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Jusqu'à quel point gérer le gouvernement d'un État comme celui d'une entreprise peut il avoir du sens ?

Si les États-Unis semblent s'organiser en interne pour adopter un mode de gouvernement qui ressemble à celui d'une entreprise, en France, l'idée fait son chemin. Et les candidats Emmanuel Macron et François Fillon semblent être les mieux placés pour correspondre à cette vision.

Muse de campagne

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Jusqu'à quel point gérer le gouvernement d'un État comme celui d'une entreprise peut il avoir du sens ?

Atlantico : Donald Trump prévoit de dévoiler un nouveau bureau de la Maison Blanche lundi avec une autorité étendue pour réorganiser la bureaucratie fédérale et accomplir des promesses de campagne clés. Le bureau de l'innovation américaine. Le but sera entre autre de récolter des idées du monde des affaires et de les appliquer au niveau gouvernemental. Mais est-ce que le style de pensée nécessaire pour l'analyse économique et la gouvernance d'un pays est le même que celui qui permet la réussite dans les affaires ?

Aurélien Véron : Les administrations ont besoin de se remettre en question pour évoluer. Le propre du secteur privé, c’est justement la recherche permanente de gains de productivité pour survivre en offrant à ses clients de meilleurs produits et services à coût moindre. Même si une administration ne s’adresse pas à des clients mais à des citoyens, ces derniers ont aussi droit à des améliorations du rapport qualité/ prix des services publics. Hélas, l’expérience nous montre qu’en l’absence de concurrence, l’inertie l’emporte sur l’émulation et mène à terme à la fossilisation de services entiers.

Ce n’est pas tout. La transformation doit venir des fonctionnaires eux-mêmes et non du seul conseil d’hommes d’affaires avisés. Sans l’aval des agents des administrations, sans les faire participer à ce travail quasi culturel sur eux-mêmes, rien ne pourra bouger leurs administrations en profondeur. Cela passe par l’introduction de méthodes modernes de management pour les motiver à titre individuel en valorisant la mobilité – incluant les mouvements du et vers le secteur privé -, l’esprit collaboratif, le sens de l’initiative et de l’excellence. 

Mais la meilleure force de changement reste la concurrence. L’ancien service public Air France s’est modernisé avec l’ouverture du transport aérien à Easy Jet ou Ryanair, la Poste avec l’arrivée des services de livraison de colis par DHL ou TNT. La meilleure solution consiste à rendre la plupart des services publics au secteur privé et à recentrer l’action de l’Etat sur ses missions régaliennes en s’inspirant en effet du secteur privé avec une transition participative de la part des fonctionnaires concernés pour qu’ils soient les acteurs du changement.

En France, Emmanuel Macron semble correspondre à cette démarche et entend gérer le pays comme on gérerait une entreprise. Jusqu'à quel point gérer le gouvernement d'un État comme celui d'une entreprise peut-il avoir du sens?

Si un Etat ne fait pas de bénéfices, chaque citoyen en est à la fois actionnaire et client. Les dirigeants de l’Etat ne peuvent continuer à imposer une soumission totale à ses « assujettis » sans leur rendre des comptes sur le coût et la qualité des services rendus autrement qu’au moment des élections. Des outils de comparaison internationale - à défaut de concurrence -, des mesures de satisfaction et des leviers de sanction – positive ou négative – doivent être mis en place pour actionner le ressort de la poursuite du progrès.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 31/03/2017 - 22:30 - Signaler un abus Etat et entreprise

    Pour gérer l'état comme une entreprise il faudrait que ce soit ceux qui payent qui prennent les décisions. Autant dire que ce n'est pas politiquement correct et pas près d'arriver. Quant à Macron et Fillon, je ne vois pas une seule de leurs propositions qui pourrait faire penser qu'ils veulent un état rationnel, enfin au moins aussi rationnel qu'une entreprise moyenne. (sachant quand même que la plupart ne sont pas rationnelles, sinon elles s'en sortiraient mieux).

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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