Edito
Nous vivons un Krach politique,
en prise au « crack » financier
La fuite en avant des dettes publiques n’apporte aucune solution durable et crée une interdépendance artificielle et néfaste entre les Etats et les marchés. Face à l’impasse, les acteurs doivent retrouver leur autonomie pour revenir aux fondamentaux.

Crédit Reuters
L’accord politique des américains pour pouvoir s’endetter encore davantage n’apporte aucune solution sur le fond (cf édito précédent). Ce modèle de développement est tout sauf durable, et pas uniquement pour les seules raisons écologiques trop exclusivement mises en avant ces dernières années comme critère d’éligibilité au « durable ». Ce modèle économique est financièrement non pérenne, artificiellement dopé par de fortes doses d’endettements publics comme on cherche à maintenir un malade en vie. Nous parlons, nous rêvons, de nouveau paradigme depuis ce début de 21ième siècle, comme d’un nouveau paradigme souhaitable, il s’impose à nous aujourd’hui avant même que nous ayons réussi à le définir, ce qui cause notre angoisse collective, plus ou moins consciente parce que l’esprit humain n’aime pas être pris en défaut.
Si ce modèle est en péril, c’est notamment parce que le politique et l’économie sont devenus trop dépendants l’un de l’autre. On a beaucoup dit, et notamment les économistes et les plus libéraux d’entre nous, que le pouvoir politique était de plus en plus en incapacité d’influencer l’économie. Ah bon ? Il semblerait que la gestion de la crise depuis 2008 ait démontré au contraire l’emprise du politique, des banques centrales et des institutions financières, comme recours, garants et surtout financeurs du système. L’épisode de ces derniers jours le démontre encore lorsque simultanément, instantanément, toutes les places boursières de la planète plongent suite à la révélation du risque de solvabilité du premier pouvoir économique et politique mondial, et lorsque, hier encore, les marchés replongent parce qu’ils n’ont pas été convaincus par les propos de Barak Obama.
Les marchés sont devenus les actionnaires du pouvoir politique
Ayant eu trop recours aux marchés pour financer leur endettement, les Etats ont fait des marchés les premiers actionnaires des pouvoirs politiques. Il faut couper ce cordon. Pour retrouver son autonomie, sa crédibilité et donc une capacité d’influence positive, le politique doit sortir de sa dépendance au « crack » financier. Il faut pour cela lui imposer un sevrage financier, qui passera nécessairement par une drastique réduction des dettes publiques. La première étape étant de cesser de les alimenter en déficits chroniques.
L’action politique doit encourager le développement économique tout en préservant notre écosystème social et environnemental, il n’a pas vocation à maintenir artificiellement un système qui le nourrit en le perfusant. L’arbitre ne peut pas être payé par les joueurs. Inversement, l’Etat étant le premier acteur économique, le « système » ne peut supporter son défaut, et il faut aussi rompre la dépendance entre les marchés financiers et les Etats. Les marchés se sont gavés de dettes souveraines, dès lors, comme un effet subprimes d’Etat, si un doute, jamais anticipé, émerge sur la solvabilité des débiteurs publics, c’est la panique.
On se refuse de parler de « krach » (comme on s’interdisait de parler de rigueur ou de récession), argumentant qu’il faut techniquement une baisse brutale de plus de 10 points en une seule séance. C’est ignorer la réalité, nous sommes bien en krach, simplement il s’étale davantage dans le temps. Plus de 20% de perte sur les bientôt 12 séances consécutives de baisse du CAC 40 (si on compte aujourd’hui d’après la configuration de la matinée), c’est bien un krach, progressif mais un krach quand même. Depuis la crise financière, le marché a été dopé à coup de centaines de milliards réinjectés. Pour éponger, écoper, compenser, maintenir le coût de leur dette, les Etats amortissent les krachs, qui paraissent moins brutaux. Nous vivons un non-krach artificiel, qui est en fait un krach sous morphine. Le problème est que nous arrivons en panne de morphine à la pharmacie, et le pharmacien doit partir en désintox !
Une désintoxication et une décorrélation sont nécessaires pour revenir aux fondamentaux, car contrairement à ce que les indices peuvent laisser penser, le CAC 40 va bien, et même « mieux que bien » avec 80 milliards de profits cumulés en 2010 (+ 80% versus 2009 et quasiment retrouvé le niveau record de 2007), et de bonnes perspectives 2011 !
Alain Renaudin
Alain Renaudin préside NewCorp Conseil.
Après 15 ans passés à l’Ifop, il est désormais président fondateur de NewCorp Conseil. Autant dire que l'opinion publique, il connait...


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http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=3&ved=0CCkQFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.banque-france.fr%2Farchipel%2Fpublications%2Fbdf_bm%2Fetudes_bdf_bm%2Fbdf_bm_120_etu_2.pdf&rct=j&q=classement%20productivit%C3%A9%20par%20habitant&ei=4f9CTrmpJsTNswaUs8WwBw&usg=AFQjCNHBLp_GMhhRNTC0jJCeAV7nKD5k-g&sig2=bYRHdOTP0STjhi-abqA-bA&cad=rja
Je parlais bien entendu de productivité par heure...même si on ne bosse pas énormément d'heures par rapports aux autres pays de l'OCDE, quand on est au boulot on est boulot !
Vous êtes à côté de la plaque...et pour info la productivité française est la Troisième au monde (les Français sont de bons travailleurs, mais vous faites peut être exception? vu comment vous décrivez le travail..)
Les marchés ont suffisamment profité des états et donc des peuples. Laissons filer l'inflation et remboursons en monnaie de singe, et que les actionnaires réapprennent que jouer en bourse, c'est prendre des risques, et que c'est à eux de les assumer; pas aux peuples!
Pour ne plus beaucoup travailler, les français ont trouvé la dette dans les années 80.
Le problème est qu'aujourd'hui plus personne ne veut travailler 50 ou 60 heures pour simplement vivre. Il va falloir faire des choix et produire à nouveau dans notre pays. Cela veut dire imaginer un travail autre qu'autour de la machine à café à deviser avec des collègues et à attendre les ponts et les vacances
L'endettement est surtout nocif quand il ne sert pas à investir -de façon utile et in fine rentable- mais à simplement financer les dépenses de fonctionnement. Trop souvent on a été dans le deuxième cas de figure : là, pour un Etat comme pour une entreprise ou un particulier, le recours prolongé à la dette est un vice qu'il faut avoir le courage de combattre. C'est là où le politique doit agir.
pas de deficit budgetaire
une dette maitrisee
pas de déficit de la balance des paiements
quand on a pas de petrole une capacite industrielle.
Bref De Gaulle 58.
...
crick crack dans la barraque,faite vos jeux ,les jeux sont faits,rien ne va plus ,krack ,,noir, pair et passe
Eh oui le libéralisme économique a envahi le libéralisme politique et l'a pris en otage. Quand les marchés font des profits, le politique est prié de ne pas intervenir. Quand la bourse va mal... c'est à faute aux politiques. Ca suffit ! Il faut (les politiques !) rompre cette spirale destructrice en ne s'endettant plus (les Etats) par emprunt sur les marchés financiers...