Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 18 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Laurent Wauquiez et l’union des droites : (être obligé d’) y penser toujours, n’en parler jamais ?

En dépit des appels qui lui sont adressés de la part de certaines personnalités politiques se situant à la droite du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez a maintenu jusqu’à présent le silence sur sa position vis-à-vis d’une possible « union des droites » à construire. Un silence qui nourrit bien des ambiguïtés et donne à penser si LR saura manœuvrer suffisamment habilement pour s’extraire en gagnant de la dangereuse tectonique des plaques dans laquelle la droite est engagée.

Avenir

Publié le
Laurent Wauquiez et l’union des droites : (être obligé d’) y penser toujours, n’en parler jamais ?

 Crédit PHILIPPE DESMAZES / AFP

Atlantico : Au cours des années 1970, le Parti socialiste de François Mitterrand avait su parfaitement mettre en œuvre la stratégie du « programme commun » pour renverser le rapport de force défavorable qui le liait au Parti communiste, et finalement conquérir le pouvoir en 1981. Suivant l'éventualité d'un rapprochement futur des droites, les Républicains auraient-ils les moyens de prendre le dessus dans une telle alliance ?

Christophe Boutin : C’est le cas d’école que tout le monde cite, la manière dont François Mitterrand aurait su conquérir le pouvoir avec l’aide du Parti communiste français – et des radicaux, menés par Robert Fabre, mais infiniment moins puissants électoralement parlant – liant l’ensemble dans le Programme commun de 1972, pour peu à peu épuiser le PCF, le conduire à des contradictions entre sa participation au pouvoir après 1981 et son idéologie et ainsi faire du PS le parti autour duquel la gauche allait s’organiser… jusqu’en 2017.

Maintenant, attention à ne pas aller trop vite. Il est vrai qu’après 1972, pour la première fois depuis 1945, le PS prend électoralement le pas sur le PCF. Vrai aussi que le PCF entamera après 1981 une longue descente aux enfers. Mais tout n’est pas uniquement le résultat du machiavélisme du Florentin charentais. Dans les années soixante-dix, les régimes communistes en place dans le monde sont clairement perçus par de plus en plus de gens, et pas seulement par les « agents de la CIA », comme totalitaires, et leurs millions de morts ne peuvent plus être écartés d’un  revers de la main comme des dommages collatéraux d’une marche vers un avenir radieux. Or la direction du PC(F) est toujours inféodée à Moscou. Par ailleurs, les étudiants révoltés de 1968, qui investissent peu à peu le monde des médias, où ils vont devenir omnipotents, considèrent pour beaucoup que ce même PCF les a privés de leur révolution et ne le lui pardonnent pas. Quant à la base électorale, les ouvriers communistes, entre déclin économique et concurrence de l’immigration, s’effacent peu à peu. Sans ces éléments, le Programme commun et les manœuvres de Mitterrand n’auraient pas eu les mêmes effets.

Il faut donc la conjonction d’un politique finaud et de circonstances favorables pour rejouer la scène. Or on chercherait en vain les deux dans l’hypothèse de LR utilisant « l’union des droites » pour reprendre le pouvoir d’abord, marginaliser le RN ensuite, et s’installer enfin comme la seule force de droite.

Que la droite institutionnelle, c’est-à-dire les partis qui y sont classiquement classés, soit en capilotade apparaîtra comme une évidence au plus inculte commentateur. Leur incapacité à nettoyer leurs écuries d’Augias et à renvoyer certaines badernes à leur néant est déjà en soi un problème. Mais le hiatus qui continue à exister entre les discours de nombre de ses dirigeants et les attentes de ses électeurs, un écart qui a même tendance à se creuser, et l’incapacité à bâtir un programme qui ait du sens et sache répondre aux angoisses clairement exprimées par les Français, en est un plus grave encore.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Poussard Gérard - 07/10/2018 - 10:08 - Signaler un abus Qu'il reste silencieux car les journaleux

    T certains politiques comme bertrand ali jupoe, estrosi pecresse L'attendent pour le crucifier qu'elle que soit sa réponse.. . C'est un président de region qui oeuvrent pour conserver nos valeurs, limiter les impôts, sauver l'aéroport, instaurer la clause Molière (remise en cause) des portiques dans les lycées, imposer les 35h aux agents qui z n'en faisaient que 32. C'est le seul capable de faire une Europe des nations stopper l'immigration , enfermer les fichės S, proposer un deal aux bénéficiaires du Rsa contre un travail...

  • Par lili57 - 07/10/2018 - 11:23 - Signaler un abus Poussard gérard

    je partage votre point de vue !!!

  • Par mymi - 07/10/2018 - 12:36 - Signaler un abus Poissard gerad

    100% d'accord avec vous

  • Par vangog - 07/10/2018 - 12:40 - Signaler un abus En même temps...si Wauquiez avait le courage de proposer...

    ce qu’une majorité d’electeurs suggèrent, qu’arriverait-il?...les centristes-girouettes seraient atteints de danse de Saint-Guy pendant deux semaines, puis finiraient par s’apaiser...il y a ceux qui partiraient, probablement définitivement de la politique comme Juppé-la-grande-mosquée, ceux qui rejoindraient LREM comme Estrosi-les-vingt-mosquées et Bertrand-gnan-gnan, ceux qui resteraient dans un parti UDI en décomposition, Pecresse-la-traitresse et Leonetti-l'indécis, et les autres...les plus nombreux. Et LR-RN pourraient réaliser, comme en Italie, une coalition très majoritaire et très gagnante. Il suffirait de s’entendre sur les maroquins: la Police et l'armée aux RN, ça serait déjà pas mal pour remettre les banlieues dans la République et fermer les frontières...et les LR pourraient réaliser leur programme économique de baisse d’impôts et réforme de l’etat PS-macroniste, sous contrôle des RN...alléchant, non?...

  • Par cloette - 07/10/2018 - 13:39 - Signaler un abus Une page se tourne

    La mouvance Pecresse, Estrosi, Juppé, etc, est hors-jeu, c'est assez récent, mais semble définitif, c'est Wauquiez qui a le vent en poupe, malgré les apparences et les difficultés .

  • Par Ganesha - 07/10/2018 - 13:48 - Signaler un abus Lisez-donc cet article !

    Mr. Boutin nous propose dans cet article de plus de trois pages, de nombreux arguments logiques et cohérents qui démontrent que les Ripoux-Blicains ne sont plus qu'une épave, une coquille vide, qui n'est plus capable de nous proposer un programme crédible, face aux défis du désastre que nous vivons actuellement. Mais quelques abrutis viennent nous reciter leurs carabistouilles habituelles !

  • Par Ganesha - 07/10/2018 - 14:36 - Signaler un abus Critère de Décision

    La question essentielle, à laquelle il faudra absolument obliger Laurent Wauquiez de répondre avant le vote : les élus de sa liste continueront-ils de siéger dans le groupe PPE au Parlement Européen ? Dans ce cas, le successeur de JC Juncker, le prochain président de la Commission, sera un allemand choisi par Angela Merkel !

  • Par Septentrionale - 07/10/2018 - 15:52 - Signaler un abus vangog votre commentaire est rempli de bon sens

    Pour l'instant Laurent Vauquiez doit s'occuper de sa région qu'il tient bien. Il doit laisser le petit monde médiatiK subventionné, sans honneur, se perdre dans ses pia-pias obsessionnels de socialops & co contre une Droite solide dans ses fondations non-macron compatibles. Laisser ce petit monde socialop & co se fourvoyer dans ses champs vides où siffle leur rengaine indigente et torve "extrême-droite" "droite dure" "populisme". La présidentielle n'est pas encore dans une actualité officielle Laurent Wauquiez le sait bien.

  • Par ajm - 07/10/2018 - 15:53 - Signaler un abus Épaves.

    Les " répoublicains" seraient collectivement une épave mais le RN n'est pas capable de récupérer auprès de ses partisans 2 millions d'euros pour éviter la faillite ? 2 millions c'est 20 euros pour 100 mille donateurs pour un mouvement qui est censé rassembler 6 ou 7 million d'électeurs au premier tour. Il faudrait croire que ces électeurs ne sont pas très convaincus ou seraient tous des clodos ou des épaves, économiquement au moins ? En tout cas, cela augure mal des capacités managériales de MLP.. Les adhérents de LR ont apporté, eux, largement plus de 2 millions.

  • Par vangog - 07/10/2018 - 21:12 - Signaler un abus @ajm Qu’en savez-vous?...

    Vous êtes à la place des résistants RN pour savoir autant de choses que j’ignore , moi qui suis dedans?...ce que je peux toutefois vous révéler, c’est que tous les résistants ont été mis à contribution . La priorité est de payer les salaires des permanents, ce qu’a permis la mansuétude des juges, ramenant à un million d’euros la « punition pré-jugement » du RN. Nous faisons tous des efforts et nous y arriverons, vous verrez!

  • Par vangog - 08/10/2018 - 00:45 - Signaler un abus 48,5% pour Jair Bolsonaro au premier tour!

    La gauche et l’extrême-gauche brésiliennes, mêlées à divers scandales de corruptions des trente dernières années et en échec économique sont à la ramasse...il était temps!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€