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Macron, Mélenchon, NKM ou même Sarkozy : le test "qui choisir" dans le match des candidats anti-système

Alors que Donald Trump a été élu président des Etats-Unis, de nombreux candidats potentiels à l'élection présidentielle française revendiquent eux aussi un positionnement anti-système. Au regard de l'opinion publique, une telle attitude pourrait s'avérer payante.

Rebelles autoproclamés

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Macron, Mélenchon, NKM ou même Sarkozy : le test "qui choisir" dans le match des candidats anti-système

Atlantico : A la suite de la victoire de Donald Trump, plusieurs candidats ont laissé entendre qu'ils pouvaient représenter le renouveau de la classe politique, voire qu'ils étaient eux-mêmes des candidats "anti-système". Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg ou encore Nicolas Dupont Aignan, Nathalie Kosciusko-Morizet, Marine Le Pen... Quels sont les critères qui permettent de définir une attitude et un positionnement "antisystème" ? Comment les électeurs peuvent-ils se représenter un tel positionnement ?

Maxime Tandonnet : Nous assistons, à la suite de l'élection de Donald Trump, à un phénomène assez paradoxal. D'une part, les médias, les commentateurs décrivent cette élection comme d'essence quasi diabolique, le triomphe du populisme contre l'idéologie dominante des élites dirigeantes et intellectuelles. Mais d'autre part, une grande partie du monde politique, de droite ou de gauche, veut s'inspirer du modèle Trump, la dernière mode en politique: l'antisystème ou supposé tel. Mais pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord définir ce qu'on entend par "le système'". On peut l'analyser à deux niveaux.

D'abord il se définit comme l'ensemble des institutions, de l'idéologie, des valeurs dominantes dans les élites médiatiques, politiques et intellectuelles. Aujourd'hui, en ce sens, la représentation du "système" porte sur les bienfaits de la mondialisation, de l'ouverture, de la diversité, le culte des minorités, de la mobilité planétaire et de l'effacement des frontières. Ce idéologie dominante dans les élites médiatique, autrement dit le "politiquement correct" a été  fortement incarnée par Mme Clinton, jusque dans son discours de candidate battue. Elle s'opposerait ainsi au "populisme", sensibilité dominante dans le peuple, la majorité silencieuse, fondé au contraire sur l'idée de retour à la Nation, un repli sur l'identité. Sur cette base, en se fondant sur le sens le plus commun du mot, les "antisystèmes" seraient les adversaires d'une certaine idéologie dominante. Etre "antisystème" reviendrait à prôner le retour à la Nation et au peuple  contre la "globalisation", l'identité contre la diversité, les frontières contre l'ouverture. Dans cette optique, M. Trump serait la quintessence d'un antisystème, comme les politiques français s'inspirant de son modèle.  Sa victoire représenterait un basculement idéologique, le premier grand revers de la vision mondialiste depuis la fin de la guerre froide en 1990 : d'où l'aversion qu'elle suscite auprès des élites médiatiques et intellectuelles.

Cependant, cette manière de voir les choses, la plus habituelle, ne répond pas vraiment à la question et se cantonne au superficiel. Elle semble évidente mais elle est artificielle et fausse. Il existe une autre façon de comprendre les termes de système et d'antisystème, au second degré. De fait, à quoi ressemble la vie politique aujourd'hui? Partout dans le monde occidental, à une surenchère de la communication, de la parole, de la provocation, du culte des images, toujours plus éloignée du monde réel. Peu importe le fond: c'est la provocation qui compte, celle qui permet de forcer l'attention médiatique. Dès lors, M. Trump, tout en cultivant un style anti-système, serait la quintessence du système. Il a fait campagne sur des coups médiatiques, des provocations parfois violentes destinées à marquer une rupture avec le "politiquement correct". En flattant le peuple, il porte la manipulation de ce dernier au plus haut niveau. Déjà, à la suite de son élection, certaines de ses propositions les plus délirantes, sur la base desquelles il a été élu, auraient été retirées de son site Internet de campagne! C'est tout dire! Le phénomène est sans précédent à ce niveau. En France, la politique suit cette fâcheuse tendance à fuir le réel dans la provocation. En cela M. Trump est bien à la mode. Le système politique est d'abord dominé par le culte de la parole, de la communication, de la provocation, de la médiatisation et de la manipulation de masse. La personnalisation à outrance de la vie politique est le paroxysme de ce phénomène. On ne se bat plus pour des idées ou un projet, mais pour une image médiatisée, un visage une voix, un style. Les slogans remplacent les idées et les provocations sans lendemain se substituent aux projets. Peu importe ce qu'il en restera dans la confrontation avec la réalité. Le réel s'efface devant le rêve.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 11/11/2016 - 11:21 - Signaler un abus Mélenchon

    Autre Trump? C'est incontestablement un tribun, mais il est haineux, cela ne fait pas une politique.

  • Par Ganesha - 11/11/2016 - 12:33 - Signaler un abus Zouk

    Mélenchon haineux ? Contre qui ? Contre quoi ? Précisez votre pensée, si vous le pouvez ! A-t-il appelé le peuple français a promener les têtes de nos milliardaires au bout d'une pique ? Sa grande faiblesse, c'est de ne pas être capable de se déclarer opposé à l'immigration, mème s'il sait que cela lui bouche tout avenir politique.

  • Par J'accuse - 11/11/2016 - 12:47 - Signaler un abus S'autoproclamer anti-système est une preuve du contraire

    L'anti-système voulu, c'est l'anti-mensonge, l'anti-copinage, l'anti-privilèges, l'anti-bureaucratie, l'anti-incompétence, l'anti-laxisme, l'anti-UE... bref, l'anti-tout ce qui fait la politique qu'on connaît, et qui mène à la faillite, au chômage, à l'insécurité, à la perte d'identité et de souveraineté populaires. Pour convaincre, il faut non seulement ne jamais avoir été compromis, mais aussi avoir connu des succès: Trump est milliardaire, ce qui est une réussite. Aucun candidat actuel ou prévisible en France ne réunit ces conditions: on n'a que des pro-systèmes ou des losers.

  • Par assougoudrel - 11/11/2016 - 15:05 - Signaler un abus Cela me rappelle un anecdote

    Un Général était de passage dans un régiment et avait proposé au Chef de Corps de prendre un verre avec les Officiers et Sous-officiers au bar des sous-off. Le Général a pris un Orangina et 90% des gens présents ont pris un Orangina, même les plus gros buveurs d’alcool qui regardaient avec mépris cette bouteille au gros cul. C'était risible et ridicule. Pareil pour ces politiciens.

  • Par clint - 11/11/2016 - 21:26 - Signaler un abus Sarkozy est anti-système, origine de la haine de l'establishment

    Je n'avais jamais entendu un tel discours de haine que celui de Bayrou contre Sarkozy chez Bourdin cette semaine. Ça n'a pas empêché à l’inénarrable Juppé d'avoir mangé dans sa main pour un poste de ministre !

  • Par Jean-Benoist - 11/11/2016 - 23:01 - Signaler un abus Sarkozy nest pas un énarque

    Donc il n'est pas des leurs du serail mais il connait bien un certain système. .La haine des medias a son encontre est telle que l'on s'étonne qu'ils naient pas encore trouvé des preuves pour le faire tomber.. Surtout depuis 2007, et laffaire Khadafi et ils ne parviennent pas a le mettre en examen..Curieux nest ce pas?

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