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Lettres de cadrages aux ministères : le gouvernement mise tout sur la fée croissance pour sa stratégie budgétaire

Le mois de juillet est le mois des recadrages budgétaires. Des ajustements qui parfois sont douloureux pour les ministères, notamment ceux de la cohésion des territoires et du travail.

Recadrage

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Lettres de cadrages aux ministères : le gouvernement mise tout sur la fée croissance pour sa stratégie budgétaire

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Atlantico : Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics a pu annoncer certains arbitrages concernant le budget 2019, notamment au travers de la baisse du budget du ministère du travail et de l'emploi (- 13.5%​), ou de celle du ministère de la cohésion des territoires (-7%). Au regard des arbitrages réalisés, comment évaluer ces arbitrages ? Si l'ambition semble avoir été revue à la baisse, peut-on dire que ces choix sont finalement réalistes ? 

Philippe Crevel : Le mois de juillet est celui des lettres de cadrage budgétaire. Il est celui des grimaces et des sourires au sein des cabinets ministériels. Compte tenu des éléments d’information disponibles qui peuvent être amenées à évoluer en fonction des arbitrages qui seront rendues d’ici le 20 août, les deux ministères mis le plus à contribution sont ceux de la cohésion des territoires et du travail avec des baisses respectives de 7 et 13,5 %. Ces deux ministères ne sont pas les seuls. En effet, selon une note remis aux parlementaires, neuf « missions » enregistrent une diminution de crédits diminuer par rapport au budget prévu pour l'année 2018.

En  revanche, dix-neuf missions devraient enregistrer des hausses de crédits, quand une mission est stable en crédits. Ces variations sont en « volume » et non en valeur. Elles ne prennent pas en compte l’inflation, prévue à 1,75% l'an prochain.

Justement, le premier point de fragilité de ce budget provient une fois de plus des prévisions économiques retenues par le Gouvernement. Pour la croissance, il table sur + 2 % en 2018 et + 1,9 % en 2019 quand l’Insee a revu à la baisse la prévision pour 2018 à 1,7 % et ne prévoit pas plus de 1,8 % pour 2019.

Deuxième faiblesse, face à l’accumulation des dépenses, des promesses en tout genre, le gouvernement est sur la corde raide. En effet, il est contraint de compenser le manque à gagner de 6,5 milliards d'euros avec la suppression de la taxe d’habitation, d’intégrer le coût de la dette de la SNCF qui sera reprise, soit environ deux milliards d'euros par an. A cela s’ajoute le futur service civique. Le Gouvernement discrètement enterre l’idée de revenir à l’équilibre rapidement. Il vise au mieux l’équilibre du budget en 2022 quand il prévoyait, l’année dernière, un excédent budgétaire de 0,3 % du PIB.

Troisième faiblesse, le gouvernement diffère dans le temps les choix difficiles. Le pouvoir n’en finit pas de reporter les ajustements structurels. Ainsi, les réductions des effectifs ne sont pas réellement tranchées. Logiquement 120 000 suppressions d’emplois publics sont prévues d’ici à 2022, dont 70 000 dans les collectivités locales et 50 000 au sein de l’Etat. Dans le cadre du budget 2018, 1.600 suppressions de postes avaient été décidées. Il ne restera que trois ans pour atteindre l’objectif des 120 000 sachant en outre que la dernière année est gelée pour raison électorale. La réponse est attendu ans le rapport Cap 2022 qui ne devrait être publié qu’au mois d’octobre prochain.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 13/07/2018 - 08:38 - Signaler un abus Dix-neuf missions enregistrent une hausse de budget...

    alors que seulement neuf missions enregistrent une baisse...ça va! Le socialisme est respecté par Macrouille...lui aussi aura sa médaille de la dépense publique!

  • Par Mingus - 13/07/2018 - 10:55 - Signaler un abus hollande bis

    Macron = Hollande toujours les même coups foireux ....

  • Par Citoyen-libre - 13/07/2018 - 11:02 - Signaler un abus On veut la suite

    Et la réforme du showbiz, elle est pour quand ? Tous ces théâtres subventionnés, avec des programmes affligeants de médiocrité, tous ces feuilletons de télé sur le service public, avec des scénarios écrits par des enfants du CM2, etc. Et ces intermittents du spectacle (et du travail), qui représentent 80 % de l'aide apportée aux chômeurs. Réveille toi gouvernement y a du boulot. Et les impôts ça suffit. Paie tes diplômés. La banlieue et ses tordus, on s'en fout. Ce sont les diplômés de ce pays, qui sont notre avenir. Leur salaire mérite 50 % d'augmentation.

  • Par Poussard Gérard - 13/07/2018 - 11:39 - Signaler un abus Petit Erdogan fait du hollande à grande échelle

    puisqu'il va creuser le déficit public au lieu de s'attaquer aux dépenses de l'état, supprimer des organismes para publics inopérants tels le Cese, fusionner des ministères ..supprimer des postes de fonctionnaires et réduire leur train de vie.. Pourquoi ne réduisent-ils pas leur salaire de 10% comme l'a fait Wauquiez en région, pourquoi ne s'attaquent-il pas à leurs privilèges logement, serviteurs, déplacements?? Sommes nous toujours en république ou dans une dictature monarchique?? Pourquoi ne pas s'inspirer de l'allemagne ou de l'angleterre??

  • Par pierre de robion - 13/07/2018 - 22:53 - Signaler un abus Il aurait tort de se gêner,

    puisqu'aux dernières nouvelles ses listes feraient 34% aux européennes!

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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