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Libéral, pro-riches, rigoureux... ou pas ? Voilà à quoi ressemble le PLF 2018 passé au crible de la comparaison avec le budget de nos voisins

Mardi 24 octobre, le PLF 2018 a été adopté dans sa première partie. Au programme, dégrèvement de la taxe d'habitation et contractualisation sur la baisse des dépenses des collectivités.

L'assiette du voisin

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Libéral, pro-riches, rigoureux... ou pas ? Voilà à quoi ressemble le PLF 2018 passé au crible de la comparaison avec le budget de nos voisins

Atlantico : Mardi 24 octobre, les députés ont adopté, à une large majorité, la première partie du PLF pour 2018, ainsi que le projet de loi de programmation des finances publiques. Les deux mesures phares - le dégrèvement massif de taxe d'habitation et la contractualisation sur la baisse des dépenses des collectivités - sont ainsi confirmées. Comment peut-on caractériser le budget français en le comparant aux budgets d'autres grandes nations, comme l'Allemagne, Italie, l'Espagne, le Royaume-Unis, ou les Etats-Unis) ?

Pascal De Lima : C’est un travail de comparaison extrêmement compliqué. Grosso modo il faudrait être capable de savoir si un pays est dans une phase basse du cycle économique ou haute puis voir ensuite si le budget est expansif ou restrictif. En règle générale on souhaite dans l’idéal que lorsque le cycle est haut, on s’autorise un peu plus d’économies, et à contrario lorsque le cycle est bas, il faudrait relancer pour ne pas étouffer la poule aux œufs d’or. Considérons un taux de croissance moyen sur la zone euro pour 2018 de 1,8%, des déficits de 1,5, et une dette de 89%, tout cela rapporté au PIB.

La croissance de la France devrait se situer entre 1,7 et 1,9% en 2018. On devrait donc s’attendre en période de reprises à plus d’économies or ce n’est pas le cas. L’occasion perdue de résorber les déficits. C’est une première chose que l’on peut dire. Ceci peut paraître de prime abord inquiétant car la France (avec l’Espagne) n’est toujours pas dans les clous de Bruxelles contrairement aux autres pays européens. Si l’on doit ajouter à cela qu’en gamme de production l’Espagne a d’ores et déjà rattrapé la France…enfin, aujourd’hui la France peut se vanter de taux d’intérêt nominaux des bonds à 10 ans < aux taux de croissance, la règle d’or pour que la croissance ne coûte pas trop chère à financer. Le sentier de dette est donc raisonnable même s’il reste élevé. Mais infine, si la croissance s’approche de la moyenne de la zone euro, le déficit et la dette restent supérieurs.

De l’Espagne parlons en car son rattrapage est impressionnant avec environ 3% de croissance en 2017 et 2,4 de prévision sur 2018. Un gros effort a été entrepris sur le déficit structurel c’est-à-dire hors conjoncture. Cependant comme la France, son déficit dépasse toujours les 3%. Aujourd’hui l’Espagne peut aussi se vanter de taux d’intérêt nominaux des bonds à 10 ans < aux taux de croissance. Le sentier de dette est donc raisonnable même s’il reste élevé. La situation est proche de celle de la France. Ici, l’Espagne surperforme la zone euro en termes de croissance mais pas en termes de déficit et de dette.

Pour l’Italie, avec une croissance aux alentours de 1% en 2017, le déficit approche chaque jour de l’équilibre et ce, malgré les tremblements de terre. L’Italie pourtant inquiète : ses taux d’intérêt nominaux des bonds à 10 ans > aux taux de croissance. Avec une dette publique dépassant déjà les 130% du PIB on a de quoi s’inquiéter sur l’avenir. Mauvais candidat de la croissance en zone euro, elle figure parmi les bons candidats en terme de déficit, mais en queue de peloton en termes de dette.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 25/10/2017 - 11:34 - Signaler un abus L’Espagne libérale intelligente) fait 2 fois mieux que la France

    gauchiste...et la France gauchiste ne sait toujours pas réaliser d’economies...rien que du banal, comme avant, sous Sarko-le-tricheur et Flamby-le-menteur...la grande famille de Macron!

  • Par ajm - 25/10/2017 - 23:48 - Signaler un abus Grèce vertueuse.

    Même la Grèce a un excedent budgétaire primaire ( avant le service de la dette) superieur à 3% du PIB.

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Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation, knowledge manager et enseignant à Sciences-po proche des milieux de cabinets de conseil en management. Essayiste et conférencier français  (conférences données à Rio, Los Angeles, Milan, Madrid, Lisbonne, Frankfort, Vienne, Londres, Bruxelles, Lausanne, Tunis, Marrakech) spécialiste de prospective économique, son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'ADL et Altran 16 000 salariés, toujours dans les départements Banque-Finance...), il fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, il devient en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management.

Diplômé en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (PhD), de Panthéon-Sorbonne Paris 1 (DEA d'économie industriel) et de Grandes Ecoles de Commerce (Mastère spécialisé en ingénierie financière et métiers de la finance), il dispense actuellement à Sciences-po Paris des cours d’économie. Il a enseigné l'Economie dans la plupart des Grandes Ecoles françaises (HEC, ESSEC, Sup de Co, Ecoles d'ingénieur et PREPA...).

De sensibilité social-démocrate (liberté, égalité des chances first et non absolue, rééquilibrage par l'Etat in fine) c'est un adèpte de la philosophie "penser par soi-même" qu'il tente d'appliquer à l'économie.

Il est chroniqueur éco tous les mardis sur Radio Alfa, 98.6FM, et chroniqueur éco contractuel hebdomadaire dans le journal Forbes.

 

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