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Lire des histoires aux enfants sur une tablette : temps de lecture... ou temps d'écran ?

Le débat fait rage au sein des pédiatres mais aussi chez les parents pour savoir si apprendre à lire des histoires sur des tablettes numériques doit être classé comme un temps de lecture ou comme un temps de consultation d'écran.

Trois petits cochons numériques

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Lire des histoires aux enfants sur une tablette : temps de lecture... ou temps d'écran ?

Le temps de lecture des enfants sur les tablettes numériques fait débat.  Crédit Reuters

Si plus en plus d’enfants regardent et apprennent à lire des histoires sur les tablettes numériques, parents, chercheurs et pédiatres se demandent si cette lecture numérique doit être classée comme un temps de lecture classique ou au contraire comme un temps de consultation d’un écran. Comment peut-on trancher ce débat ?

Alain Sotto : C’est pas un temps de lecture classique, car ça régit les règles de la lecture sur écran. On a un texte sur une page ou deux mais on n’a pas la structure globale du texte. Cela dépend de ce qu’on lit aussi et apparemment la lecture sur écran est beaucoup plus lente que sur un papier.

Un écran est fait pour les images et un texte, c’est des images de mots. Pour lire, il faut traduire des images de mot en images de sens. Les images d’écrans sont faites pour des très bons lecteurs et la lecture sur écran fatigue. Le temps d’écran se caractérise par la lenteur et le manque de souplesse.

Il faut aussi voir si les parents lisent ou lisent avec leurs enfants. Si les images sont animées sur l’écran, ça peut avoir un avantage ludique et un plaisir partagé, mais laisser l’enfant seul n’est pas une bonne chose. Plus on lit lentement, moins on se fait à l'image. L’enfant qui n’a pas découvert le plaisir de la lecture est forcément un enfant qui ne se fait pas à l'image.  

Dans quelle mesure l’éveil et l’apprentissage de la lecture grâce aux tablettes numériques est-il une bonne chose ? En quoi est-il plus conseillé de le faire via des applications interactives que celles qui ne demandent aucune action particulière ?

Si on parle de l’utilisation de la tablette pour l’apprentissage, c’est très positif. La première utilité, c’est qu’on a un cerveau qui est fait pour l’action plus que pour l’écoute passive, donc l’enfant avec la tablette est dans l’action, il agit et il interagit. Cela désinhibe, il n’a pas à parler haut et il n’a pas peur d’être sanctionné. C’est le côté libre et actif qui est essentiel. Il y a aussi le coté tactile qui est intéressant et on s’aperçoit que la dextérité des petits augmente… L’inconvénient, c’est que l’enfant voudra y jouer comme sa console.

Quels sont les autres moyens numériques intéressants en matière de lecture des histoires ?

Il y a les tableaux numériques connectés et projetés, il y aura bientôt des exercices à faire sur les smartphones. Il y a même une méthode de lecture rapide sur smartphone avec des méthodes d’utilisation.

Alors que l’Académie américaine de pédiatrie conseillait en juin dernier aux parents de ne pas laisser leurs enfants consulter des écrans avant l’âge de deux ans et de ne passer plus de deux heures par jour sur un écran pour les enfants plus âgés, quelles sont aussi les limites à cet éveil et à l’apprentissage via le numérique ?

Cela ne va pas marcher s’il y a une saturation des messages avec trop de numérique et du son. L’enfant doit apprendre une chose après l’autre. L’écran avant 3 ans, ce n’est pas intéressant. Laisser un enfant devant un écran tout seul est nocif. Il faut encadrer les choses et voir ce qu’ils regardent. Maintenant, les enfants cherchent les images via Youtube et la consommation d’écrans augmente.

 
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Alain Sotto

Alain Sotto est psychopédagogue. II s'est spécialisé dans les stratégies d'apprentissage pour enfants et adultes. Il a co-écrit, avec Varinia Oberto, "Le beau métier de parent" aux éditions Hugo Doc.

 

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