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Macron et les chômeurs : traverser la rue, vrai revenu universel, relance économique ou réforme de l’euro... qui a vraiment besoin de quoi pour s’en sortir ?

Ce samedi 15 septembre, Emmanuel Macron a déclaré à un jeune chômeur : « Je traverse la rue, je vous trouve du travail ».

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Macron et les chômeurs : traverser la rue, vrai revenu universel, relance économique ou réforme de l’euro... qui a vraiment besoin de quoi pour s’en sortir ?

Atlantico : En prenant en compte un problème économique relevant de l’offre c’est à dire ici la difficulté des employeurs à recruter, Emmanuel Macron ne prend-il pas le risque de cliver le débat, en le rendant idéologique, alors que la lutte contre le chômage mériterait une approche globale (offre et demande) qui pourrait lisser ce clivage ? L’erreur de cette déclaration n’est-elle pas justement d’opposer les solutions au lieu de les additionner ? 

Michel Ruimy : Aujourd’hui, le marché du travail en France est coupé en deux.

D’un côté, il y a ceux qui sont bien formés et qui, généralement, bénéficient d’un emploi stable. De l’autre, il y a ceux qui sont peu qualifiés et qui enchaînent les contrats courts et les périodes de chômage. Il en résulte un taux de chômage élevé depuis des années comparé à celui de nos partenaires. Malgré des politiques de relance par la demande successives, le nombre de chômeurs a faiblement décru. 

En fait, il faut considérer que l’offre et la demande sont deux points d’un même cercle. Soit on décrit le cercle, dans le sens d’une aiguille d’une montre c’est à dire de gauche à droite, soit de droite à gauche. Dans le contexte actuel, il est difficile d’aller dans les deux sens. Il faut donc choisir un sens c’est à dire de suivre une voie. Tout est une question d’idéologie et de pragmatisme... La realpolitik guide les hommes politiques. Déjà, dans le passé, devant la réalité des chiffres des grands indicateurs économiques, M. Mitterrand avait mené successivement une politique de relance par la demande en 1981 puis, quelques mois après, en 1983, une politique d’offre notamment en désindexant le SMIC à l’inflation.

En fait, depuis près de quarante ans, selon leur coloration idéologique, les hommes politiques ont mené des politiques soit keynésiennes libérales, soit libérales keynésiennes. Emmanuel Macron s’inscrit, lui aussi, dans cette mouvance en menant une politique d’offre et de demande mais privilégiant la seconde option et non la première. 

Le projet de société d’Emmanuel Macron est celui d’une société où le travail jouerait un rôle émancipateur et permettrait de sortir de sa condition et de se faire une place dans la société. C’est pourquoi, la lutte contre le chômage est son credo, plus que la réduction des dépenses publiques. Il fait le pari qu’en diminuant le nombre de personnes au chômage en les incitant à se prendre en charge, les dépenses sociales diminueront - et donc les dépenses publiques - et qu’en travaillant, ces personnes consommeront plus c’est-à-dire une demande globale plus vigoureuse, ce qui relancera la croissance. 

Emmanuel Macron s’inscrit, dès lors, dans une démarche libérale de pensée où, de manière succincte, le chômage est considéré comme « volontaire » car les chômeurs ne sont pas incités à travailler du fait d’un « salaire de réserve » (allocations et aides sociales) élevé. Il souhaite abaisser le niveau d’assistance, par exemple en réformant l’assurance-chômage, afin d’amorcer l’incitation, pour un chômeur, à reprendre un emploi. Le travailleur doit se sortir, lui-même, de sa situation et non attendre une aide de l’Etat. 

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 18/09/2018 - 09:34 - Signaler un abus La France pratique une politique de la Demande !

    Hilarité générale, et pas seulement sur les bancs de l'opposition ! Un tel niveau de négation de la réalité est tout simplement grotesque !

  • Par guy bernard - 18/09/2018 - 10:22 - Signaler un abus la politique de l'etat français

    Si le chomage prospère en France, c'est que le Public et le para-public y ont intérêt : que le chomage se résorbe et on aura immédiatement un chomage dans ces secteurs, ou, pire encore une charge insupportable et injustifiée. depuis que grâce à l'euro, l'etat s'est libéré de la défense de la monnaie et de la balance des paiements, c'est la politique qui a été adoptée. y revenir n'est pas facile.

  • Par cloette - 18/09/2018 - 10:23 - Signaler un abus psycho socio

    en fac ....Voilà aussi une cause de chômage ...

  • Par lasenorita - 18/09/2018 - 11:20 - Signaler un abus Macron fossoyeur de la France!

    Il est imbu de sa personne,il est né ''avec une cuillère d'argent dans la bouche'' et il ignore l'angoisse du chef de famille qui est au chômage! Sa politique est favorable aux nantis et au patronat,il n'a que du mépris pour ''le peuple''..en tant que président il doit défendre les intérêts de son pays,ce qu'il ne fait pas:il ne fait RIEN contre la ''fraude fiscale'',qui est de 100 milliards d'euros,ce sont les ''Français moyens'' et les retraités qui devront payer le manque à gagner de l'Etat,sans compter les sous qu'il dilapide avec les terroristes musulmans qui nous envahissent!..Nous avons,en France,6 millions de chômeurs et il fait entrer,dans notre pays,des millions d'assistés qui ne veulent pas ''s'assimiler'' à nos moeurs et à notre culture,etc......le chômage,en France,ne cesse de croître alors que partout ailleurs il baisse!...

  • Par moneo - 18/09/2018 - 11:40 - Signaler un abus hum

    heureusement que je ne suis pas élève à l'ESCP la France pays libéral...on se demande à quel taux de déficit et d'imposition elle deviendra socialiste Macron a raison oui il ya des emplois à pourvoir mais les français n'en veulent pas ,ils estiment qu'ils valent plus ,sauf que l'économie au niveau micro économique est têtue, elle paie seulement à hauteur des coûts supportables par l'entreprise Les emplois chez nous viennent de la petite entreprise .depuis la libération l'entreprise été montrée du doigt .Du coup nos entreprises ont toutes disparues sous le poids des de réglementations ( dernière plaisanterie l'entreprise encore plus collectrice d'impôts) des charges sociales et des impôts .tant que les barrières douanières existaient le mouvement était lent , les accords intra européens de libre circulation auraient du amener nos dirigeants à cesser de taper sur l'entreprise.Perdu...ils ont redoublé dans la création par idéologie socialisante , et par démagogie électorale; d'emplois publics:Ce qui provoqua une augmentation des impôts...donc des coûts .Pire les français n 'acceptant pas ce qui existe ont donc laissé la place aux immigrés.. 1200 mots......

  • Par lorwakaf - 18/09/2018 - 13:00 - Signaler un abus .Pire les français n 'acceptant pas ce qui existe ont donc lais

    Oui, moneo, y compris dans l'informatique de service qui recrute massivement au Magreb. On peut comprendre les français : travail inintéressant pour des sociétés de service qui ne sont plus que des agences d'intérim.

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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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