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La laïcité, cette invention spécifiquement chrétienne

Le christianisme a inventé la distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Cette distinction est le fondement même de la civilisation chrétienne, ce qui la distingue des autres. Extraits de "Le vrai génie du christianisme" (1/2).

Bonnes feuilles

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"Qu’elles veuillent l’admettre ou non, les sociétés occidentales sont chrétiennes. La laïcité est une invention spécifiquement chrétienne. Le christianisme a inventé la distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Cette distinction est la marque spécifique et le fondement même de la civilisation chrétienne. C’est ce qui rend celle-ci profondément différente des autres civilisations, à commencer par celle qui se pose actuellement comme sa grande rivale : la civilisation islamique.

La disjonction chrétienne du politique et du religieux constitue la source du succès de l’Occident. C’est d’elle qu’est née la liberté de l’individu, laquelle est à l’origine non seulement des libertés publiques européennes mais encore de la dynamique occidentale. C’est en effet à la désintrication du spirituel et du temporel, à la dissociation du sacré et du profane, qu’il faut rapporter l’invention par l’Europe occidentale – et non par d’autres grandes civilisations – du progrès technique et du développement économique, dont bénéficie aujourd’hui une grande partie de l’humanité. L’avènement de la science et de la technique moderne est certes un miracle européen, mais plus profondément encore un miracle chrétien.

1. L’identité chrétienne des sociétés occidentales

Le thème des racines chrétiennes de l’Europe n’a pas bonne presse dans l’intelligentsia. Leur évocation suscite, comme l’a noté Jean de Boishue, « une levée de boucliers » de la part de ceux « qui tiennent le christianisme pour une espèce de maladie infantile ». Pourtant, la présence du christianisme dans les sociétés européennes est encore plus forte que cela. Ce n’est pas seulement du passé qu’il s’agit, mais bel et bien du présent. Ce n’est pas seulement de nos racines chrétiennes qu’il s’agit, mais – hic et nunc – de la nature chrétienne de nos valeurs, qui relèvent de manière évidente d’un christianisme sécularisé.

Nous verrons à la fin de ce livre que la sécularisation de ces valeurs d’origine évangélique et surtout la volonté de les traduire en règles de droit n’ont pas été sans les dénaturer, produisant ainsi de graves effets pervers funestes pour les nations concernées6. Mais, pour l’heure, il ne s’agit que d’identifier le caractère indubitablement chrétien des pays européens.

Le christianisme, matrice des valeurs de l’Occident

Il est désormais bien connu que le christianisme a été historiquement la matrice des valeurs de la modernité démocratique : individualisme, égalité, solidarité, valorisation de la femme, droits de l’homme, etc. Ce sont là des valeurs inventées par le christianisme, qui ont été ensuite sécularisées au fur et à mesure que le monde occidental devenait « laïc et désenchanté », si bien que Luc Ferry considère que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 août 1789 « n’est bien souvent pas autre chose que du christianisme laïcisé et rationalisé ». C’est d’ailleurs ce que pensaient déjà à la fin du XIXe siècle les fondateurs de la laïcité française.

 [...]

 Le christianisme est à l’origine du développement économique intervenu depuis deux siècles, et donc de l’enrichissement du monde. Certes, rien n’est plus loin des intentions manifestées par le Christ, rien n’est plus éloigné de son refus d’agir sur le monde. Le christianisme est une religion sans projet terrestre, qui n’a en conséquence jamais eu la volonté d’apporter le progrès technique, l’enrichissement de la société, l’élévation des niveaux de vie, le bien-être matériel. Et pourtant, historiquement, il a apporté tout cela.

Sans le christianisme, nous piocherions tous la terre comme dans les civilisations anciennes. Celui qui est aujourd’hui ingénieur, cadre commercial, haut fonctionnaire ou général, n’a pas conscience que, sans le progrès technique et le développement économique permis par lui, il serait presque fatalement un paysan vivant durement et pauvrement. Le grand économiste français Jean Fourastié l’a noté cum grano salis : « Le haut fonctionnaire d’aujourd’hui […], s’il se pense vivant en 1820 […], ne pense pas un seul instant [que], vivant dans une société pauvre, il aurait eu au moins neuf chances sur dix d’être paysan pauvre. » Au lieu de quoi, du fait de l’enrichissement de la société, il est cadre, car « c’est une loi du progrès
technique de multiplier les cadres ».

Le lien historique entre christianisme occidental et développement

Bien que le thème soit relativement peu présent dans la pensée actuelle, le lien entre le christianisme et l’invention du développement économique se rencontre chez plusieurs auteurs importants. Dès les années 1930-1940, le grand historien anglais Christopher Dawson insistait sur l’« importance
primordiale [du] facteur religieux » comme explication de la suprématie matérielle des nations occidentales sur le reste du monde. Le fait « qu’un petit groupe de peuples de l’Europe occidentale ait pu acquérir dans un laps de temps relativement court le pouvoir de transformer le monde et de s’émanciper de la dépendance millénaire qui maintenait l’homme soumis aux forces naturelles » ne résultait pas « d’un héritage propre  à un type biologique particulier ». Dawson était parvenu à la conclusion que c’était la religion chrétienne qui constituait la cause de « l’évolution particulière de l’homme d’Occident».

 
Commentaires

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  • Par Amiga - 24/11/2012 - 11:41 - Signaler un abus Fadaises que tout ça

    Vous écrivez : « le christianisme a été historiquement la matrice des valeurs de la modernité démocratique : individualisme, égalité, solidarité, valorisation de la femme, droits de l’homme, etc. » Non, c’est le déclin du christianisme qui a permis cela. C’est la réforme, la liberté de conscience et des idées, la chute des monarchies de droit divin et de l’emprise de la religion, la démocratie, bref tout ce que l’Église a combattu bec et ongles qui a conduit à la modernité. Ce n’est pas pour rien que l’Église déteste les francs-maçons, régulièrement accusés d’avoir œuvré à la chute des monarchies et à la relégation de l’Église comme simple religion comme une autre. Maintenant, l’Église prétend seulement être à l’origine de ce qu’elle a combattu afin de paraître moins rétrograde et de se faire des louanges qu’elle ne mérite pas.

  • Par Glabre et Ingambe - 24/11/2012 - 11:56 - Signaler un abus un peu de sérieux dans l'analyse

    @Amiga : vous plaisantez ou quoi ? Vous êtes en train de dire que c'est la cerise qui fait le gâteau, grosso modo.

  • Par géodith - 24/11/2012 - 12:04 - Signaler un abus Laïcité, porte ouverte à autre chose

    En l'occurence l'islam.. On a mis des années à nous libérer du poids de l'Eglise mais en voulant la laïcité, on n'a pas répondu à la demande des personnes qui avaient besoin d'un "opium", et aujourd'hui, ces personnes se tournent vers la religion/politique qui est visible : l'islam...Voilà pourquoi vous avez en France tant de gamines qui se laissent "burquaquiser"... http://www.youtube.com/watch?v=hJ_goXHZlPE

  • Par saugnac - 24/11/2012 - 12:18 - Signaler un abus Tout à fait d'accord avec

    Tout à fait d'accord avec Amiga ! Ainsi, l'esclavage, l'inquisition, la royauté de droit divin, le maintien du peuple dans la soumission et dans l'ignorance et j'en passe hélas , les persécutions de minorités, seraient étranger au christianisme. Par contre, le fait que la terre soit ronde, la démocratie, la sciences, la soif de justice et d'égalité sociale, le progrès technique, le fait que "nous [ne piochons plus] tous la terre comme dans les civilisations anciennes", ça c'est chrétien ! Dans ce cas ne faudrait-il pas ranger le "révisionnisme" dans la case "chrétien"?

  • Par Bara - 24/11/2012 - 12:57 - Signaler un abus Non, le christianisme n'a pas inventé...

    ... la séparation du politique et du religieux: celle-ci est la règle dans les religions non abrahamiques (animisme africain, bouddhisme et taoisme asiatique etc.). Le christianisme est une orthodoxie (c'est le dogme qui compte plus que la pratique), ce qui permet au spirituel de s'affranchir du temporel. Pour autant, "l'alliance du trône et de l'autel" fut une réalité dans le monde chrétien. Le judaïsme, comme l'islam, sont des orthopraxies (c'est la pratique qui domine sur la foi, réduite à une expression simple), elles sont conçues pour souder des "communautés", ce qui les rend par construction incompatibles avec la conception moderne de la liberté individuelle.

  • Par Hectorz - 24/11/2012 - 15:37 - Signaler un abus On peut toujours se la raconter

    Juger les religions à partir de leur essence et en tirer des conclusions sur des plans, comme l'économie, qui n'ont strictement rien à voir. La thèse est globalement fausse. Si l'évolution de la société occidentale depuis la révolution industrielle avait été le produit du christianisme, l'Amérique du Sud et l’Éthiopie, pour ne citer qu'elles auraient du avoir le même développement que l'Europe. Mais il est évident pour tout le monde que ceci est faux, et qu'un pays aussi anciennement christianisé que le Mexique reste un exportateur de main d’œuvre. On peut se demander d'ailleurs ce qu'il y avait de chrétien dans une expansion qui a aussi reposé sur la spoliation de son prochain à l'ombre des missions qui bénissaient le lobby militaro-industriel qui protégeait ou se servait de leur prosélytisme pour avancer ses pions. Le discours relatif a l'Islam est évidemment bidon puisqu'il ne considère même pas le point de départ : la disproportion entre le nombre des chrétiens et des musulmans sur les bords de la Méditerranée au début du XIX° siècle. Pas plus qu'il ne s'intéresse à d'autres réalités comme l'islam en Andhra Pradesh.

  • Par Krak - 24/11/2012 - 16:35 - Signaler un abus Explosif

    Peu à peu l'imposture révolutionnaire se dévoile avec la redécouverte de notre histoire. Le processus d'éveil sera long. Les cris soulevés par l'essai sont révélateurs lorsque l'on tente de débrancher la Matrix. Il est évident que l'Occident ne s'est pas libéré du Christianisme pour entrer dans sa modernité car le processus a été continu et vient de très loin. Notre histoire vient de plus loin que 1789 comme veulent nous le faire croire les héritiers de Danton. En revanche, le reniement de nos fondements ressemble fort à la décadence de l'Empire.

  • Par VeLiVoS - 24/11/2012 - 17:51 - Signaler un abus Amiga - C'est ce que vous aimeriez mais si vous lisiez …

    … des livres d'avt révolution, si vous lisiez des livres d'histoires aussi, vous verriez que le progrés n'a pas entendu Robespierre (là c'est de l'humour), et je ne sais quel autre grand penseur de la révolution. Vous noteriez ainsi que l'économie moderne ne part même pas du protestantisme, comme souvent dit, mais des monastères catholiques, …   Si ensuite vous faisiez l'effort de lire l'Émile de Rousseau, le père de nos pédagogues modernes, un des pères de votre modernité, le père de "l'éducation négative", (son propre terme) vous apprendriez qu'il cherchait à enseigner "un art très long, très pénible" …"celui d'être ignorant."   De l'autre côté, il y a eu, entre autre, : ■ Copernic, chanoine et père de l'astrologie moderne, ■ Gregor Mendel, moine et père de la génétique, ■ George Lemaitre, chanoine et co-découvreur de la théorie du big-bang ■ Louis Pasteur, découvreur du vaccin (entre autres) contre la rage "Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène."   Alors évidemment, tous les scientifiques chrétiens ne sont pas clercs & ne clament pas leur religion, mais en effet, ils peuvent lui dire et des athées aussi un très grand : "MERCI" ‼

  • Par Le gorille - 25/11/2012 - 08:11 - Signaler un abus La haine du christianisme

    Et c'est reparti. Prononcer le mot chrétien, et c'est la haine qui ressort. Aucun jugement, aucun raisonnement sans haine, aveugle, qui fait feu de tout bois, dans le désordre. Devoir quelque chose à l'Eglise catholique, c'est apparemment insupportable ! Tout ne doit venir que de notre intelligence ! Celle de l'Homme, devenu La référence ! Quel affreuse idée : un être fini, sujet à l'erreur, érigé en Référence !

  • Par Carcajou - 25/11/2012 - 11:47 - Signaler un abus Spirituel et temporel

    La séparation du spirituel et du temporel est une invention chrétienne. Le fameux "Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo" Matthieu XXII;21 ne prête pas à interprétation. Ceux qui pensent que l'Histoire commence en 1789 se fourvoient. L’Église n'a jamais été aussi puissante que lors du bas Moyen-âge, lorsque la civilisation que nous vivons en était à ses balbutiements. Les rois se sont, dès le début du bas Moyen-âge, efforçaient de se libérer de l'emprise du pape. Cette indépendance du temporel tient à la notion de séparation du temporel et du spirituel et à ce que l'auteur cite très justement, le christianisme n'a pas de visées terrestres. Si le christianisme n'est pas le moteur du développement, il n'a pas empêché celui-ci parce que son essence ne lui permettait pas. Il n'empêche que le fond du christianisme porte les DDH et que les grands philosophes des Lumières que l'on a "athéisés" pour les besoins de la cause s'en prennent au clergé mais développent les grandes vertus chrétiennes comme base de la société. Celui qui nie que "tous les hommes sont égaux" se trouve dans le christianisme fait preuve de mauvaise foi.

  • Par Carcajou - 25/11/2012 - 11:48 - Signaler un abus Spirituel et temporel (suite)

    Ceux qui affirment haut et fort que la Révolution est l’instigatrice de la démocratie, du droit individuel, bref de notre mode de vie politique et social actuel, oublient que ces fondements ont été développés antérieurement à 1789, que le progrès scientifique était en marche depuis la Renaissance (pour simplifier) et que la loi de séparation « politique » de l’Eglise et de l’Etat ne date que de 1905. Que même si toutes les sociétés chrétiennes ne se sont pas identiquement développées, seules celles où le christianisme était la religion majoritaire ont progressé notoirement. La laïcité est le moyen juridique de la liberté de conscience. L’expression d’une opinion, même en s’appuyant sur un dogme religieux, ne contrevient pas à la laïcité. A contrario, des dérogations à la loi républicaine s’appuyant sur des pratiques religieuses est une atteinte flagrante à la laïcité comme l’abattage rituel par exemple. Le christianisme a permis, à des époques où la religion baignait la vie quotidienne, le développement de la société qui nous a menés à aujourd’hui.

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 14:32 - Signaler un abus Quod erat demonstrandum, ab absurdum ... !

    Par son apologie inconditionnelle du christianisme, Jean-Louis HAROUEL dessert, heureusement et sans même s'en rendre compte, la cause du christianisme ... Tout comme Benoît XVI d'ailleurs. Merci à Hectorz, à Bara, à Saugnac, à Amiga, ..., chacun de leur point de vue, d'avoir contesté la pertinence de ses affirmations. HAROUEL récupère tout au profit du christianisme : 1. « La laïcité », notion dont il exploite l'ambiguïté  (« politique » en France, où elle favorise paradoxalement le prosélytisme religieux, occultant sa composante « philosophique », engagée, belge, axée sur une prétendue « neutralité », mais cela revient au même). 2.« La distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel »). L'Eglise les a pourtant toujours confondus ! (à suivre ...)

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 14:36 - Signaler un abus Qud erat demonstrandum ... Suite :

    3.« Les valeurs » morales, comme si elles n'étaient que chrétiennes (imposées par des « commandements », et dévalorisant la femme, etc., ) alors que les valeurs de la morale « laïque », découvertes et acceptées librement, sont « universalisables » car bénéfiques à tous et partout. Il est vrai que l'islam est pire que le christianisme puisqu'il impose, dès la prime enfance et sans droit ultérieur à l'apostasie, une soumission totale au coran, à la sunna,aux hadiths, à la charia, etc. 4.« Les droits de l'homme », issus de la philosophie des Lumières, en oubliant l'Inquisition, les guerres de religions, ..., la « valorisation de la femme » ! (no comment !), ...

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 14:39 - Signaler un abus Quod erat demonstrandum... Suite :

    5.« Les progrès des sciences », alors que l'Eglise les a toujours combattus, pour maintenir les peuples dans l'ignorance et donc sa mainmise sur les consciences. Mais cela change dans la plupart des pays intellectualisés, du moins ceux où les options non confessionnelles ne sont pas occultées, comme aux USA par exemple - moins de 10 % d'athées -. 6.Le « développement économique et l'enrichissement du monde » , fondés en fait sur l'individualisme, l'appât du gain, la volonté de puissance et de domination, avec la complicité des missionnaires.

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 14:40 - Signaler un abus Quod erat demonstrandum ... Suite :

    7.« La supériorité naturelle des nations occidentales sur le reste du monde », notion raciste, colonialiste, inégalitaire et eugéniste, fort peu « chrétienne ». 8.« L'évolution particulière de l'homme d'Occident » qui, loin d'avoir pour « cause  la religion chrétienne » est la conséquence de la complexification croissante de son cerveau, depuis les premiers hominidés devenus bipèdes.

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 14:42 - Signaler un abus Quod erta demonstrandum, ab absurdum. Suite et fin :

    Ce que démontre ce livre (que cet article évite de lire!), c'est l'incapacité de son auteur, dont je ne mets en cause ni l'intelligence, ni l'intellect, à remettre en question ses certitudes religieuses. Je propose une hypothèse explicative à cette fréquente anesthésie de l'esprit critique des croyants, dès qu'il est question de leur foi : http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html Merci pour vos commentaires.

  • Par Michel THYS - 25/11/2012 - 15:21 - Signaler un abus Correction d'une faute d'orthographe ...

    "ab absurdO" ! Mon latin remonte à près de 60 ans ! Sorry !

  • Par Teo1492 - 25/11/2012 - 21:00 - Signaler un abus FAUX !!!! La laïcité est une invention franc-maçonne

    Pour un juriste, une telle argumentation est grotesque.... Relisez les débats parlementaires de la seconde moitié du XIX et du début du XXe siècle ! La création de la laïcité a eu un seul objectif : détruire les valeurs du christianisme. Elle a d'ailleurs été condamnée avec force par tous les papes, y compris ceux d'après Vatican II... Ce monsieur ne semble posséder aucune culture....

  • Par Carcajou - 25/11/2012 - 23:26 - Signaler un abus Contrepoint

    @ Michel THYS - 25/11/2012 La laïcité, notion ambiguë ? La laïcité en France est le fondement juridique de la liberté de conscience. Elle est définie strictement comme le droit à choisir ses croyances. Elle ne favorise pas le prosélytisme, elle l’autorise tant qu’il ne trouble pas l’ordre public et ne contrevient aux lois de la République. L’Eglise, historiquement, a perdu, à partir du bas Moyen-âge, sa mainmise sur le temporel. Elle a gardée une grande influence dans le bon peuple comme aujourd’hui la télévision ou les média plus généralement. Mais cette tentative de domination du séculier est contraire à l’enseignement du Christ. Même si l’Histoire l’exigeait. Les valeurs morales sont inscrites dans le christianisme au-delà des commandements. Ces mêmes valeurs morales se retrouvent dans les Droits de l’Homme que vous jugez universels et bénéfiques à tous, jugement par lequel vous rejoignez strictement la conduite que vous reprochez à l’Eglise. Les DDH occidentaux et déclarés universels par eux ont un pendant musulman approuvé par 57 pays. Sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer que les DDH occidentaux valent mieux que les autres ? Qu’est-ce que la morale laïque ?

  • Par Carcajou - 25/11/2012 - 23:26 - Signaler un abus Contrepoint (suite)

    Votre paragraphe 4 sur les DDH issus des Lumières est un peu obscur. Il est vrai que, dans le domaine scientifique, l’Eglise est très prudente ce qui l’amène à prendre des décisions parfois discutables. La comparaison des 3 grandes religions monothéistes amène un constat irréfutable : les juifs et les chrétiens ont développé une technologie jamais égalée, les musulmans stagnent depuis le Moyen-âge. Pourtant, seul le christianisme est agoni de reproches. Vous reprochez à l’Eglise sa mainmise sur la société et son combat contre la science pour conserver les peuples dans l’ignorance. L’Eglise ne peut à la fois dominer la société aux points de lui imposer ses valeurs morales et laisser le formidable élan scientifique que l’Occident connaît depuis cinq siècles. L’islam qui domine vraiment la société a interdit tout développement scientifique et social depuis huit siècles. Comment expliquer les progrès de la science en les isolant du courant dominant qui régissait la société ? Car la Renaissance marque le début des grandes découvertes scientifiques. Même si une accélération très nette a eu lieu au XXème siècle, les progrès sont constants depuis l’invention de l’imprimerie.

  • Par Carcajou - 25/11/2012 - 23:27 - Signaler un abus Contrepoint (suite)

    Aucune conquête n’a été ordonnée par l’Eglise. Les missionnaires ont suivi les autorités séculières. La colonisation de l’Afrique est la première conquête visant à apporter la civilisation. Hors cette civilisation est chrétienne, les autorités qui voteront la loi de 1905 ne font rien pour s’opposer à l’évangélisation et souvent l’appuient. Ces progressistes voyaient-ils dans la religion un moyen d’asservissement ? La supériorité naturelle de l’Occident qui vous horrifie se retrouve strictement dans l’universalité supposée des DDH, universalité que vous approuvez car ces DDH « sont bénéfiques à tous et partout » Diantre ! Si ces DDH qui portent les mêmes valeurs que le christianisme possèdent les qualités que vous leur prêtez, force est de reconnaître que tout le reste de votre discours s’écroule. Quant à la « complexification croissante de son cerveau » expliquant l’évolution particulière de l’Homme occidental, vous poussez le bouchon un peu loin. Sauf, horresco referens, si vous estimez que l’Occidental a un cerveau plus complexe que celui des non-occidentaux – pour ne viser personne en particulier-. Je n’ose envisager ce que votre cheminement implique !

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:28 - Signaler un abus Bonjour Carcajou,

    et merci pour votre réponse. Plusieurs « suites » seront nécessaires pour la commenter ... ! Certes, en France depuis 1905, la laïcité (« politique »), séparant l'Etat et les religions, est censée garantir la liberté de conscience. Mais « le droit à choisir ses croyances » (qui relève plutôt de la laïcité « philosophique », à la belge et négligée en France), n'est hélas que théorique et symbolique. En témoignent - exemple extrême - les musulmans de chez nous : n'est-il pas évident que l'islam (qui signifie soumission !) leur impose dès la prime enfance et sans droit ultérieur à l'apostasie, de se soumettre à tous points de vue au coran, à la sunna, aux hadiths, à la charia et aux autres traditions inégalitaires, au mépris de l'article 18 de la DUDH de 1948 («  Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...) » ?

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:30 - Signaler un abus @ Carcajou. Suite n°1

    Actuellement, tant en France qu'en Belgique, en Angleterre et ailleurs, du fait de la conception laxiste et électoraliste de la tolérance et de la neutralité, la laïcité uniquement politique favorise les revendications inspirées par des prescrits religieux. Personne n'avait prévu, à l'époque de la rédaction de la loi de 1905, que cent ans plus tard, au-delà du risque de « trouble à l'ordre public », l'islamisation actuelle poserait problème ... Si «l'Eglise a gardé une grande influence dans le bon peuple », ce n'est pas, à mon sens, à cause de « la domination du séculier » mais parce qu'elle a toujours compris que seule était efficace l'imprégnation affective, dès l'enfance, d'une éducation religieuse imposant la soumission à un dieu, à son prophète et à un texte « sacré », et sa conséquence : l'anesthésie du cerveau rationnel et donc de l'esprit critique dès qu'il est question de croyance religieuse ou de religion.

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:35 - Signaler un abus @ Carcajou. Suite2

    Certes, certaines valeurs morales, respectant les droits de l'homme, sont communes au christianisme et à la morale laïque. Mais pas toutes : ainsi les libertés de conscience et de pensée ne font pas partie des valeurs du christianisme. Elles ont en effet un fondement différent : le jugement de « Dieu » pour celui qui a reçu la « Révélation », et au contraire la conscience morale, qui est le seul »juge » de l'athée. Ne sont donc universelles, ou du moins « universalisables » que les valeurs qui « transcendent » les différences entre croyants et non-croyants, et qui favorisent la paix et un « vivre ensemble » harmonieux.

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:37 - Signaler un abus @ Carcajou. Suite 3 :

    « Qu'est-ce que la morale laïque ? » Certainement pas l'imposition dogmatique de simples préceptes moraux ou civiques, comme en France avant 1968 ! Quitte à partiellement me répéter, je pense en effet que la conscience morale, le sens des valeurs « universalisables », non négociables parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de l'autre et de sa différence enrichissante (non fondamentaliste!), celui de la dignité de l'homme, de la femme et de l'enfant, de leur liberté (effective, pas seulement symbolique !) de conscience, de religion, de pensée et d'expression, loin d'apparaître spontanément, ou par obéissance à des « commandements » religieux, ne s'acquièrent que par une éducation familiale puis scolaire, fondées sur l'autonomie, l'esprit critique, la responsabilité individuelle, l'apprentissage des limites et du respect des autres et de soi-même, sur l'exemple des parents et des éducateurs, non pas intellectuellement, mais par des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc …

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:39 - Signaler un abus @ Carcajou. Suite 4 :

    En effet, l'Eglise est « prudente » : elle a reconnu par exemple que « l'évolution était plus qu'une hypothèse », mais en emboîtant aussitôt le pas, par anthropomorphisme, aux créationnistes américains, partisans du « dessein intelligent », « Dieu » ayant à leurs yeux orienté le sens de l'évolution dans le sens d'un progrès permettant au seul cerveau humain de se soumettre à la volonté divine (alors qu'il ne s'agit que de sa complexification croissante, lui permettant d'imaginer un « Père » protecteur et substitutif, du moins s'il y a été incité ... !). Bien que, du 7e au 13e siècle, en Espagne, l'islam ait été une culture humaniste pleine d'ouverture humaniste et d'interrogation critique, je condamne actuellement bien plus cette religion moyenâgeuse que le christianisme et le judaïsme (sans oublier les sectes qui n'ont pas encore réussi à endoctriner les gens en état de faiblesse et en quête de sens, déçus par les religions traditionnelles). Le fondamentalisme n'est plus, de nos jours, une exclusivité musulmane !

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:41 - Signaler un abus @Carcajou. Suite 5 :

    Chacune dans leur domaine, l'Eglise et « les autorités séculières » ont toujours été complices pour dominer les peuples, sous prétexte de leur apporter la « civilisation » (et autres maladies !) ... Si les signataires laïques de la loi de 1905 ne se sont pas opposés à l'évangélisation, c'est parce qu'à cette époque, et même jusqu'à la deuxième guerre mondiale, presque tout le monde était encore croyant, ou au moins déiste, même les cinq millions de francs-maçons « réguliers » anglosaxons. Même le Belge Théodore VERHAEGEN, franc-maçon anti-dogmatique et anticlérical, fondateur de l'Université Libre(exaministe) de Bruxelles en 1835 !

  • Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:44 - Signaler un abus @ Carcajou. Suite 6 et fin :

    Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : le cerveau de l'être humain d'aujourd'hui, quelle que soit son origine, sa couleur, sa religion, etc. est le même que celui de ses ancêtres d'il y a au moins 20.000 ans, lorsqu'il vivait par exemple dans les grottes de Lascaux ! Mais je pense que d'ici quelques dizaines de générations, notre mode de vie et surtout l'informatique devraient engendrer des adaptations cérébrales décelables. J'espère aussi que les progrès des neurosciences auront fait prendre conscience au plus grand nombre de croyants que leur dieu ne s'étant jamais manifesté concrètement, il n'a qu'une existence subjective, imaginaire, anthropomorphique et donc illusoire. Puisse l'humanisme laïque (mais pas pour autant antireligieux) devenir un alternative aux religions, afin que les innombrables guerres religieuses tendent enfin devraient enfin à disparaître ... ! Mais ce n'est là que mon point de vue ...

  • Par consulaire - 27/11/2012 - 00:51 - Signaler un abus Michel THYS - 26/11/2012 - 15:41 - @Carcajou. Suite 5 :

    Chacune dans leur domaine, l'Eglise et « les autorités séculières » ont toujours été complices pour dominer les peuples, sous prétexte de leur apporter la « civilisation » (et autres maladies !) " N'est-ce pas curieux : libérer de l'européen, les autres civilisations font tout pour prendre ce qu'ils peuvent dans cette civilisation européenne? la Chine actuellement, le Japon au 19è. cessez de faire passer les autres pour les gentils ayant subis ces méchants européens! quand on lit les comptes rendus de ces époques sur les comportements des peuples que nous avons découverts : cannibalisme, les rois d'Afrique Noire qui faisaient de la vente pour esclavage aux arabes puis aux européens, de leurs frères, un juteux commerce, les tortures infligés aux européens capturés, même quand au début des découvertes portugaises, il n'y avait aucune réelle conquête territoriale..ce n'étaient pas des gentils, dans ces affaires là il faut seulement être du côté du vainqueur, sinon, « gar à vous ». Vous critiquer la civilisation dont vous profitez des bienfaits, ils sont devenus tellement banals que vous ne vous en rendez même pas compte!

  • Par consulaire - 27/11/2012 - 01:16 - Signaler un abus Par Michel THYS - 26/11/2012 - 15:39 - @ Carcajou. Suite 4 :

    « Bien que, du 7e au 13e siècle, en Espagne, l'islam ait été une culture humaniste pleine d'ouverture humaniste et d'interrogation critique » Faire payer un impôt aux non musulmans, un exemple de tolérance ?! En 1148 les Almohades laissèrent le choix aux non musulmans entre la conversion, la mort, ou l'exil ! Etrange tolérance ! là encore, les bienfaits de notre civilisation sont devenus trop courants pour que certains s'en rendent compte ! et ces certains continuent de vanter l'intolérance, la sauvagerie qui fut bien réelle hors de l'Europe. je ne dis pas que tout fut rose de la part des européens ! mais quand même ! l'histoire montre qu'il vaut mieux être en Europe qu'ailleur.

  • Par Michel THYS - 27/11/2012 - 18:16 - Signaler un abus @ Consulaire.

    Toute civilisation a des aspects positifs et d'autres négatifs, donc critiquables. La civilisation européenne a jadis imposé au monde entier aussi bien ses progrès technologiques que sa religion chrétienne, et donc aussi son intolérance. Pas étonnant dès lorsque, comme vous l'écrivez, « les autres civilisations » (mais aussi les fondamentalistes musulmans) « font tout pour prendre ce qu'ils peuvent à la civilisation européenne », y compris son intolérance, ce qui a conduit par exemple des terroristes musulmans à perpétrer l'attentat du 11 septembre ... Mais c'est depuis son origine que l'islam a la volonté et le dessein d'imposer à terme la charia à la planète entière, et donc le statut d'infériorité pour les non-musulmans qui refusent la conversion. La dhimmitude (bien décrite notamment par Bat Ye'or, dans « Juifs et chrétiens sous l'islam» peut paraître plus « tolérante » que l'extermination des infidèles imposée par le coran pris à la lettre, mais vous avez raison : il est abusif de parler de « tolérance » islamique. Les apports de la civilisation arabo-musulmane dans bien des domaines, le fait qu'Averroës ait tenté de concilier la foi et la raison, etc. , n'y changent rien.

  • Par consulaire - 28/11/2012 - 23:01 - Signaler un abus Bara - 24/11/2012 - 12:57

    Par Bara- 24/11/2012 - 12:57 - non, le christianisme n'a pas inventé... En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/laicite-cette-invention-specifiquement-chretienne-jean-louis-harouel-552000.html#D0oAJyTI5st953e7.99 "rendez à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu". Vous avez peut-être des infos sur le rôle politique de Jésus dans l'Empire Romain; a -t-il tué, torturé, menti, comme un certain Mahomet ? surtout faites nous partager ces info. Merci d'avance.

  • Par consulaire - 29/11/2012 - 00:01 - Signaler un abus Par Michel THYS - 27/11/2012 - 18:16

    « y compris son intolérance ». vous croyez au mythe du bon sauvage. La civilisation Européenne a exporté son intolérance !! les victimes du cannibalisme des nombreuse tribus rencontrées par les européens, préfigure-il l'humanisme européen ! Le père Brébeuf torturé par les Iroquois qui le décharnèrent jusqu'aux os, lui versèrent de l'eau bouillante pour singer le baptême, lui mirent un collier de haches brûlantes au-tour du coup, et comme il continuait de parler de Dieu pendant ces tortures, ils lui coupèrent les lèvres ! (in : dictionnaire biographique du canada, 1 P217, art. »jean de Brébeuf »). l'esclavage, fut combattu par des européen ! certes, nous le pratiquâmes, mais fûmes les seuls à nous lever contre ! déjà, dans l'antiquité, les stoïciens mettaient sur le même pied l'homme libre et l'esclave ( Epictète); les rois noirs africains firent de cette activité une source de revenus, faisant des razzias dans leurs royaumes revendant les capturés aux arabes puis aux européens. les jésuites, avec les réductions tentèrent protéger les indiens des espagnols et portugais. le Pape Eugène IV interdit l'eslavage sous peine d'excommunication (1435), il fut peu écouté, mais bon !

  • Par consulaire - 29/11/2012 - 00:27 - Signaler un abus Michel THYS - 27/11/2012 - 18:16 suite

    ont-ils attendus l'arrivée des européens pour avoir des moeurs pas très pacifique ? Cessez de croire que les gentils étaient hors d'Europe, les méchants dedans. le bon sauvage n'a jamais été qu'un mythe imaginé par des penseurs européens (!) qui n'avaient jamis quitter les capitales européennes, et peut-être peu lu les comptes rendus des voyageurs ( hans staden, Jean de Léry...). En somme, ils furent les premiers bobo européens.opposé la vie nature de beaucoup des peuples découverts par les découvreurs européens, à la civilisation, c'est oublié que dans la nature c'est la loi brute du plus fort, du plus apte, qui prime ! Enfin, « Ce qui a conduit par exemple des terroristes musulmans à perpétrer l'attentat du 11 septembre... » ?! Vous êtes sérieux ? Al qaida agisant à cause de la colonisation européenne du 15 au 20ème siècle surtout quand elle est terminée ? de quoi voudrait-il se libérer ?

  • Par consulaire - 29/11/2012 - 00:33 - Signaler un abus Michel THYS - 27/11/2012 suite 3

    A voir , entre autre : http://www.atlantico.fr/decryptage/afrique-noire-nouveau-terrain-affrontement-islam-christianisme-alexandre-del-valle-264045.html il faudrait vraiment arrêter de cracher dans notre soupe, on pourrait bien le regretter un jour !!

  • Par Michel THYS - 29/11/2012 - 21:55 - Signaler un abus @ Consulaire.

    Bien sûr que « la civilisation européenne a exporté son intolérance » à tous les peuples qu'elle a colonisés, en vertu de la « loi du plus fort », du dominant raciste par rapport au dominé, loi déjà présente chez d'autres mammifères tels que les loups. Mais les peuples dominés (dont les musulmans actuellement) réagissent, soit lentement par l'islamisation croissante, soit par des attentats sporadiques. Tout être humain, placé dans un certain contexte éducatif, culturel, affectif, hormonal, ..., a fortiori s'il a été endoctriné, reste virtuellement capable de haine, de cruauté et de violence, que ce soit en présence d'un danger ou d'une menace, ou par vengeance. Selon la théorie (simpliste mais pédagogique) de Mc LEAN, cela s'explique du fait qu'il est d'abord régi par son cerveau "reptilien" qui l'incite à l'agression (ou à la fuite, ou à l'inhibition s'il "fait le mort"). D'où la nécessité d' une éducation « humanisante »  qui compense l'influence de ce cerveau atavique par le cerveau émotionnel et par le cerveau rationnel. A suivre.

  • Par Michel THYS - 29/11/2012 - 22:05 - Signaler un abus @ Consulaire . Suite n°1.

    Je pense en effet que la conscience morale, le sens des valeurs « universalisables », non négociables parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de l'autre et de sa différence enrichissante (non fondamentaliste !), le respect de la dignité de l'homme, de la femme et de l'enfant, celui de leur liberté (effective, pas seulement symbolique !) de conscience, de religion, de pensée, ..., loin d'apparaître spontanément ou par obéissance à des « commandements » religieux, ne s'acquièrent que par une éducation familiale (hélas souvent unilatérale et communautariste) compensée par un enseignement scolaire pluraliste fondé sur l'esprit critique, l'autonomie, la responsabilité individuelle, l'apprentissage des limites et du respect des autres et de soi-même, sur l'exemple des parents et des éducateurs, non pas intellectuellement, mais par des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc …

  • Par Michel THYS - 29/11/2012 - 22:08 - Signaler un abus @ Consulaire. Suite et fin.

    Je pense aussi qu'au-delà de la volonté de domination politique, les religions, malgré le message d’amour du christianisme et à cause de leur prétention à détenir chacune LA Vérité et LE Vrai dieu, sont à l’origine de la plupart des intolérances et de la plupart des guerres. Hier comme aujourd’hui. L’Histoire confirme d'ailleurs abondamment la piètre aptitude des religions et des idéologies politiques à développer une conscience morale autonome et le respect de la dignité humaine. Elle témoigne par contre de leur remarquable aptitude à inciter, dès l’enfance, à la soumission, quelle qu'elle soit, fût-ce à des degrés divers.

  • Par consulaire - 30/11/2012 - 00:52 - Signaler un abus Michel THYS - 29/11/2012 - 21:55 -1-

    Les musulmans dominés ? Les musulmans ont des pays indépendants. Leur volonté d'Islamisation n'a rien à voir avec cela, c'est seulement l'expression des dires et pratiques de Mahomet, c'est une volonté délibérer d'imposer leur religion, aucun besoin de supposer une volonté de revanche. Quand les musulmans conquirent l'Afrique du Nord, le problème de domination ne les embêter pas. Enfin, le racisme n'est pas lié à une position de plus fort. Les noirs,les arabes,les asiatiques, ne sont pas moins racistes que les blancs. Mais seuls les blancs ont développé une civilisation où le respect de l'autre, quel qu'il soit, est affirmé avec force ( voir les discours de Condorcet à ce sujet) ; les chinois se développent actuellement en Afrique, et tous les rapports montrent qu'ils n'y s'y montrent pas très respectueux des populations locales ; elles sont pour eux des esclaves; les débats, tentions qui traversent actuellement la société européenne illustrent ceci, ce n'est pas en terre d'Islam que l'on défend les non musulmans, on les y jettent en prison, et même bien pire, vous devez le savoir. On parle plus du racisme en Europe qu'il n'y existe vraiment (je ne dis pas qu'il n'y existe pas).

  • Par consulaire - 30/11/2012 - 00:53 - Signaler un abus Michel THYS - 29/11/2012 - 21:55 -2-

    alors qu'il est monnaie courante en dehors ; on parle d'esclavage en Europe, alors qu'il y fut condamné très tôt, et l'on oublie qu'il existe à l'heure actuelle en Afrique, perpétrer par des arabes, et pas seulement ; par un esprit de revanche face aux européens ? Kanga Moussa, roi du Mali entre 1312 et 1332 se rendit à la Mecque accompagné de 12000 esclaves!il était bien lui-même un noir africain, et au 14ème siècle, l'Europe ne se partageait pas encore l'Afrique ni ne pratiquait le commerce triangulaire ! Avant nous, un phénomène comme l'esclavage était naturelle chez ces peuples, il n'y avait pas de contre vérité. En Chine, il n'est que de citer la guerre entre le Mings et Mandchous, qui ne doit rien aux européens, ou la grande muraille, ouvrage militaire.Donc l'idée que l'intolérance est arrivé avec les européens et assez curieuse, et contraire à la plus simple vérité historique. Cerveau reptilien : chaque être doit défendre son intégrité physique, morale, exprimer sa singularité face aux autres pur exister ; d'où la nécessité de trouver des équilibres, des compromis au sein de la société.

  • Par consulaire - 30/11/2012 - 00:56 - Signaler un abus Par Michel THYS - 29/11/2012 - 21:55 -3-

    D'où aussi la difficulté quand dans cette société existent des groupes aux cultures très différentes, le risque de conflit est bien réel ; là aussi les tensions qui se révèlent actuellement en France avec la population musulmane ne relève pas d'une simpliste histoire de racisme, mais de la réelle difficulté de voir vivre ensemble des populations que tout oppose, surtout quand l'une d'elle a pour livre de chevet un livre qui prône qu'il faut liquider les infidèles. Les sociétés multiculturelles est une vue de l'esprit, là encore historiquement, cela n'a jamais duré : après la reconquista, les espagnols ont accepté une communauté musulmane dans le pays ; mais celle-ci a toujours œuvré contre la société espagnole, se faisant complice des pirates, des turcs et autres ennemis espagnols.Quand deux religions défendent un dieu unique, cela peut nous amener aux considérations que vous faites. Mais le christianisme ne s'est pas développé par la guerre ; il est devenu la principale religion dans l'Empire Romain par le verbe et non par les armes. N'oubliez pas que beaucoup de chrétiens ont fini dans les arènes avec les lions.

  • Par consulaire - 30/11/2012 - 01:00 - Signaler un abus Michel THYS - 29/11/2012 - 21:55 -4-

    Jamais Jésus n'a vraiment recommandé d'obliger les païens à le suivre, bien au contraire : voir l'épisode du homme riche qui ne voulu se départir de sa richesse pour suivre Jésus, celui-ci ne l'obligea pas, ne lança non plus contre lui aucune menace. Quand il envoie ses disciples porter la Bonne Nouvelle, c'est par la prêche, et il leur recommande de rien emporter des villes où ils ne seraient pas les bienvenus, pas même la terre accrochée à leurs sandales ! Il ne recommande pas d'attaquer ces villes ! c'est l'un des thèmes du christiannisme: la liberté laissée à l'Homme de suivre la parole de Dieu Il en va tout différemment avec l'Islam. enfin, sur l'éducation, vous avez raison: verba et exempla, par le verbe et l'exemple, par l'amour. Tout un programme.

  • Par Michel THYS - 30/11/2012 - 10:10 - Signaler un abus Bonjour Consulaire,

    Les musulmans n'ont été dominés que pendant la période coloniale, notamment en Turquie lorsque ATTATURK a voulu occidentaliser son pays, en imposant la laïcité en une génération, alors que cela ne peut se concevoir, au mieux, qu'en un siècle au moins. La revanche des musulmans turcs est flagrante : ils sont majoritairement redevenus religieux. « La volonté de libérer leur religion » ne me paraît pas exclure « une volonté de revanche ». Le racisme, fondé sur un complexe narcissique de « supériorité », est présent chez tous les peuples, et à toutes les époques. Certes, les philosophes des Lumières, dont Condorcet, ont « développé une civilisation où le respect de l'autre, quel qu'il soit, a été affirmé avec force ». Mais cela n'exclut pas le droit de dénoncer l'endoctrinement religieux ou idéologique (je pense au nazisme, par exemple). Je n'ai jamais dit que « l'intolérance est arrivée avec les européens » ! Elle est universelle. J'y vois le plus souvent une réaction de peur face à la différence de l'autre, potentiellement déstabilisatrice.

  • Par Michel THYS - 30/11/2012 - 10:13 - Signaler un abus @ Consulaire. Suite n°1.

    Les sociétés multiculturelles favorisent le communautarisme, le repli identitaire et l'intolérance. Pourtant, les jeunes enfants, quelles que soient l'origine ou les croyances de leurs parents, sont naturellement ouverts à la différence, du moins jusqu'à ce que, tels des éponges, ils absorbent par mimétisme les idées et les comportements de leurs parents ... L'idéal d'interculturalité et d'un vivre ensemble harmonieux restera utopique tant que l'on ne s'orientera pas vers un système éducatif pluraliste, excluant les « ghettos ».

  • Par Michel THYS - 30/11/2012 - 10:17 - Signaler un abus @ Consulaire. Suite et fin.

    Nous ne divergeons finalement, me semble-t-il, que sur des nuances. Sauf à propos du christianisme ! Je m'étonne qu'un féru d'histoire comme vous prenne au pied de la lettre les évangiles. Ce ne sont à mes yeux que des textes fondés sur des « témoignages » oraux, manipulés au cours des siècles, certes dans un louable but de moralisation, mais surtout pour maintenir les peuples dans la soumission, par l'espoir d'un paradis éternel et la crainte d'une damnation infernale. Quant à Jésus, à partir duquel le christianisme a inventé des dogmes qui défient l'entendement, même s'il a vraiment existé, il est évident qu'il n'a jamais dit tout ce qu'on lui a fait dire ! La volonté d'évangélisation et donc de prosélytisme dès le plus jeune âge me paraît évidente depuis plus de 2000 ans. Le christianisme ne donne qu'une impression de liberté, par rationalisation a posteriori. L'islam est pire, puisqu'il impose une soumission totale à tous points de vue et qu'il interdit l'apostasie.

  • Par consulaire - 01/12/2012 - 00:32 - Signaler un abus MICHEL THYS -1-

    bonsoir Michel Thys Certes, vouloir étendre sa religion, n'est pas contradictoire avec l'esprit de revanche. Mais ce ne peut être une excuse:encore une fois, quand les arabo-musulmans d'abord par des razzia, puis de manière plus importante ont étendu leur domination sur le nord Afrique, la domination ne leur posait pas de problème : ils en bénéficiaient, et leur penseurs n'estimaient pas qu'il fallait respecter les autres peuples, que les noirs ne devaient pas être les esclaves. D'ailleurs, Averroes considérait qu'il fallait liquider les hétérodoxes ! Craindre la différence n'est pas forcément une anomalie ; la différence c'est l'inconnu, or l'inconnu peut receler du positif comme du danger!l'esprit reptilien ( primaire) dont vous parliez n'a qu'une fonction : préserver l'individu. Je pense d'ailleurs que le racisme comme l'intolérance doivent avoir d'abord comme fondement cette peur, cette crainte de celui qui est différent, qu'il soit étranger ou pas ; mais encore une fois, car cela est essentiel:ce n'est pas forcément une anomalie ( même si le développement du racisme lui est à combattre, mais, eu égard aux débats que l'on peut entendre en ce moment, faut-il s'entendre sur..

  • Par consulaire - 01/12/2012 - 00:34 - Signaler un abus MICHEL THYS -2-

    ce qu'est le racisme pour ne pas y mettre tout et n'importe quoi selon les tactiques manipulatrices de beaucoup pour qui c'est juste un argument facile à brandir). Si l'on prend le rapports entre l'Islam et le Christianisme, que l'on compare leurs précepte, ne croyez-vous pas que le musulman puisse être un danger pour l'infidèle qu'est le chrétien, le juif ( ou bouddhiste...)et « qu'il faut éliminer » ? tout comme ce vendeur d'assurance qui présente très bien et auquel le petit vieux confie ses économies qu'il ne reverra plus jamais ? Pour des générations venues après la 2nde guerre dans un Europe somme toute pacifiée, cela peut sembler excessif, mais rien n'est statique, tout bouge. Enseignement:le mimétisme est la première et la plus forte façon d'apprendre ; car il dépasse le simple apprentissage de matières scolaires et s'étend à l'éducation, càd, aux façons de se comporter envers soi et les autres. Sur le système éducatif, on oublie souvent un élément:ceux que l'on veut former, comment voient-ils les choses?car s'ils sont réfractaires,le trouvent sans intérêt ( et l'échec scolaire c'est souvent d'abord cela) rien n'y fera ; un jésuite a écrit cette merveilleuse vérité :

  • Par consulaire - 01/12/2012 - 00:35 - Signaler un abus MICHEL THYS -3-

    on n'élèvera pas un enfant sans lui ou malgré lui. Quand je vois des enfants arrivés de l'école et moins de cinq minutes après sont déjà dehors jusque tard, comment s'imaginer qu'ils travailleront ce qu'ils ont étudié en classe durant la journée ? Et quoique l'on dise sur le travail à la maison, il est techniquement nécessaire ; l'institution scolaire ne peut tout ; en France, à notre époque, qui n'a entendu parler des bienfaits de la formation, et pourtant que de gâchis. Malheureusement, beaucoup de « ghettos » sont ainsi. Quand au pluralisme du système:les « incidents » de cette rentrée scolaire, professeurs agressés car parlant de l'islam, montrent ce qu'il peut-être, et la tendance dans l'éducation nationale de supprimer des parties de l'histoire de France car elles déplaisant justement aux musulmans, est aussi un indice de ce que devient ce pluralisme:le mensonge et l'atteinte à une communauté à travers sa mémoire historique pour plaire à une autre ( et nous revoilà sur le thème de l'autre, différent, donc potentiellement dangereux!); or ce n'est pas en cachant la vérité que l'on bâtit quelque chose de solide et dans le respect. Le système était pluraliste, plusieurs cultures

  • Par consulaire - 01/12/2012 - 00:39 - Signaler un abus MICHEL THYS -4-

    dans une classe, mais pacifié parce qu'une communauté, et tout ce qui lui a trait, n'était pas contestée. Quand une deuxième communauté se manifeste, à tord ou à raison, c'est le clash.( si j'ai bien compris le sens de système éducatif pluraliste). Notons qu'en terre d'Islam, les musulmans ne sont pas très chauds pour accepter la différence. Mais c'est bien sûr l'éducation la grande question. Jésus a-t-il dit ce qu'on lui attribue ? Louis XIV a-t-il dit « L'Etat c'est moi », mais lui aurait-on attribué de tels propos si ce qu'il disait et ce qu'il faisait n'était bien résumé par cette phrase ? Aucun texte n'est neutre ( la neutralité est déjà quelque chose d'orienté, donc pas neutre!), mais il est raisonnable de penser que ce qu'on lui attribue ne soit pas pure invention ; je me suis intéressé aux religions parce qu'elles sont ce qui structure le plus une société, et voyais les Evangiles un peu une philosophie ; le personnage de Jésus est le plus étonnant, le plus...vrai, finalement, aussi étonnant que cela puisse paraître. cela va plus loin qu'une simple philosophie. Est-il plus logique de croire que des individus se sont mis de mèche pour inventer ces paraboles...

  • Par consulaire - 01/12/2012 - 00:58 - Signaler un abus MICHEL THYS-5-

    et leur enseignement ? Sous des abords simples, elles parlent de choses profondes, ce n'est pas donné à tout un chacun de dire tout ce que l'on attribue à Jésus. Enfin, témoignage oral n'est pas nécessairement un témoignage faux, surtout quand il s'agit de rapporter des paraboles et leur sens. Mais j'ai plus de questions, circonspection, que de certitudes, croire sans raison est effectivement dangereux. c'est bien l'aspect Histoire, Vérité qui me guide, mais cela n'exclut pas d'accorder une chance aux Evangiles, il faut seulement rester lucide, voir les choses comme elles se présentent, non comme on les imaginerait à priori. c'est cette attitude sans à priori qui permet souvent de découvrir des perles de sagesse, de pensée. Je ne pense pas raisonnablement, que en soi le christianisme refuse la liberté."ne jugez pas, et vous ne serez pas jugez ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnez " etc..c'est souvent surprenant. Merci à vous.

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Jean-Louis Harouel

Jean-Louis Harouel est agrégé des Facultés de droit, professeur émérite à l’Université Paris II. Il est auteur prolifique d’ouvrages de droit, d’économie, d’histoire et notamment de Culture et contre-culture (1994). Il a également publié Le vrai génie du christianismeLes droits de l’homme contre le peuple (DDB), et Revenir à la nation (J.-C. Godefroy)

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