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"Les jours enfuis" : Manhattan blues, aussi réjouissant que mélancolique, et grand style

Les lectures d'été de Culture-Tops

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Publié le
"Les jours enfuis" : Manhattan blues, aussi réjouissant que mélancolique, et grand style

LIVRE

Les jours enfuis

de Jay Mclnerney

Editions de l'Olivier

RECOMMANDATION

Excellent

THÈME

On est à New York. Avec « Les jours enfuis », on embarque pour Manhattan blues.

Autrefois, écrit Jay McInerney, « New York, New York… ces lettres s’étalaient sur les couvertures, c’était la ville d’où provenaient les livres et les magazines. Et où se trouvaient toutes les maisons d’édition, les locaux du New Yorker et de la Paris Review, là où Hemingway avait mis son poing dans la figure d’O’Hara, là où Ginsberg avait séduit Kerouac… » 

Manhattan blues… là où on retrouve donc le couple Calloway. Corrine et Russell. Ça tangue entre eux deux. Le mariage, leur mariage est aujourd’hui (à la fin des années 2000) une notion floue. C’est le temps du krach économique, l’Amérique puis le monde se sont pris en pleine figure la crise des subprimes. 

Corrine a eu un amant riche businessman, Luke McGavock- ça a duré quatre-vingt dix jours-, et bosse bénévolement pour une association humanitaire qui aide les plus démunis. Russell est toujours éditeur ; « amateur enthousiaste » de vins, il écoute les Talking Heads quand il fait la cuisine. Et surtout, il a racheté une petite maison d’édition. Il va tenter des coups éditoriaux : éditer un jeune type inconnu venu du Tennessee, et publier (du moins, tenter de) les souvenirs d’un otage américain des talibans au Pakistan…

          Avec les Calloway, la vie a perdu de son éclat. Oui, bien sûr, il y a des soirées de gala, des dîners dans les restaurants chic… mais le souvenir des jours enfuis dévore inexorablement Corrine et Russell. Ainsi, un jour, le plus sérieusement du monde, Russell pose la question- définitive-: qu’est le plus exaltant, le sexe ou la pêche au gros ? Bon, malgré cette question existentielle, il est quand même tout près de suivre une jeune bombe atomique au Chelsea Hotel. Quant à Corrine, elle va tomber par hasard sur son ex-amant, Luke: il vit six mois par an en Afrique du sud, il y exploite un domaine viticole, il y a épousé une jeune fille sportive.   

POINTS FORTS

- En ouverture des « Jours enfuis », une citation de Richard Hell, le chanteur, compositeur, bassiste, écrivain poète punk américain et membre du groupe cultissime Television : « Chaque couple a son propre univers, et même à l’intérieur de sa bulle, le mystère reste entier »…

- Le troisième volet d’une trilogie toujours autant mélancolique que réjouissante.

- Surnommé le « golden boy » de la littérature américaine, Jay McInerney prouve une fois encore qu’il est, présentement, un de ceux qui écrivent le mieux New York. Et le couple, aussi.

- La vie new yorkaise disséquée avec cynisme et mordant.

 
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Serge Bressan pour Culture-Tops

Serge Bressan est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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