Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 09 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Juppé, DSK, Jospin, Giscard... : de qui Emmanuel Macron est-il le clone (sexy) ?

Emmanuel Macron occupe un créneau particulier sur le paysage politique : libéral économiquement, mais moins acerbe sur d'autres thématiques où il cherche plus à rassembler. Une ligne par ailleurs déjà défendue par d'autres personnages politiques passés ou actuels.

Clonage politique

Publié le - Mis à jour le 21 Octobre 2016
Juppé, DSK, Jospin, Giscard... : de qui Emmanuel Macron est-il le clone (sexy) ?

Atlantico : Alors qu'Emmanuel Macron se présente comme une alternative au "système", il repose sur une offre politique économiquement libérale tout en restant assez consensuel sur plusieurs autres questions, comme l'identité, l'immigration ou la laïcité. Ces thématiques ont d'ores et déjà été reprises par d'autres personnalités politiques du paysage français… Quelle pourrait être la filiation (volontaire ou non) de l'ancien ministre de l'Économie ?

Maud Guillaumin : La filiation volontaire d'Emmanuel Macron c'est, me semble-t-il, Michel Rocard. Les deux hommes ont longtemps entretenu des relations très amicales, mais Michel Rocard a souhaité rester en retrait, de peur que son nom ne paraisse suspect et puisse nuire à Emmanuel Macron. Il a donc tenu à rester comme une amitié lointaine. Mais ils partagent tous deux une vision de la France qui se rejoint, tout particulièrement sur les souffrances du pays liées à l'inanité de la pensée économique. Selon eux, la France n'a pas pris en compte les changements économique qu'implique le nouveau contexte d'économie globalisée, mondialisée.

Pour autant, de là à dire d'Emmanuel Macron qu'il se revendique de cette "deuxième gauche" à laquelle appartenait Michel Rocard, il y a un pas. Mais il est clairement sur la même ligne réformiste. Ce rapprochement se retrouve également sur la forme, d'ailleurs : l'une des démissions les plus fracassantes dans le monde politique fut celle de Michel Rocard, en 1987, qui claqua la porte au nez d'un François Mitterrand qui le bloquait trop. Michel Rocard souhaitait préparer la campagne de 1988. De quoi faire penser à Emmanuel Macron !

Il y a également, avec Alain Juppé, d'évidentes convergences. Elles sont mêmes reconnues par Emmanuel Macron. Les deux partagent la volonté d'une France plus libérale, plus orléaniste en un sens. Le diagnostic qu'ils font tous les deux est similaire, tant sur le système de production français que sur la scission qui sépare le pays en deux. En outre, la tactique qu'ils utilisent est très ressemblante : jouer la carte de l'ouverture d'un côté comme de l'autre vers les "réformistes" et transcender les clivages traditionnels. N'oublions pas non plus que Jean Arthuis, fidèle soutien d'Emmanuel Macron, fut ministre de l'Économie sous les gouvernements d'Alain Juppé. Les différences existent entre eux mais relèvent davantage de la forme et du parcours : Emmanuel Macron ne s'est jamais soumis au vote, a connu une progression fulgurante quand Alain Juppé a essayé, dès le départ, d'avoir les pieds dans la boue. Il a eu une carrière relativement lente, dans le sillon de Jacques Chirac, naviguant entre échecs et victoires au suffrage universel. C'est un point de divergence considérable.

Enfin, un autre homme politique auquel Emmanuel Macron ressemble beaucoup, c'est bien Valéry Giscard d'Estaing. L'ancien Président, comme Emmanuel Macron et Alain Juppé, est passé par l'Inspection générale des finances et cela forge littéralement les hommes politiques. En outre, ils se retrouvent également sur des points de convergence dans la forme et dans le parcours : les deux n'avaient pas de réel parti derrière eux et se lancent néanmoins à l'assaut très jeunes (pour Valéry Giscard d'Estaing, à l'époque, c'était également le cas). Ils ont tous les deux cette dimension de jeune fou intrépide et partagent une volonté de faire bouger les lignes, d'opposer les anciens et les modernes, ainsi qu'une fibre européenne très forte.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 19/10/2016 - 11:01 - Signaler un abus Pour remplir son contrat vis à vis du bilderberg...

    d'écrire deux articles sur Macron-Rothschild par jour, Atlantico va pêcher des thèmes bien "improbables", comme disent les djeuns...

  • Par Anouman - 19/10/2016 - 15:40 - Signaler un abus Sexy?

    Ah bon il est sexy?

  • Par emem - 19/10/2016 - 19:09 - Signaler un abus Sexy et pas con !

    Seul espoir contre Juppé. Il n'a pas encore de parti sur lequel il pourrait s''appuyer mais il est sûr d'avoir les voix de toutes les femmes de plus 50 ans et de tous les retraités du quatrième âge, sans compter évidemment les voix de très nombreux jeunes (Pas ceux des zones de non droit évidemment). Ca fait pas mal de monde.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Maud Guillaumin

Journaliste à Europe 1, BFM, ITélé, Maud Guillaumin suit pour le service politique de France-Soir la campagne présidentielle de 2007. Chroniqueuse politique sur France 5 dans l’émission Revu et Corrigé de Paul Amar, puis présentatrice du JT sur LCP, elle réalise également des documentaires : « Les Docs du Dimanche », « Les hommes de l’Élysée » sur les grands conseillers de la Ve République et « C’était la Génération Mitterrand » transposé de son livre Les Enfants de Mitterrand (Editions Denoël, janvier 2010). Elle écrit également dans la revue littéraire Schnock. Elle est l'auteur de "Le Vicomte" aux éditions du Moment (2015).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€