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Les Latinos : le facteur oublié de l’équation présidentielle américaine

Trump additionne les succès. Avec le Nevada, il vient de signer sa troisième victoire consécutive. Et quelle victoire ! 45% des votes, contre 24% à son premier poursuivant, Marco Rubio.

Trans-amérique Express

Publié le - Mis à jour le 17 Mars 2016
Les Latinos : le facteur oublié de l’équation présidentielle américaine

Il est beaucoup trop tôt pour que Donald Trump ne crie victoire. Il n’a accumulé que 82 délégués sur les 1 200 nécessaires à sa nomination. Mais les choses vont plutôt bien pour lui.

Toutefois dans le tohu-bohu de ses succès tapageurs, une double révolution est en train de passer inaperçue aux Etats-Unis. A savoir que la communauté hispanique détient la clé du scrutin de novembre et que le prochain président pourrait bien être un « latino » !

Une première historique et le reflet d’un bouleversement de la société américaine en cours depuis un demi-siècle.

Il n’a échappé à personne que Trump ne faisait pas l’unanimité parmi les dirigeants du parti républicain. Du fait de son caractère impérieux et abrasif. Et surtout du fait que tous les sondages le donnent perdant face à Hillary Clinton en novembre ! Clairement les pontes du GOP souhaiteraient que l’un des deux principaux challengers de Trump, Ted Cruz et Marco Rubio, l’emporte. Or tous les deux sont des « latinos », c’est-à-dire des Américains d’origine hispanique. Cruz et Rubiosont d’origine cubaine. Si l‘un deux venait à emporter la nomination – ce qui reste mathématiquement très possible – les Etats-Unis auraient pour la première fois de leur histoire un candidat et peut-être un président d’origine hispanique…

Les Etats-Unis comptent 58  millions de citoyens et résidents « hispaniques ».  Soit 18% de la population. Deux fois plus qu’il y a vingt ans. Parmi eux, vingt- huit millions sont en âge de voter. C’est dix millions de plus que le nombre de noirs Américains ayant voté en 2012.

Les « hispaniques », ou « latinos », sont les Américains originaires d’un pays dont la langue est l’espagnol. Il s’agit principalement des immigrants venus d’Amérique centrale et latine, ou des Caraïbes. Les Mexicains sont le contingent le plus importants puisqu'ils représentent à eux seul près des deux tiers des hispaniques (64%). Viennent ensuite les Portoricains (9%), les cubains (3,5%) et les Salvadoriens (3%).

Ils sont présents sur tout le territoire américain, mais particulièrement dans le sud-ouest, la Floride et quelques Etats du nord-est. En Californie, les latinos sont déjà la première des minorités. Devant les « blancs d’origine européenne ». Ils ont conquis tous les échelons du pouvoir, sauf le poste de gouverneur, pour l’instant. Même chose dans de nombreux comtés du Texas. La ville de Laredo, au Texas, détient la plus forte proportion d’hispaniques du pays, 96%... Ainsi plus de cent-cinquante ans après la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique qui avait débouché sur l’annexion des territoires du Texas, du Nouveau Mexique, de l’Arizona, du Nevada, de l’Utah et de la Californie, par les Etats-Unis, les Mexicains sont en train de reconquérir et de re-coloniser ces terres, sans armes, mais avec leur pieds…

 
Commentaires

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  • Par Texas - 24/02/2016 - 18:21 - Signaler un abus Quand même paradoxal

    Ted Cruz ( Texas ) et Marco Rubio ( Floride ) d' origine hispanique , sont battus dans un Etat qui totalise environ 27% de latinos . La proportion au Texas est d' environ 38 % et en Floride de 24% de Latinos . Si D.J. Trump fait le même score au Texas , on voit mal ce qui pourrait l' arrêter et les caciques du G.O.P finiront peut-être par manger leurs chapeaux .

  • Par adroitetoutemaintenant - 24/02/2016 - 19:05 - Signaler un abus Analyse typiquement élitiste

    La grande majorité des votants sont des petits blancs dégoutés et délaissés depuis longtemps par l’élite politique. Ceux-là voteront en masse pour Trump, beaucoup pour la première fois car ils s’abstenaient. Trump leurs plait car il parle comme eux et est un des rares candidats à ne pas avoir un panneau « A Vendre » autour du cou. Les hispaniques, légaux ou illégaux, ne rêvent que d’une chose : qu’on arrête la vague d’immigrés illégaux qui vient leur piquer leur boulot et les tuer et les voler. En effet, comme les noirs américains qui sont tués à plus de 95% par des noirs, les hispaniques souffrent du même problème. Donc ils veulent que ça s’arrête mais ne le disent pas ouvertement car ils seraient mis au ban de leur société, des medias et des démocrates. Ils voteront pour Trump, peut-être pas en masse, mais suffisamment pour le faire gagner. Quant à la mère Clinton Trump la roulera dans sa merde et il a d’ailleurs déjà annoncé que lui Président il la fera juger.

  • Par clint - 24/02/2016 - 19:32 - Signaler un abus La notion de "latinos" est trop floue pour définir un vote !

    Ce nest pas parce qu'ils parlent tous espagnol chez eux et entre eux qu'ils sont unis. Les cubains sont très souvent considérés comme des privilégiés par les autr es "sud américains" et eux-mêmes ils se considèrent comme des émigrants politiques en opposition aux migrants économiques. Rubio a été très critique sur le rapprochement entre Obama et Cuba. C'est un ancien joueur de foot (le vrai, pas le soccer !) qui a souvent changé de religion mais qui apparemment est revenu au catholicisme. En Floride, par exemple dans les églises il y a des messes en espagnol et en anglais : ce n'est pas parce qu'ils sont cathos qu'ils se mélangent facilement !! Le sud est très hispanophone, seuls les noirs ne parlent que l' anglais !! Il y a très peu de relations entre les "petits blancs" et les hispaniques.

  • Par Liberte5 - 24/02/2016 - 22:02 - Signaler un abus G. Olivier ne comprend pas le peuple Américain!!!

    Vous êtes comme les élites américaines et les médias qui répètent que les partisans de Trump sont pour la plupart des gens peu brillants. Pourquoi? Parce qu’ils ne sortent pas de l'université et qu'ils ont un métier. Les partisans de Trump apprécient qu’il comprenne leurs préoccupations,leurs problèmes et trouve les mots justes pour leur parler. D. Trump est bien parti pour aller jusqu'au bout.Même si l’establishment républicain fera tout pour le salir. Quitte à faire élire H. Clinton.

  • Par vangog - 24/02/2016 - 23:57 - Signaler un abus Analyse qui frise le racisme...

    Pourquoi les analystes français, biberonnés à la pensée unique, ne sont-ils pas capables d'analyser les offres politiques d'un grand pays seulement en termes communautaristes, ou raciaux? il est né où? combien a-t-il de parents étrangers? A-t-il rassemblé suffisamment d'électeurs de sa communaute?...ATLANTICO et ses actionnaires ont-ils tellement peur de Trump, qu'ils se croient obligés de glisser des analyses communautaristes sur ses adversaires, pour éviter d'écrire sur celui qui vient d'obtenir 45% des voix du Nevada? Quelle dérisoire manœuvre!...

  • Par REVERJOVIAL - 25/02/2016 - 11:23 - Signaler un abus Les latinos au pouvoir, fin des USA

    Quand on voit la pauvreté, le clientélisme, la corruption et la violence des pays Sud Américains ont se dit qu'il vaut mieux que l'Amérique reste aux mains des blancs d'origine européenne !

  • Par Ganesha - 25/02/2016 - 11:45 - Signaler un abus FN

    Je me pose la même question que plusieurs commentateurs ci-dessus : quand on est né américain aux USA, ou français en France, décide-t-on de son vote dans l'unique but de favoriser l'invasion du plus grand nombre possible d'immigrés, légaux, réfugiés ''soi-disant politiques'', ou clandestins, venant du pays des ancêtres ? Un seul objectif dans la vie : faire venir un cousin ou une épouse (en apparence) soumise en direct depuis le bled ? Au contraire, je pense qu'on peut parfaitement ''avoir des origines'' mais voter Républicains ou FN !

  • Par zouk - 25/02/2016 - 14:15 - Signaler un abus D. Trump

    Ces élections partielles ne sont que peu significatives, sauf pour le moral des candidats. La route est encore longue pour D. Trump: ses provocations lui ont déjà aliéné les femmes et les latinos. De plus lors de ces "caucus", ne votent que des convaincus des Républicains ou des Démocrates. Une très grande proportion des Américains ne vote pas dans ces primaires: les indépendants. Ces 3 inconnues: Latinos, femmes, indépendants peuvent changer radicalement la donne.

  • Par adroitetoutemaintenant - 25/02/2016 - 23:52 - Signaler un abus @ras de la zouk

    Vous avez tout faux! Sur 4 primaires seuls deux étaient des caucus où seuls les républicains enregistrés comme tels pouvaient voter. Les indépendants ont voté dans deux de ces primaires. Les latinos ont toujours aimé les hommes forts, les femmes aussi qui voient dans les trois épouses de Trump des modèles de beauté et d’intelligence ce qui les fait l’aimer. Mitt Romney avait le vote des indépendants contre Obama mais il a perdu car beaucoup de républicains n’ont pas voté pour lui car il s’est montre faible dans le deuxième débat présidentiel où le faux noir et vrai musulman a menti ainsi que la journaleuse gauchiste de CNN et Romney s’est laisse gruger. Trump ne se serait pas laissé faire et c’est pour cela qu’il gagnera.

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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