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Journée du sommeil : faites-vous partie des 20% de Français empêchés de dormir selon leurs besoins ?

Le manque de sommeil, mal du siècle ? Nous sommes nombreux à souffrir de décalages. La faute à une société dont les règles ne sont pas adaptables à nos multiples profils de dormeurs.

Dodo...

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Journée du sommeil : faites-vous partie des 20% de Français empêchés de dormir selon leurs besoins ?

Il existe de multiples profils de dormeurs.  Crédit Reuters

Atlantico : Les préconisations pour un bon sommeil sont nombreuses, mais prennent-elles suffisamment en compte nos différences ? Les profils de dormeurs sont-ils nombreux ?

Yves Dauvilliers : C’est une excellente question. Les recommandations classiques sont censées s’appliquer à la population générale, et non aux extrêmes.

Ils sont donc susceptibles d’améliorer les conditions de sommeil d’une très large partie de la population, qui peut avoir des attitudes ou des croyances erronées sur leur capacité à se reposer rapidement. En cas de problème sévère ou de particularités très marquées, on a tout intérêt à consulter.

On constate qu’il a un problème dès lors que le sujet émet une plainte, surtout sur la qualité de ses journées. En cas de fatigue, de somnolence et de manque de concentration, soit c’est parce que la durée de sommeil est trop courte (moins de six heures), soit c’est parce qu’ils sont « extrêmes », c’est-à-dire du matin, ou du soir, soit il y a une pathologie sous-jacente.

Mais il faut différencier les sujets privés de sommeil des insomniaques. Des personnes peuvent avoir du mal à s’endormir, et une fois cela fait, ils se réveillent très fréquemment et pour de longues durées. Cela peut être dû à des maladies, comme le syndrome des "jambes sans repos", qui est une maladie fréquente, mal diagnostiquée et surtout le plus souvent, les dépressions, les douleurs nocturnes… Il s’agit en l’occurrence de personnes qui ne parviennent pas à dormir autant qu’elles aimeraient en durée et en qualité. C’est différent de la privation de sommeil que nous nous imposons, soit pour travailler, soit pour se divertir en regardant un film jusqu’à une heure tardive ou en sortant beaucoup. On s’habitue tellement à ce rythme qu’on ne se rend pas compte qu’il est anormal, avec toutes les conséquences qu'il implique en termes de cognition, de vigilance et de mémoire. Sans compter le surpoids, le diabète, l’hypertension artérielle et, à terme, la mort. Car il ne faut pas ignorer que la somnolence est la première cause de mortalité au volant sur les autoroutes. La somnolence est un symptôme que tout le monde connaît, mais ce qui n’est pas normal, c’est sa survenance à des moments inadaptés et avec trop de fréquence. Et malheureusement les gens ne voient pas cette fréquence comme une pathologie et un motif à consultation.

Quels sont les principaux profils de dormeurs ?

On distingue les courts dormeurs, qui dorment moins de six heures, et les longs dormeurs, au-delà de neuf ou dix heures. Ces durées ne trouvent pas leur origine dans des habitudes ou des privations, mais dans la physiologie des personnes. Et il y a ceux qui sont du soir et du matin. Les autres profils relèvent souvent de maladies ou de mauvaises habitudes. Il faut notamment pour les longs dormeurs éliminer des maladies pouvant expliquer  un besoin de sommeil trop important la nuit et ou le jour comme la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique, maladies qui se traitent efficacement avec une bonne prise en charge.

Pourquoi sommes-nous inégaux face au sommeil ? A quels facteurs cela tient-il ?

L’âge compte énormément. Les horaires auxquels on s’endort, la durée et la continuité du sommeil : ces données varient tout au long d’une existence. S’ajoute aussi la génétique. On distingue des familles entières de longs dormeurs, comme des familles de courts dormeurs, et d’autres qui sont du soir ou du matin. Les extrêmes sont probablement génétiquement déterminés. On connaît quelques gènes clés, qui sans être des maladies, constituent des facteurs de risques.

 
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Yves Dauvilliers

Yves Dauvilliers est responsable de l’Unité du Sommeil, Département de Neurologie du CHRU de Montpellier. Il fait également partie de l'unité de l'INSERM U1061 et est coordinateur national des centres de référence narcolepsie et Hypersomnie idiopathique

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