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Macron et les chefs d’entreprise : avec le « name and shame » pour traquer les comportements déviants, le Président enlève les carottes. Restent les bâtons

Plus de 100 chefs d’entreprise ont écouté le chef de l’Etat et les plus malins ont compris que le temps des carottes était révolu. Reste le bâton. En vocabulaire moderne, ça s’appelle le Name and shame.

Atlantico Business

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Macron et les chefs d’entreprise : avec le « name and shame » pour traquer les comportements déviants, le Président enlève les carottes. Restent les bâtons

 Crédit IAN LANGSDON / POOL / AFP

Emmanuel Macron a donc invité plus de 100 chefs d’entreprise hier soir à l’Elysée et leur a donné quelques points forts à méditer pendant leurs vacances pour qu’ils comprennent bien que les temps ont changé, du moins du coté du pouvoir politique.

Il y avait là les patrons des très grandes entreprises comme Accor Hôtel, Sodexo, Danone, Renault, mais il y avait surtout des représentants des entreprises moyennes régionales, parce que ce sont ces entreprises régionales dont la France a besoin pour revitaliser ses territoires sinistrés par les délocalisations industrielles.

Les entreprises du CAC 40 sont intéressantes, mais l’essentiel de leurs salariés sont à l’étranger, leur capital est détenu à 80% par des fonds d’épargne gérés par des anglo-saxons, et leur avenir dépend de leur détermination à s’internationaliser. Leur avenir est indexé sur leur capacité à prendre des parts de marché dans les pays émergents. Elles sont françaises, oui, leur service de recherche est en France (merci le crédit impôt- recherche), leur direction générale habite officiellement la France, leur conseil d’administration se réunit dans des salons parisiens, mais leur Comex, lui, travaille le plus souvent par téléconférence entre New-York, Singapour et Shanghai. Résultat, les emplois qu‘ils créent ne sont pas le plus souvent dans l’hexagone. Plus grave, ils ont besoin de sous traitants et beaucoup les emmènent avec eux dans leurs bagages, c’est ce qui s’est passé avec l’industrie automobile qui a rapproché de ses marchés une grande partie de son potentiel de production.

En clair, ce qui intéresse le pouvoir politique, c’est de renforcer les moyennes entreprises sur leur territoire de façon à ce qu‘elles revitalisent les régions très abimées. Les grandes métropoles (Paris, Lille, Rennes, Toulouse, Lyon, Marseille) doivent gérer leur croissance, les territoires, eux, doivent gérer la pénurie d‘activités.

Les chefs d’entreprises présents à l’Elysée n’attendaient pas de recettes miracles. Pour une raison simple, l‘Etat n‘a pas d’argent. Mais ils ne s’attendaient sans doute pas à un discours aussi nouveau dans la bouche d’un responsable politique.

La stratégie que leur propose le président est très simple mais va les obliger à changer quelques-unes de leurs habitudes.

1er point, le pouvoir politique a besoin des entreprises pour créer de la richesse régionale.

2e point, n’ayant pas d’argent public à distribuer, le pouvoir politique peut intervenir sur l’environnement des entreprises. Ce qu’il a commencé à faire : moins de règlementations, plus de flexibilité sur l‘emploi, moins de fiscalité sur l’investissement et le capital.  

Mais s’il y a moins de pression fiscale, les chefs d’entreprise ont très bien compris qu’il y aura moins d’aides et subventions. On va donc débrancher. Donc ça va grogner. Si Bercy ferme des niches fiscales, l’Elysée leur demande en revanche de faire taire les chiens de garde. Ca va être complique quand on en arrivera à supprimer des taux de TVA très bas dans certains secteurs (bâtiment ou restauration hôtellerie par exemple )

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 18/07/2018 - 10:22 - Signaler un abus Macron demande aux

    chefs d'entreprises de prendre des apprentis. C'est tout ce qu'il a trouvé pour réduire le chômage. Les banques Rothschild devraient en faire autant.

  • Par vangog - 18/07/2018 - 17:31 - Signaler un abus Les socialauds ont quasimment doublé le prix des apprentis....

    en retirant leurs exonérations de taxes sociales. Ceci se justifiait, car ils sont en apprentissage en alternance, mais les socialauds-macronistes pervertissent tout! résultat? Ben...les entreprises prennent deux fois moins d'apprentis, économies obligent (elles savent faire, elles!)...

  • Par Deneziere - 18/07/2018 - 21:01 - Signaler un abus Micron a été élu par la comm, il entend régner par la comm

    Il est de moins en moins dans le réel. La parole de l’état est de plus en plus démonétisée et la crédibilité du name&shame n’est pas gagnée. Bien sûr, il va ouvrir en grand les vannes de la démagogie, et les médias aux ordres vont s’empresser d’hurler. Taper sur les entreprises quand on a un déficit d’image auprès du populo, cela peut sembler une bonne idée, en effet. Sauf que... il y a maintenant une loi sur les fake news ! Je me demande si, parmi les 100 capitalistes de connivence qui ont été lécher le derche de Micron, il va s’en trouver un qui aura les cojones d’attaquer l’état sur ces bases.

  • Par ajm - 19/07/2018 - 00:00 - Signaler un abus A côté de la plaque

    On parle de carottes pour les entreprises en France mais de quelles carottes s'agit-il ? L'environnement fiscalo-politico-social en France est, et reste , malgré les réformes modestes en cours, un des plus hostiles dans le monde au " business ". En dehors du credit impôt recherche ( que Bercy tente de rogner de tous les côtés ) il n'y a aucune carotte et je me demande de ce que sont ces soi-disantes subventions ? S'agissant des grandes entreprises invitées par Macron , pj'aimerai qu'on m'explique quelles sont les subventions versées à l'Oreal, Peugeot, LVMH, Total, Renault, Michelin, Carrefour etc...La vérité est que les managements superieurs de ces groupes sont encore très Français et qu'ils maintiennent encore en France sièges sociaux, centres de recherche , et un minimum de dispositif industriel. Mais tout ceci ne tient qu'à un fil. Par ailleurs, ces groupes recrutent surtout en France du personnel de très haut niveau, de type ingenieurs grandes écoles , chercheurs ,spécialistes pointus ..Ce ne sont pas ces groupes qui génèrent en France des emplois pour des jeunes de la diversité des banlieues sauf pour la petite frange qui a pu émergé du chaos de l'éducation nationale.

  • Par ajm - 19/07/2018 - 00:00 - Signaler un abus A côté de la plaque

    On parle de carottes pour les entreprises en France mais de quelles carottes s'agit-il ? L'environnement fiscalo-politico-social en France est, et reste , malgré les réformes modestes en cours, un des plus hostiles dans le monde au " business ". En dehors du credit impôt recherche ( que Bercy tente de rogner de tous les côtés ) il n'y a aucune carotte et je me demande de ce que sont ces soi-disantes subventions ? S'agissant des grandes entreprises invitées par Macron , pj'aimerai qu'on m'explique quelles sont les subventions versées à l'Oreal, Peugeot, LVMH, Total, Renault, Michelin, Carrefour etc...La vérité est que les managements superieurs de ces groupes sont encore très Français et qu'ils maintiennent encore en France sièges sociaux, centres de recherche , et un minimum de dispositif industriel. Mais tout ceci ne tient qu'à un fil. Par ailleurs, ces groupes recrutent surtout en France du personnel de très haut niveau, de type ingenieurs grandes écoles , chercheurs ,spécialistes pointus ..Ce ne sont pas ces groupes qui génèrent en France des emplois pour des jeunes de la diversité des banlieues sauf pour la petite frange qui a pu émergé du chaos de l'éducation nationale.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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