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Macron : le pari du "c'est à prendre... ou à prendre..."

Emmanuel Macron a affirmé dans Le Point vouloir réaliser 20 milliards d’économies en 2018 (10 milliards sur l'Etat, 7milliards sur la Sécurité sociale et 3 milliards sur les collectivités locales). Des sommes qui risquent de faire grincer bien des dents...

Brave ou bravache ?

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Macron : le pari du "c'est à prendre... ou à prendre..."

Impopulaire pour impopulaire, autant ne pas faire les choses à moitié. C'est la philosophie qui semble inspirer Emmanuel Macron qui affirme dans le Point une détermination inébranlable, celle de réaliser 20 milliards d’économies en 2018 (10 milliards sur l'Etat, 7milliards sur la Sécurité sociale et 3 milliards sur les collectivités locales). Des sommes qui vont faire grincer des dents, voire hurler dans certains secteurs, en attendant que la "transformation" tous azimuts promise, produise les effets bénéfiques attendus...

Le Figaro qui a recueilli des précisions auprès de Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes Publics révèle ainsi que les économies de l'Etat seront concentrées essentiellement sur les secteurs du Logement, des Transports et l'Emploi. Le coup de rabot de cinq euros sur les APL n'était qu'un hors d'oeuvre ; le plat principal sera servi dans le cadre du budget 2018 puisque cette baisse pourrait atteindre 2 milliards d'euros. C'est Emmanuel Macron qui en avait expliqué la philosophie la veille dans son interview : il veut " revoir les grandes politiques publiques qui représentent les montants les plus importants et qui ne sont pas à la hauteur des dépenses engagées ou des comparaisons avec celles de nos partenaires  européens". Le président de la République affirme qu'il n'y aura "pas de coupes ni d'à coups, mais des transformations en profondeur" pour inverser une tendance profonde, remplacer "une politique de subvention de la demande" pour créer un "choc d'offre", en libérant "le droit de l'urbanisme, les procédures... le foncier public et parapublic...en mettant en place un système d'exception pour réduire les coûts" notamment dans" les zones tendues" que sont le grand Paris, Lyon et la frontière suisse, Aix-Marseille". Pour les étudiants qui seront particulièrement affectés par la baisse des APL, le Chef de l'Etat promet un gel des coûts de leurs dépenses (inscriptions, mutuelles étudiantes, restaurants universitaires).

Des coupes il y en aura pourtant, ne serait-ce que pour les emplois aidés dont la réduction drastique devrait permettre d'économiser un milliard d'euros. Ces "subventions déguisées aux collectivités locales" constituent aussi un amortisseur social en période de chômage élevé. En attendant la fluidification du marché de l'emploi promise par la mise en place des ordonnances, leur diminution brutale va provoquer des tensions entre l'Etat et les Collectivités locales. Jusqu'à présent tous les gouvernements y ont eu recours y compris ceux de droite qui avaient affirmé vouloir y renoncer en arrivant aux commandes. Les collectivités locales auront un autre motif de courroux avec le gel des projets de grandes infrastructures de transport, pourtant génératrices de développement économique. Celui du canal Seine-Nord était déjà pressenti et a déjà provoqué des réactions de colère chez les élus du Nord de la France ; ce n'était pas le cas pour le projet de liaison Lyon-Turin  dont le coût prévu n'a cessé de grimper pour atteindre 26 milliards aux dernières estimations : une nouvelle étape avait été franchie il y a deux mois avec le lancement d'une série d'appels d'offres. Le report voire l'abandon va affecter toute l'économie locale et notamment les entreprises qui devaient bénéficier de contrats de sous-traitance. Mais le  gouvernement a décidé de donner la priorité aux transports du quotidien ...

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 01/09/2017 - 10:03 - Signaler un abus Dents qui grincent... ou têtes qui tombent ?

    Selon la logique Macron, le peuple étant stupide, plus il est mécontent, plus cela veut dire que les réformes sont bonnes. Mais ce n'est pas son "impatience" qu'il devra affronter: c'est sa colère. Sans parti et sans syndicat crédible pour la canaliser, ça promet des dégâts.

  • Par hermet - 01/09/2017 - 12:10 - Signaler un abus Lyon -Turin

    La ligne Lyon-Turin n'a pas de sens, elle est beaucoup trop couteuse si elle est abandonnée tant mieux !

  • Par vangog - 01/09/2017 - 14:20 - Signaler un abus Gel des investissements d'infrastructures de transport?

    la liaison Lyon-Turin avait son utilité, afin de transférer le frêt de la route vers le rail, développer les échanges avec l'Italie, et compléter la liaison ferroviaire vers Nice par l'Italie (proposition de la candidate Marion Marechal Le Pen), désengorgeant ainsi la ligne ferroviaire PACA complètement saturée,et remplaçant le projet aberrant de ligne nouvelle PACA (coût; 20 milliards d'euros), qui défigurera le Var et les A.M. Je doute que le gel de ces investissements préserve l'avenir... Il prouve surtout l'incapacité de l'état PS à faire des économies de fonctionnement, à cause d'un statut de la fonction publique délirant, et élargi aux collectivités locales par les gauchistes...elles aussi seront obligées de taper dans les dépenses d'investissement, ne pouvant licencier leur masse salariale pharaonique (électoralisme oblige...)

  • Par vangog - 01/09/2017 - 14:20 - Signaler un abus Gel des investissements d'infrastructures de transport?

    la liaison Lyon-Turin avait son utilité, afin de transférer le frêt de la route vers le rail, développer les échanges avec l'Italie, et compléter la liaison ferroviaire vers Nice par l'Italie (proposition de la candidate Marion Marechal Le Pen), désengorgeant ainsi la ligne ferroviaire PACA complètement saturée,et remplaçant le projet aberrant de ligne nouvelle PACA (coût; 20 milliards d'euros), qui défigurera le Var et les A.M. Je doute que le gel de ces investissements préserve l'avenir... Il prouve surtout l'incapacité de l'état PS à faire des économies de fonctionnement, à cause d'un statut de la fonction publique délirant, et élargi aux collectivités locales par les gauchistes...elles aussi seront obligées de taper dans les dépenses d'investissement, ne pouvant licencier leur masse salariale pharaonique (électoralisme oblige...)

  • Par atlante29 - 01/09/2017 - 17:21 - Signaler un abus Le gouvernement Macron

    est un gouvernement d'occupation...bancaire

  • Par Anouman - 01/09/2017 - 20:40 - Signaler un abus Economies

    Le tout n'est pas de faire des économies mais de savoir comment on les fait. Si c'est en rationalisant l'action de l'état (et des collectivités locales) on peut faire beaucoup d'économies sans que cela fasse une grande différence sur le résultat. Mais cela suppose un peu de logique, ce qui, au vu de ses premières "réalisations" ne semble pas être la plus grande qualité du petit Macron.

  • Par Deudeuche - 02/09/2017 - 10:34 - Signaler un abus Macron soigne son électorat

    Les parisiens, cadres sup, les bobos proches de la retraite , les musulmans, et le lobby médiatique-sociétal. Les prolos, les provinciaux, les "de souche" laicards ou cathos, ils s'en fout.

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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