quoi la stratégie Clinton a-t-elle évolué au cours des dernières semaines ? 

Patrick Chamorel : Grâce à ses nettes victoires au Nevada, en Caroline du Sud et dans 7 des 11 Etats en jeu lors du "Super Tuesday", Hillary Clinton a largement levé l’hypothèque Bernie Sanders dans la course des primaires démocrates. Leur match ex-aequo dans l'Iowa puis la performance impressionnante de Bernie Sanders au New Hampshire, avaient conduit Hillary Clinton à focaliser toute son attention et ses ressources sur son adversaire démocrate.

Depuis le Super Tuesday, qui a rempli son rôle en dégageant un candidat largement favori pour remporter les primaires dans chaque camp, la donne a changé du tout au tout pour Trump et Clinton: ils sont passés de stratégies adaptées aux primaires à une stratégie d’élection générale. C'est désormais Trump qui est dans le viseur de Hillary Clinton, beaucoup plus que Bernie Sanders. Ce dernier peut encore remporter certains caucus comme celui du Maine, petit Etat proche du Vermont, ou même plus tard ceux du Wisconsin, de Washington ou d'Oregon, mais les scrutins de ce week-end au Kansas, en Louisiane et au Nebraska, et ceux des 8 et 15 mars (Michigan, Floride, Illinois, Caroline du Nord et Ohio) devraient amplifier l'avance de Hillary Clinton.  

Depuis Super Tuesday, le camp Clinton estime avoir rassemblé une coalition électorale suffisamment large pour lui laisser espérer la victoire en novembre. Outre de très fortes majorités parmi les noirs et hispaniques, Clinton a mordu, dans le Sud, sur les électorats qui avaient porté la vague Bernie Sanders, notamment les blancs, les hommes et les électeurs se disant les plus a gauche. Les mêmes groupes sociologiques ne se comportent pas de la même façon dans le Sud que dans les Etats progressistes du nord et de l'ouest remportés par Sanders, tels que le Vermont, le Minnesota et le Colorado. 

Au regard des dernières tendances, Hillary Clinton est-elle en capacité d'obtenir un taux de participation des minorités aussi élevé que celui qui avait valu à Barack Obama de remporter l'élection finale en 2012 ? 

Oui, Hillary Clinton devrait réaliser lors de l’élection générale de novembre des scores chez les minorités noire et hispanique dignes de ceux d'Obama en 2008 et 2012, c'est a dire respectivement au-delà des 90% et 70% . En outre, Hillary Clinton attirera une plus forte proportion du vote féminin qu'Obama. Ce sont ces électorats qui ont permis a Hillary Clinton de creuser l’écart avec Bernie Sanders dans les primaires du Sud. Les Clinton, en grande partie grâce a Bill, ont toujours joui d'une très forte popularité parmi les noirs (Bill avait été gouverneur d'un Etat du sud, l'Arkansas) et même des hispaniques. L'avantage de Hillary Clinton devrait être encore accentué par la personnalité et le discours de son adversaire républicain, Donald Trump, qui n'a cessé de faire des remarques pour le moins désobligeantes envers ces minorités, et de proposer par exemple la construction d'un mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Le défi, pour Hillary Clinton et les démocrates, sera sans aucun doute de mobiliser ces électeurs afin qu'ils votent en masse. Là aussi, Trump devrait aider la candidate démocrate dont on imagine difficilement qu'elle puisse susciter un fort enthousiasme, même dans l’élection générale (en dépit de la mobilisation favorable à Bernie Sanders, la participation aux primaires démocrates a été de 40% inférieure à celle de 2012). Le défi pour les démocrates consiste donc à mobiliser des minorités qui leur seront largement acquises, et à se rallier une minorité suffisante d'hommes blancs des classes moyennes et populaires, les plus révoltées par le statu quo.

 
Commentaires

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  • Par Lafayette 68 - 07/03/2016 - 11:15 - Signaler un abus A peine orienté

    Beau plaidoyer pour Clinton mais manque totale d'objectivité( quand on est "élite" )à l'image de la dernière phrase "à l'emporte pièce"...Réponse en novembre.

  • Par Liberte5 - 07/03/2016 - 12:16 - Signaler un abus On l'a compris P. Chamorel est un bon socialo.

    Ce n'est plus un contributeur mais un propagandiste pour H. Clinton, qui pourtant elle se trimballe avec des casseroles autrement plus lourdes que D. Trump.

  • Par Texas - 07/03/2016 - 12:51 - Signaler un abus Au même moment

    L' institut des Libertés sur sa page Facebook vient de diffuser un article remarquable et vivement recommandé sur le sujet . Il faut craindre que le lendemain de l' arrivée de Me Clinton à la Maison-Blanche une procédure d' " Impeachment " ne soit lancée . A moins qu' entre temps...

  • Par vangog - 07/03/2016 - 18:17 - Signaler un abus Pour sauver l'UE du marasme, c'est Donald...

    Clinton continuera la politique étrangère messianique et interventionniste qu'elle a déjà réalisée, sous la première mandature Obama: caressage des dictatures saoudiennes, turques et Qatari dans le sens du poil, et hystérie interventionniste vis à vis des dictateurs progressistes, type Hussein ou Assad, pourtant indispensables pour mater les Sunnites et préserver l'équilibre moyen-oriental...La politique de Clinton encouragera le rapprochement de la Turquie avec l'UE, sachant que cette invasion rampante de l'islam en UE produira à court et moyen terme ses effets délétères prévisibles, et la soumission des technocrates européens à l'OTAN, pour assurer la survie de l'Europe...faiblesse militaire, faiblesse économique, tel est le plan "soumission" Clinton pour l'Europe! Donald propose un recentrage sur les USA "forts" et un abandon des politiques neo-colonialistes et interventionnistes du type Sarko-Bush-Levy-Koushner-Blair. Avec Donald, l'UE sera bien obligée de construire La Défense et les frontières que lui avait refusé la soumission aux écolo-trotskystes mondialistes, car les USA ne seront plus derrière elle, pour la défendre...émancipation et progrès obligatoire!

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Patrick Chamorel

Patrick Chamorel est professeur à l'université de Stanford.

Il y enseigne les sciences politiques, à l'aulne des relations transatlantiques et des différences de systèmes politiques européens et français. Il collabore réguliérement au Wall Street Journal, Die Welt et CNN. Dans les années 90, il était conseiller politique dans plusieurs cabinets ministériels, à l'Industrie et auprès du Premier ministre.

 

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