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Kafkaïen : quand l'administration française court-circuite le processus judiciaire par l'expansion morbide de ses prérogatives

Aujourd’hui, le parlement et le gouvernement légifèrent à tour de bras, promulguant jour après jour une avalanche de textes illisibles, contradictoires et surtout liberticides. Sous les tombereaux de papier, les Français s’enlisent, incapables d’encore maîtriser leur vie et toujours plus désireux de régenter celle de leur prochain. Quand donc la loi se taira-t-elle pour laisser enfin la liberté s’exprimer ? Extrait de "Le silence de la loi" (1/2).

Bonnes feuilles

Publié le

À l’instar du Golem, l’administration devait initialement se borner à exécuter la loi avec une marge d’initiative proche de zéro. L’expansion morbide de sa masse et la continuité de son action – qui n’est pas soumise aux vicissitudes électorales – ont toutefois déplacé le centre de gravité du pouvoir et lui ont permis de développer sa politique d’une manière méthodique et implacable.

Dorénavant, les fonctionnaires conçoivent et rédigent les lois et les règlements à leur avantage exclusif, puis les modifient au cas où les mailles du filet ne seraient pas assez serrées.

Aussi souvent que possible, l’administration tente en outre de court-circuiter le processus judiciaire, par trop sujet aux aléas d’une procédure contradictoire.

Maîtresse exclusive des règles depuis leur création jusqu’à leur application, elle impose sa vision de la société sans débat ni possibilité de contestation pacifique.

Face à cette révolution de palais, les politiciens ont abandonné toute velléité d’action, avec d’autant plus de joie qu’ils n’ont d’yeux que pour les intrigues et que le feu de leurs convictions s’éteint avec les caméras.

Ils se sont mués en VRP des mesures édictées par leurs subordonnés, qui baignent dans un environnement idéologique consanguin où le bien public s’incline devant le bien administratif.

L’Union européenne, mieux que toute autre, incarne ce nouvel ordre des choses, élaborant à l’abri de la sanction publique des politiques qui mettent la collectivité au pas.

Le fonctionnement trouble de cette institution ne manque d’ailleurs pas de rappeler celui de l’Empire romain naissant, qui versa rapidement dans la tyrannie en l’absence de constitution formelle.

Extrait de "Le Silence de la loi", Cédric Parren, (Editions les Belles Lettres), 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 26/01/2014 - 11:32 - Signaler un abus C'est une constante socialiste

    Les socialistes sont tellement imbus de leur misérable ego qu'ils sont convancus détenir la Vérité en toute chose et la Morale vertueuse, et ils se sentent dépositaires d'une mission évangélique. L'histoire nous prouve pourtant que chaque qu'ils arrivent au pouvoir, ils se montrent réellement tels qu'ils sont, corrompus, incapables de supporter les points de vue autres que leur bible socialiste, fermés à toute réflexion qui ne soit pré-digérée par le Parti. Ils sont en majorité fonctionnaires, donc ils ont le SAVOIR, donc ils doivent nous éduquer même contre nous-mêmes. Ils ont phagocyté le pouvoir politique, facile ils ont le temps pour eux, et ils ont promulgué des lois qui les protègent et leurs offrent toutes possibilités d'évolution, assurés d'être pris en charge par la Société jusqu'à leur mort. En 89, le peuple français a pris le pouvoir au risque de sa vie. Depuiis la IVème République les fonctionnaires ont pris le pouvoir dans des fauteuils confortables. La Fonction Publique sera la mort de la France.

  • Par celasepasseenfrance - 26/01/2014 - 15:48 - Signaler un abus l'Administration et la lutte contre l'insécurité

    Pour avoir une idée de l'inextricable Administration française, écoutez Alain Bauer (Professeur de Criminologie) devant une commission de l'Assemblée Nationale le 14-01 dernier, sur le sujet de la "lutte contre l'insécurité" (la fin de la video est intéressante) http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5061.lutte-contre-l-insecurite--m-alain-bauer-professeur-en-criminologie-14-janvier-2014

  • Par DEL - 26/01/2014 - 16:50 - Signaler un abus Les fonctionnaires???

    Je le suis et je ne fabrique de loi; j'y obéis comme tout le monde. Que l'auteur adresse ses reproches à qui les mérite à ses yeux et non à ceux qui n'y peuvent rien. Il a peur de dire des noms?

  • Par pguillermo - 26/01/2014 - 18:22 - Signaler un abus pguillermo

    @ DEL Bravo. C'est très bien vu votre réponse à l'ignare de service. On entend souvent dire que les Français sont nuls en économie. A l'évidence quand on lit Atlante13, on se dit que c'est encore pire au niveau du Droit. A moins que la simple jalousie ne conduise à l'aveuglement, comme l'avait déclaré un jour Tatcher .

  • Par ignace - 26/01/2014 - 21:59 - Signaler un abus petite nuance

    Le fonctionnement trouble de cette institution ne manque d’ailleurs pas de rappeler celui de l’Empire romain naissant, qui versa rapidement dans la tyrannie en l’absence de constitution formelle. je dirais plutôt .......;fin de l'empire romain

  • Par jean fume - 26/01/2014 - 22:02 - Signaler un abus ""elle impose sa vision de la société sans débat ..

    .. ni possibilité de contestation pacifique."" C'est le fondement du problème. Et donc la seule manière d'en sortir, est par des contestations non pacifiques.

  • Par vangog - 28/01/2014 - 00:26 - Signaler un abus Vous avez raison Atlante 13, mais comment se passer

    de fonctionnaires? Non, il fait leur imposer des règles strictes, les mêmes que le secteur prive, interdire les fonctionnaires détachés dans les syndicats et autres corporations mafieuses, leur imposer de démissionner de la fonction publique, s'ils se présentent devant le peuple... En bref, rétablir l'égalité!

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Cédric Parren

Cédric Parren est écrivain et traducteur. Il publie régulièrement des textes sur www.cedricparren.com

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