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Lutte contre les paradis et les fraudeurs fiscaux : ce qu'on a vraiment fait depuis la grande crise de 2008

Bercy, qui est soupçonné par un quotidien financier suisse d'avoir allégé sa "liste HSBC" d'évadés fiscaux, vient de retirer de sa liste noire des États non-coopératifs en matière fiscale, deux territoires à l'opacité notoire dans le domaine, les îles Bermudes et Jersey.

Renoncement

Publié le

Les gouvernements successifs alternent entre promesses de fermeté et laisser-faire accru contre les paradis fiscaux. Comment expliquer ces revirements ? Les paradis fiscaux sont-ils indispensables aux États ?

Il y a plusieurs raisons à cette valse-hésitation. La première concerne la pression exercée, notamment par les pays anglo-saxons, pour que le statu quo demeure. Ils sont en cela grandement aidés par les grandes banques internationales et les marchés financiers. La régulation et le contrôle gêneraient les affaires et notamment celles de la City de Londres, qui représente environ 10 % du PIB du pays.

La seconde provient des petits arrangements entre amis sur la plan de la diplomatie internationale.

Par exemple lors de votes dans les instances supranationales, il peut y avoir des échanges de bons procédés : "Tu me laisses tranquille avec mon activité bancaire offshore débridée et je vote pour toi." Ce renvoi d’ascenseur a notamment eu lieu en 2009 lorsque la France a accepté de sortir Hong-Kong et Macao des pays évalués pour la liste des paradis fiscaux de l’OCDE. En contrepartie, la Chine reprenait les échanges commerciaux avec la France, échanges échaudés à la suite des Jeux olympiques de 2008 et l’invitation du Dalaï Lama en France.

Enfin, les gouvernements et les partis dont ils sont issus, comme quelques gouvernants indélicats, peuvent avoir un intérêt direct. Les paradis fiscaux servent en effet parfois aux montages de financement occultes des campagnes électorales. Les États peuvent avoir besoin de ces territoires pour par exemple financer discrètement des "rebelles" dans telle ou telle partie du monde. Quant aux dirigeants directement intéressés, nous pouvons citer les dernières affaires européennes (Cahuzac, Lamblin, Infante d’Espagne,…), le Printemps arabe (Kadhafi, Moubarak, Ben Ali,…), la Françafrique, le Président ouzbek, etc.

Propos recueillis par Pierre Havez

 
Commentaires

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  • Par ABCD - 24/01/2014 - 12:06 - Signaler un abus Le Paradis n'est qu'un non-Enfer.

    Eric Vernier écrit "la fraude fiscale coûte 100 Mds E à la France chaque année, de quoi régler nos problèmes...". Ce chiffre est parfaitement faux, technocratique et bidon. En effet, il suffit de durcir les définitions fiscales pour baptiser «fraude» tout argent SUPPLEMENTAIRE, outre ces 100 milliards initiaux, qui NE rentrera PAS dans les caisses de l’Etat. Ainsi sans changement notable aux flux économiques réels, on obtient aisément une fraude fiscale de 200 Mds E, voire 300 Mds E. On fera alors semblant de se lamenter en rêvant tout éveillé aux merveilleux jours possibles sans cette "fraude". Et de continuer avec les histoires d’arrangements crapuleux entre amis, et autres «horreurs» pour scandaliser le bon peuple. Que devient l’argent de la fraude ? Pour la très grande masse (environ 100%) il est évidemment recyclé profitablement dans l’économie réelle, et non-pas dans le financement de catastrophes humanitaires dont les Etats ont le secret: guerre de Lybie, immigration vers l’Europe (qui saigne les pays émergents de leur population la plus entreprenante) etc. Eric Vernier est «un spécialiste en noircissement de capitaux». Encore un théoricien factice comme il y en a tant.

  • Par walküre - 24/01/2014 - 17:02 - Signaler un abus Les paradis fiscaux sont utiles

    Y compris pour les états. Les gouvernements européens entre autres ne vont tout de même pas se couper les deux bras pour faire plaisir aux communistes et aux idéologues socialos. C'est fou le poignon qu'il y a dans ces îles et ce poignon c'est celui des contribuables. Alors les fadaises sarkoziennes et hollandistes contre les refuges monétaires, c'est pour la galerie.

  • Par mich2pains - 24/01/2014 - 23:53 - Signaler un abus ce qu'on a vraiment fait depuis la crise de 2008 ?

    ABSOLUMENT ...RIEN ! De mémoire , seul un Xavier KEMLIN a osé porter plainte contre le Prési-GLAND Hollandesque pour " Détournement de Fonds Publics " avec sa concubine de TRIERWEILLER ! ILS n'ont pas déclaré la moitié de leur patrimoine au FISC, histoire de ne pas payer l' ISF ! UN seul KEMLIN courageux , parmi 65 millions de larves Françaises , dont je fais parti .... A ce stade là , on ne vaut déjà pas plus qu'un cochon , transformé en charcutaille ......!

  • Par Ilmryn - 25/01/2014 - 02:37 - Signaler un abus Gros problème de logique ou de culture M. Vernier !

    La fraude ne "met pas à genoux les économies", l'argent ne DISPARAIT pas il est juste donné de la main à la main à ceux qui FOURNISSENT des biens SANS passer par la case état. Et encore, il est imposé tout le reste de la chaine et elle est très, très longue en France. . Maintenant dire que L’ÉTAT français irait mal à cause de la fraude alors qu'il prélève 57% des richesses produites (record du monde) est à pleurer de rire. . Ou pleurer tout court sachant qu'après avoir bouffé tous l'argent-des-autres disponible l'état instaure un flicage et un contrôle de plus en plus violent et serré ce qui va finir de tuer l'activité.

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Eric Vernier

Eric Vernier, 46 ans, est Docteur ès sciences de gestion, HDR. Il dirige l’Institut de la Responsabilité Sociétale par l’Innovation (IRSI) à Sup de Co La Rochelle. Professeur de finance, il est Expert APM, Expert Francis Lefebvre, chercheur à l’IRIS et Consultant international. Il a publié plusieurs ouvrages sur le blanchiment de capitaux dont "Techniques de blanchiment et moyens de lutte" (Dunod) et "Fraude fiscale et paradis fiscaux" (Dunod).

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