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La levée de bouclier allemande face au potentiel rachat d’Opel par PSA révèle-t-elle l’angoisse de Berlin quant à la viabilité de son modèle de développement économique ?

Le mardi 14 février, le constructeur français PSA déclarait envisager une "acquisition potentielle" de son concurrent Opel, propriété de General Motors. Suite au communiqué, les réactions allemandes ont été vives, entre indignation face au secret des négociations et inquiétudes sur le front de l'emploi, Opel employant 20.000 personnes sur le territoire allemand.

Auf wiedersehen

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Faut-il y voir un signe de la nécessité de changement de modèle économique ? En quoi une telle vision reposant sur le "tout exportateur" pourrait ne plus être à l'ordre du jour dans un contexte politique marqué par le protectionnisme de Donald Trump ou la décision britannique de sortie de l'Union européenne ?

L'Union européenne a totalement changé de dynamique. Au cours des années 2000, l'Union s'est incarnée dans son développement territorial, absorbant des pays un à un. Depuis, les choses ont changé. Les Russes ont posé une limite à l'Est, la Turquie s'éloigne de jour en jour, et le Royaume Uni va sortir de l'ensemble. D'une phase d'expansion, l'Union est passée à une période de stagnation voire de régression. Elle est donc sérieusement menacée. Pour faire face à cette régression, l'Union européenne pourrait s'appuyer sur ses forces.

L'Union européenne dispose d'un marché intérieur gigantesque, en excluant le Royaume Uni, la barrière des 500 millions d'habitants reste proche. Or, ce marché intérieur est ravagé par un chômage de masse qui sévit depuis près de 10 ans sur le continent. C'est donc en soutenant ce marché, en recréant des emplois, c’est-à-dire en abandonnant ce modèle mercantiliste allemand, que l'Europe peut retrouver des forces, aussi bien en termes économiques qu'en termes politiques. En poussant le continent à un niveau d'activité conforme à son plein potentiel, les investisseurs seront présents, ce qui permettra de soutenir l'innovation, la recherche, c’est-à-dire toutes les composantes de la croissance à long terme. Cette discussion doit avoir lieu, il s'agit d'ailleurs du seul réel enjeu de ces prochaines années pour l'Union européenne. 

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 17/02/2017 - 07:57 - Signaler un abus innovation et recherche

    et non pas que la consommation des produits...des autres. Merci M Goetzmann. Merci aussi pour le ton moins Hansi, on les aura les "boches" des commentateurs habituels. Les Allemands aussi savent que le mercantilisme a atteint ses limites!

  • Par Olivier K. - 17/02/2017 - 09:50 - Signaler un abus En tant que teuton

    je peux vous dire que les Français sous estiment combien le teuton peut être obtu, surtout quand il a tort!!

  • Par Deudeuche - 17/02/2017 - 10:09 - Signaler un abus @Olivier K

    Oui en effet!

  • Par Alain Proviste - 17/02/2017 - 10:10 - Signaler un abus NON-DIT PSYCHOLOGIQUE

    Il y a vraisemblablement aussi une autre raison psychologique aux réactions allemandes : ils pensent déchoir si des Français (=latins un peu cafouilleux pas très sérieux) rachètent une de leurs grosses entreprises, ça ne va vraiment pas dans le sens de leur complexe de supériorité. Quand c'est des Yankees ça doit moins les défriser, souvenir de la ratatouille prise en 45 oblige entre autres raisons.

  • Par Deudeuche - 17/02/2017 - 10:59 - Signaler un abus La contre performance française de ses 5 dernières années

    a renforcé ce sentiment allemand que la France est remplie de loosers autoritaristes crypto marxistes ou protofascistes. Juste bonne à faire du Luxe à Paris et fréquentables par l'élite bobo de Cologne ou Berlin.

  • Par legeorgenri - 17/02/2017 - 11:41 - Signaler un abus Bah ,on peut comprendre,

    Opel c'est quand même un petit morceau du patrimoine allemand , alors voir des 'francouzes" mâtinés de chinois venir tripatouiller dans leur jardin ,c'est un peu dévalorisant n'est pas ! Ça peut s'appeler du nationalisme mais outre rhin c'est un pu gênant !

  • Par ikaris - 17/02/2017 - 13:18 - Signaler un abus L'article s'éloigne un peu du titre

    On aurait aimé un peu plus de sources pour parler des ces cris d'Orfraie pour pouvoir rapprocher un peu plus les donneurs de leçon des plaignants. C'est amusant de constater qu'en plus GM Europe n'est même pas allemande et assez paneuropéenne pour le coup ... qu'est ce que ça serait si PSA voulait racheter BMW ! Sinon, la thèse de l'Allemagne "passager clandestin de l'Europe" est connue ... et un peu contestée.

  • Par Danper - 17/02/2017 - 14:15 - Signaler un abus Français, de quoi vous plaignez-vous?

    Les entreprises françaises ont racheté en Europe un tas d'entreprises avec l'argent de l'Etat français qui en général s'oppose à tout achat d'entreprise française par l'étranger. Dernier exemple les chantiers navals... Il est vrai que les Français ont le même réflexe que les Allemands surtout si l'acheteur est Italien donc peu digne de respect. Les Allemands se comportent évidemment de la même façon arrogante vis-à-vis des Français. C'est ça l'Europe, surtout avec des états tricheurs et abusant de leur force.

  • Par Pourquoi-pas31 - 17/02/2017 - 20:08 - Signaler un abus La France a raison

    de défendre son dernier gros chantier de construction navale, quand on sait que l'italien, Fincantierri va apprendre aux chinois comment construire des navires de croisières, les derniers types de navires qu'ils ne savent pas construire économiquement dans des délais raisonnables. Fin des chantiers de l'atlantique = 6 à 7000 chômeurs ! L'Allemagne devrait comprendre que les prises de participations ne vont pas que dans un sens unique. Quand Sarkozy a fait cadeau d'une part d'Airbus industrie pour que les deux pays soient à égalité dans cette entreprise, Angela n’a pas refusé et depuis, l’Allemagne s’est largement servi dans le potentiel industriel de EADS, sans que nos journalistes à la noix ne relèvent l’événement. Coté pillage, la France est surtout victime de son manque d’enthousiasme pour une industrie florissante.

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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