Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 15 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Macron-Trump, le match des présidents “surprise” : et celui qui a le mieux transformé l’essai jusqu’à présent est…

Parfois comparés, souvent opposés, Emmanuel Macron et Donald Trump ont tous deux créé la surprise lors de leurs élections respectives. Ou en sont-ils à présent ?

Avanatage

Publié le
Macron-Trump, le match des présidents “surprise” : et celui qui a le mieux transformé l’essai jusqu’à présent est…

Atlantico : 18 mois après l'élection française, 2 ans après l'élection américaine, ou en sont les deux présidents politiquement ?

Rémi Bourgeot : Donald Trump est contesté de façon extrêmement vive, sur de nombreux fronts, mais il faut également noter une évolution substantielle du débat aux Etats-Unis sur un certain nombre de sujets, en particulier commerciaux, et notamment au sein du parti démocrate. La renégociation de l’accord de libre échange nord-américain avec le Mexique et le Canada a permis de donner une certaine cohérence à la politique commerciale dont beaucoup ne voyaient que le caractère assurément erratique. Le débat ne se concentre plus tellement sur l’opposition binaire entre ceux qui voudraient déclencher une guerre commerciale tous azimuts et ceux qui estiment que les déséquilibres commerciaux n’ont aucune importance.

Une série d’articles et d’éditoriaux d’auteurs classés dans le camp démocrate, notamment dans le New York Times, ont illustré l’évolution du débat dans un sens favorable aux renégociations commerciales. Ceux-ci tendent à accorderun certain crédit à Trump sur la réforme de l’Alena, dans la perspective de trouver les moyens d’un rééquilibrage, certes plus difficile, avec la Chine. Il ne serait pas surprenant de voir dans deux ans un candidat démocrate porter une approche reposant sur ce nouveau consensus commercial, tout en s’efforçant de proposer une politique plus réfléchie dans ses objectifs industriels que ne l’est aujourd’hui celle de Trump.

Emmanuel Macron semble suivre une dynamique politique à peu près opposée, étant parti, au contraire de Donald Trump, d’un fort capital de crédibilité, sur l’échiquier mondial en particulier, sur la base de ses projets de refondation européenne et de son invocation d’une modernité transcendante. Rattrapé par l’effondrement du paysage politique, il voit désormais son approche personnelle remise en cause, qui plus est dans un contexte de ralentissement économique marqué.  Ses projets européens sont confrontés au refus allemand. Et sa série de « transformations »peine à constituer une véritable stratégie de développement à même de susciter l’adhésion.

On voit aux Etats-Unis un président fortement contesté, avec une crédibilité inexistante auprès de toute une partie de la population, mais on ne peut que constater également, malgré la violence des polémiques, une évolution plus large du débat sur les moyens de rééquilibrer l’économie dans un sens plus favorable à la société, et de mettre à profit la révolution technologique en cours.

Alors que la France avait été présentée pendant quelques semaines comme l’élève modèle de la démocratie libérale face à Trump, la réflexion y apparaît finalement comme paralysée, malgré notre potentiel considérable dans les évolutions technologiques actuelles, par l’affaissement de la structure politique du pays. La pérennité des deux grandes structures partisanesaux Etats-Unis permet, malgré les aléas liés à la remise en cause actuelle, de mener certains débats économiques nécessaires, là où la France semble davantage s’enfermer dans un jeu de transcendances rivales.

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par assougoudrel - 11/10/2018 - 10:21 - Signaler un abus Pour le prix d'Amérique, nous

    avons un Tocard nommé Macron qui arrivera bon dernier, avec un tour de piste de retard; un vrai pur-sang de betterave. Ceux qui ont parié sur lui, auront perdu gros.

  • Par cloette - 11/10/2018 - 10:21 - Signaler un abus petite différence

    entre les deux élus surprise , l'un l'a été par le peuple souverain, l'autre c'est moins sûr, beaucoup moins sûr , il l'a été par ..comment dire ? ...effraction ?

  • Par Klaus02 - 11/10/2018 - 10:38 - Signaler un abus Comparaison n'est pas raison

    Micron, porté aux nues par les médias, est passé dans un trou de souris entre un candidat de gauche très faible et un candidat de droite très affaibli (affaire Pénélope). Mais franchement ATLANTICO oser la comparaison avec Trump...

  • Par adroitetoutemaintenant - 11/10/2018 - 11:39 - Signaler un abus Quel paquet de bla-bla-bla

    Trump s'occupe des déplorables tandis que Macron continue d'insulter les sans-dents. Trump n'est la marionnette de personne alors que Macron est celle des médias et de Soros. Trump n'est pas en politique pour faire du pognon alors que Macron enrichi son compte offshore à Saint Kitts.

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 11/10/2018 - 12:20 - Signaler un abus Y’a pas photo

    Il est de bon ton dans la bienpensance de vilipender qui Reagan ,qui Bush qui....nos V iemes république .....ça c’est des cadors ( retraités a 150 000 €/mois) sauf que au final il y a plus de chômeurs en France qu’aux Usa ! Pour 5 fois plus de population !!! Capito

  • Par vangog - 11/10/2018 - 13:10 - Signaler un abus Si le macronisme ne « marche » pas...il faut changer, et vite!

    Et si le Trumpisme « marche », alors il faut orienter la politique française vers cette innovation, sous peine de régresser indéfiniment...ça paraît clair pour les plus aveugles, aujourd’hui, non?

  • Par A M A - 11/10/2018 - 15:40 - Signaler un abus Ce n'est pas en faisant de

    Ce n'est pas en faisant de Trump l'objet de toutes les critiques ou les moqueries que l'on va faire de Macron un Président à la hauteur. D'ailleurs, le comparaison osée par Atlantico est grotesque.

  • Par Anouman - 11/10/2018 - 17:45 - Signaler un abus Crédibilité

    Les deux ont été élus et avaient donc de la part des électeurs une crédibilité partagée (les pour et les contre). Ce sont plutôt les médias qui ont vu chez Macron une crédibilité et pas chez Trump. Aujourd'hui les médias commencent à douter de leur champion Macron alors qu'il n'a fait que ce qu'il a annoncé. En fait ce sont les médias qui ne sont pas crédibles.

  • Par Winter - 11/10/2018 - 18:51 - Signaler un abus Notre président n'est pas concentré.

    Macron a essayé d'obtenir l'approbation de Merkel au lieu de faire quelque chose de sensé pour notre pays. C'était à la fois naìf, infantile et sans pertinence. Il provoque une certaine méfiance. Il est trop dépendant de l'image qu'il donne, de ce qu'on pense se lui, pour s'investir dans ce qu'il fait. Il occupe son temps avec des banalités. Il devrait comprendre que s'il fait partie des premiers de cordées, Merkel aussi, Orban aussi, etc. Il est imprévisible parce qu'il veut épater. Trump est imprévisible parce qu'il est intuitif mais il suit une voie, America first.

  • Par lima59 - 11/10/2018 - 23:19 - Signaler un abus Macron 1er ministre Français

    Trump dirige le pays, Macron joue a diriger le Pays. Il est écrit plus haut "Pour sa part, Emmanuel Macron a centré son approche sur l’idée consistant à mettre rapidement en œuvre un ensemble de réformes génériques permettant de gagner en crédibilité à l’échelle européenne" Macron ne décide pas de la politique de la France, comme Trump le fait pour les E.U. Comme Hollande,, Sarkozy, étaient à la solde de la commission européenne, de l'allemagne. En plus Macron est un mondialiste adepte du multi-culti

  • Par aristide41 - 12/10/2018 - 07:15 - Signaler un abus Mais pourquoi

    se croît on obligé de comparer Macron et Trump? Comme si leur situation était la même? Je vous rappelle que Trump dirige un pays qui possède le dollar qui finance les déficits, qu'il dispose de la plus grande armée du monde et d'une population beaucoup plus dynamique et entreprenante que celle de Macron qui, elle, préfère râler et rabaisser leur pays.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

Voir la bio en entier

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€