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"Lors de la dernière crise, nous avions la Chine" comme moteur de la consommation, maintenant nous n'avons plus personne

Le directeur de l'entreprise Siemens a récemment annoncé son pessimisme quant à l'année 2014 et prévoit 7 000 suppressions d'emplois. Problème : aujourd'hui, le monde est orphelin des locomotives économiques qui autrefois tiraient l’économie mondiale vers le haut en temps de crise.

Panne de locomotive

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"Lors de la dernière crise, nous avions la Chine" comme moteur de la consommation, maintenant nous n'avons plus personne

"Le monde manque d'une locomotive économique" a déclaré Peter Löscher, PDG de Siemens. Crédit Reuters

Il n'y avait aucun nuage à l'horizon. Les indices Dow Jones et S&P 500 affichaient des niveaux records, le DAX allemand se rapprochait sûrement des 8 000 points et le Nikkei japonais était en plein essor. C'est alors qu'un éminent représentant de l'économie réelle a gâché ce ravissant tableau.

"Le monde manque d'une locomotive économique" a déclaré Peter Löscher, PDG de Siemens, un des bijoux de la couronne allemande, qui se décrit elle-même comme "géant mondial de l'électronique et du génie électrique" avec 370 000 employés répartis dans plus de 190 pays, et 78,3 milliards d'euros (101 milliards de dollars) de revenus. Une jauge de l'économie mondiale. L'entreprise a donc rencontré quelques problèmes.

 

"Je suis arrivé chez Siemens alors que l'entreprise traversait sa plus grande crise" a expliqué Löscher dans une interview au Handelsblatt. En 2007, il devenait le premier directeur à être embauché depuis l'extérieur en 165 ans d'histoire de l'entreprise. Siemens était alors au cœur du plus grand scandale de corruption jamais connu en Allemagne. Ses bureaux avaient été perquisitionnés en 2006. En 2007, Siemens a été condamné à une amende par la Commission européenne lui reprochant de faire partie d'une entente de plusieurs fournisseurs internationaux pratiquant le truquage d'offres et la fixation des prix. Deux anciens dirigeants ont été condamnés par un tribunal allemand suite à des accusations de corruption. D'autres condamnations ont suivi. À la fin de l'année 2008, le coût des amendes approchait 3 milliards d'euros.

 

Löscher a menée l'entreprise hors de cette mauvaise passe et a investi dans des technologies vertes politiquement correctes pour redorer son blason. Cela a payé, et il a été perçu comme une sorte de héros. Mais Siemens est maintenant sous pression. La société a manqué son objectif de bénéfices pour l'exercice 2012 de plus d'un milliards d'euros. Les revenus ont augmenté d'environ 7%, mais les dépenses ont bondi, et les profits nets ont chuté de 26% pour atteindre 4,5 milliards d'euros. Et c'était le bon temps.

Löscher souhaite économiser 6 milliards d'euros. L'entreprise pourrait supprimer 7 000 emplois en Allemagne. "Programme Siemens 2014", l'a-t-on ingénieusement baptisé. Son principal concurrent General Electric a aussi annoncé un programme de diète. "En ces temps économiques difficiles, il faut agir sur la productivité", a justifié Löscher.

Des temps économiquement difficiles ? Pas du point de vue des bourses aux Etats-Unis, en Allemagne et au Japon qui planent à leur manière omnisciente. Et cette locomotive américaine ? Ne roule-t-elle pas à pleine allure, si l'on s'en tient à l'état des indices Dow Jones et S&P 500 ? Non. "Au mieux, elle titube", affirme Löscher.

"Au mieux" ! Il en sait quelque chose. Siemens USA emploie 60 000 personnes réparties dans tous les États. Mais cette locomotive américaine dont le monde est devenu si dépendant est cassée. Alors il est passé à l'autre locomotive.

 
Commentaires

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  • Par le baron fou - 17/04/2013 - 00:25 - Signaler un abus Guerre en vue

    Afin de parachever ou de stopper la bascule de leadrship de l'occident vers l'Asie, la seule solution est malheureusement la Guerre

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Wolf Richter

Wolf Richter a dirigé pendant une décennie un grand concessionnaire Ford et ses filiales, expérience qui lui a inspiré son roman Testosterone Pit, une fiction humoristique sur le monde des commerciaux et de leurs managers. Après 20 ans d'expérience dans la finance à des postes de direction, il a tout quitté pour faire le tour du monde. Il tient le blog Testosterone Pit.

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