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Libéralisme :
ce "grand méchant loup" que si peu
de gens connaissent vraiment

Considéré - à tort selon les libéraux - comme responsable de la crise, le libéralisme n'est guère représenté lors de cette campagne présidentielle. Comment expliquer la perception française si négative de ce courant de pensée ?

Bouc-émissaire ?

Publié le

S'agit-il d'une exception culturelle ou le libéralisme connait-il un désamour similaire chez nos partenaires européens ?

Le XXe siècle a été le siècle de l’interventionnisme étatique sous toutes ses formes — surtout en Europe. Plusieurs idéologies comme le socialisme, le communisme, mais aussi le nazisme et le fascisme sont nées d’un rejet direct du libéralisme. Tout cela a laissé des traces profondes. Les contradictions de nos économies mixtes apparaissent maintenant de plus en plus au grand jour, mais il est difficile pour les populations d’imaginer une alternative. Depuis l’émergence de l’Etat providence il y a plus d’un siècle, plusieurs générations ont grandi avec l’idée que l’Etat sera toujours là pour prendre soin des populations.

Certains cependant commencent à réaliser que ce projet n’est pas viable et que la société ne peut pas fonctionner sans ses bases libérales fondamentales. La France a une histoire complexe avec le libéralisme car elle est aussi la patrie du constructivisme rationaliste cartésien, celle de Colbert, celle des penseurs socialistes du XIXe siècle et de l’alliance de de Gaulle et des communistes aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. Il est certain que plusieurs de nos voisins Européens ont eu et auront moins de mal que nous à se tourner vers des solutions plus libérales. Même l’Italie, pays on ne peut plus latin, s’y met ! La France finira par apprendre, même malgré elle. C’est bien à ça que sert la concurrence internationale…

Qui serait le candidat des libéraux pour la présidentielle ?

Il n’y en a pas, malheureusement. L’antilibéralisme affiché est le point commun de l’ensemble des candidats ! Mais on peut penser que dans les années à venir la situation change. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité porter ce projet de Dictionnaire : il m’a semblé important de donner aux Français les moyens de dépasser les caricatures et de se prononcer, en honnête homme, sur une pensée qu’à l’évidence ils ne connaissent pas.

J’ai donc rassemblé dans cet ouvrage les meilleurs spécialistes du sujet. En présentant, dans chaque entrée, ce que pensent les différentes écoles libérales (des socialistes libéraux aux anarcho-capitalistes en passant par les enfants de Aron, de Tocqueville, de Hayek ou de Rand), nous apportons au débat public une occasion de se réinventer et de découvrir que, sur toutes les grandes questions contemporaines, de la politique monétaire à l’éducation en passant par la guerre, la démocratie, le chômage, le maternage, l’ordre spontané ou le rôle de l’entrepreneur, les libéraux ont une multitude d’idées innovantes et pertinentes. Je crois pouvoir dire que nous avons réussi à faire un ouvrage qui n’a pas son pareil en langue française : c’est un concentré, référencé mais accessible, sur la pensée libérale dans sa totalité.

 

Mathieu Laine est l'un des actionnaires d'Atlantico.

 
Commentaires

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  • Par SteakKnife - 12/04/2012 - 09:33 - Signaler un abus "Evidemment"

    Mathieu Laine essaye de vendre le libéralisme (et son bouquin) partout en en dressant un portrait angélique. Lors de son passage à "Ce soir ou jamais", un intervenant lui opposait la débilité de sa vision du libéralisme en disant en gros, que si un bonus de 16 millions (comme pour le PDG de Publicis - qui au passage emploie 40% de stagiaires mais passons) était justifié, alors dans ce cas, un ouvrier qui touchait 1000€/mois n'avait que ce qu'il mérite, M.Laine a lâché un faible "évidemment" qui est passé complètement inaperçu mais qui m'a beaucoup fait rire. Si c'est ça votre libéralisme, alors non merci.

  • Par Neals - 12/04/2012 - 09:58 - Signaler un abus @SteakKnife

    "Débilité de sa vision du libéralisme ? " Votre problème c'est que vous n'aimez pas le libéralisme, pas que la vision de ML est débile. Avez-vous noté la phrase : Le libéral est défiant envers le pouvoir, quel qu’en soit le détenteur . Le bonus de Maurice Lévy ne me gène pas, parce que je ne suis ni salariée ni actionnaire de Publicis. Je crains beaucoup plus les interventions de l'Etat pour "réguler" ce qu'il va considérer comme des excès que la régulation interne et qui va varier en fonction des électorats à satisfaire. ,J'ai besoin de règles pour fonctionner, mais des règles simples pas des usines à gaz. Enfin voter avec ses pieds c'est possible, pas un modèle fonctionnaire c'est sûr. Il y a d'autres "agences de pub" sur le marché. Les français n'aiment pas le libéralisme parce qu'au fonds ils n'aiment pas la liberté.

  • Par alfan46 - 12/04/2012 - 11:26 - Signaler un abus à steakknife

    J'ai rarement lu un post aussi débile venant d'un ignare total.. Vous ne connaissez pas le libéralisme et vous osez en parler.. Si nous sommes dans une situation de faillite c'est que nous n'avons plus de libéraux en responsabilité depuis de longues années. Bravo Mr Laine, j'ai lu tous vos livres et je vous félicite de votre savoir et votre intégrité intellectuelle.

  • Par locke - 12/04/2012 - 11:39 - Signaler un abus J'ai lu..

    ..il y a des années "Libéralisme" de Pascal Salin. Ce bouquin m'avais scotché. En France on parle d' "ultra-libéralisme" alors que même notre président n'en est pas la queue d'un...c'est juste un opportuniste sécuritaire. Cela dit, ça fait des année que j'attends de voir un véritable mouvement libéral émerger en France, sans résultat. Le nazisme reprendra possiblement le pouvoir ici, mais pas le libéralisme, je le craints.

  • Par letroll - 12/04/2012 - 11:41 - Signaler un abus les truc-en-isme , ça marche jamais ..

    libéralisme, socialisme ... bof !! les théories ça marchent toujours sur le papier, mais il y a un élément incontrôlable qui fait toujours tout foiré : l'être humain qu'il y a au milieu de tout ça. donc ces théories ne fonctionneront que lorsque l'espèce humaine aura été totalement éliminée ou alors il faut juste les considérer comme des outils permettant une réflexion pragmatique sur l'évolution des sociétés humaines.

  • Par laurentso - 12/04/2012 - 12:17 - Signaler un abus Le libéralisme est une idée noble

    face au carcan féodal de l'Etat. Il encourage l'innovation, la création de richesses, le travail, l'élévation sociale. L'ennui, c'est qu'il contient en lui-même les éléments de sa destruction. L'accumulation de bénéfice est créateur d'oligopoles, de monopoles. La recherche du profit est incompatible avec l'investissement dans les biens publics, apprécie mal les enjeux collectifs. Il ne comptabilise pas les facteurs externes de la production. La recherche de rentabilité pousse à une division du travail qui abruti ou stresse les employés. Nulle idéologie gauchiste dans tout ce que j'écris, ces critiques internes du libéralisme, on peut les trouver chez... Adam Smith.

  • Par decheval - 12/04/2012 - 12:20 - Signaler un abus Le libéralisme...

    ... place la charrue avant les bœufs : l'individu est libre, donc la société n'existe pas et l'État ne doit pas intervenir. En réalité, comme le socialisme et toutes les doctrines politiques, le libéralisme est irréel et impraticable.

  • Par uncitoyencommelesautres - 12/04/2012 - 13:21 - Signaler un abus Beurk

    Apologie de la prédation, du règne éternel du toujours plus puissant sur le faible. Renoncement au principe de solidarité à l'origine de l'Humanité (l'humain est un animal social et il n'est pas le seul, de nombreuses espèces pratiques la solidarité). En clair : Beuk.

  • Par triste sire - 12/04/2012 - 14:09 - Signaler un abus écologie

    J'aimerais que les ardents défenseurs du libéralisme m'explique sa compatibilité avec l'écologie, comment peut on être le plus performant, avoir le meilleur bénéfice, être compétitif, et respecter l'environnement sans aucune régulation étatique. Au État-Unis nous voyons bien quel est le résultat: ils mangent des OGM. C'est parce qu'ils ne sont pas encore assez libéraux aux Etats-unis me direz-vous, messieurs et mesdames les libéraux

  • Par Jean-Francois Morf - 12/04/2012 - 14:18 - Signaler un abus Quand il y a magouille ou bien corruption quelque part...

    ...C'est très souvent un libéral qui s'en est mis plein les poches! La mafia est le plus bel exemple de libéralisme!

  • Par ropib - 12/04/2012 - 16:09 - Signaler un abus Faux

    La crise actuelle s'explique par la sortie du phénomène de centralisation des moyens de production. Certes les états en ont été un acteur important, mais ils sont aujourd'hui principalement sous influence des grands groupes industriels dont la taille fait assimiler leurs actions sur l'économie à celles des états. L'origine du capital ne donne aucune signification différentielle à une même action.

  • Par den999 - 12/04/2012 - 16:14 - Signaler un abus Liberalisme...

    Merci M. Laine pour cet article. Article tres interessant... je partage totalement votre analyse sur le fait que notre pays soit au bord du gouffre et certainement pas par exces de liberalisme... il n'y en a pas en France ! Au passage, je ne vois pas beaucoup de pays liberaux actuellement dans le monde... A commencer par les USA qui n'est pas liberal... mais gangrene par son corporatisme ! Au passage, j'aimerais bien lire votre livre, mais au format ebook (Kindle par exemple) et je ne pense pas etre le seul. A bon entendeur...

  • Par VeLiVoS - 12/04/2012 - 16:29 - Signaler un abus L'auteur pratique un autre amalgame entre protectionnisme ...

    et étatisme pour disculper le laissez-fairisme de la mondialisation libre-échangiste européen et en effet, aucun rapport avec le libéralisme. Il ne faut pas en effet confondre libéralisme et "laissez-fairisme de la mondialisation libre-échangiste européen¹" Donc, oser écrire : "Il est urgent de percevoir le libéralisme comme une alternative au mode de pensée actuelle, de droite comme de gauche, et de rejeter les vieilles idées mercantilistes et protectionnistes en montrant que le devenir des hommes se trouve dans l’échange et la coopération libre et volontaire — même et surtout avec la Chine." Oser écrire cela serait dire que les USA qui pratique un protectionnisme au moins monétaire n'ont jamais été libéraux. • Pour Allais, les idées protectionnistes ne sont pas si vieilles que celle de l'auteur de cet article qui en est resté à la théorie des avantages comparatifs de Ricardo qui montre pourtant tous les jours son échec en Europe. Allais lui n'opposait pas libéralisme et protectionnisme mais bon, il n'était sans doute pas aussi brillant que Mathieu Lainé, il n'était que prix Nobel ... d'économie bien peu écouté hélas en Europe. ¹ : Maurice Allais

  • Par Rhytton - 12/04/2012 - 16:30 - Signaler un abus @Jean-Francois Morf:

    Après l'ancien plumitif de Lagarde qui comparait le libéralisme à une ruche (sic), voici que vous la comparez à la Mafia! Or les mafias sont des structures organisées, pyramidales et un esprit de féodalité. Incompatible avec cette volonté d'indépendance. Dans un monde de samourais, les libéraux seraient des ronins.

  • Par Rhytton - 12/04/2012 - 16:36 - Signaler un abus @laurentso

    On confond souvent les termes libéralisme et capitalisme, dans la mesure où le libéralisme est une remise en cause permanente des individus quand le capitalisme amène à la ploutocratie et à ses conservatismes.

  • Par Rhytton - 12/04/2012 - 17:01 - Signaler un abus Le monde libéral idéal? Naaan je plaisante...

    Un monde où tout le monde serait obligé de naître sous X, comme ça tout le monde arrive sans un sou en poche et l'égalité des chances serait rétablie, puisqu'on empêche la reproduction des élites. Bon, allez, ça fera au moins un bon scénario hollywoodien dystopique où un misérable Justin Timberlake tombera amoureux de sa riche maman (Sigourney Weaver) sans savoir que c'est elle, jusqu'au jour où...

  • Par fms - 12/04/2012 - 17:33 - Signaler un abus le libéralisme est la pensée du siècle des lumières...

    certes, mais elle me semble bien dévoyée lorsqu'elle s'applique à l'économie. Voltaire se bat pour la liberté de penser de tous les hommes, il s'oppose de la loi du plus fort (royauté de son époque) que nous vend le libéralisme économique incontrôlée (aujourd'hui). Mais on jettera un coup d'oeil à ce dictionnaire :o)

  • Par cqoiqéqon - 12/04/2012 - 17:54 - Signaler un abus @ vélivos

    merci pour vos posts qui relèvent le niveau... parce que les commentaires sur ces 15 derniers jours... fiouuuu,

  • Par LSD - 12/04/2012 - 21:21 - Signaler un abus Gorbatchev disait

    "La France est le dernier pays communiste,qui a réussit" Comme il avait raison, l etatisme doublé du socialisme suinte de toutes nos pores. Comme le montre l article on a volontairement oublié un pan de notre histoire pour se complaire dans une autre vision, celle qui nous rassurerait, hors ca n est pas le cas puisque les francais sont les plus pessimistes

  • Par jean-paul - 12/04/2012 - 22:03 - Signaler un abus vous auriez mieux fait d'éviter rand, Durkheim, oui!

    Ayn Rand est vraiment la folie qui ne sert à rien, sa "philosophie" a été rejeté avec raison par tous les philosophes. Par contre, Durkheim aurait été une addition intéressante. Il était socialiste, et refusait les idées de Spencer, mais son "cult de l'individu", qui prone la liberté et les droits de l'individu avant tout, peut être une idée intéressante, et même complémentaire, pour un projet libéral.

  • Par SteakKnife - 13/04/2012 - 04:25 - Signaler un abus La loi du plus fort

    Pour résumer, le libéralisme économique c'est la liberté de chier librement sur la gueule de ses concurrents. Tout ceux qui croient aux propos ignobles de Mathieu Laine, si vous gagnez 12.000 par an, soit 240 fois moins que certains patrons du CAC40, c'est que d'après ce monsieur, vous valez 240 fois moins que ces personnes. Continuez de l'applaudir de vos deux mains si vous êtes d'accord avec ceci.

  • Par De France et de plus loin - 13/04/2012 - 16:26 - Signaler un abus Jouer sur les mots ne servira

    Jouer sur les mots ne servira pas la cause du libéralisme. De fait, le terme "libéralisme" renvoie aujourd'hui à une théorie économique. Il suffit d'écouter ceux qui s'expriment au nom de ce libéralisme. La liberté et la responsabilité sont des objectifs qu'il faut évidemment poursuivre en permanence mais sans perdre d'esprit que dans la réalité, ils n'existent pas totalement. Voilà pourquoi il faut savoir doser libéralisme et intervention de l'état. Les Etats les plus prospères et les plus agréables du monde l'ont fait (scandinavie et France dans une moindre mesure)

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Mathieu Laine

Mathieu Laine dirige le cabinet de conseil Altermind.

Essayiste, il a publié entre autres le Dictionnaire du Libéralisme (Larousse, Avril 2012), ainsi que le Dictionnaire amoureux de la liberté (Plon, Janvier 2016).

Il est aussi l'un des actionnaires d'Atlantico.

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