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Journée de la dyslexie : un trouble mieux compris mais dont la prise en charge reste déficiente

Ce vendredi 9 octobre a lieu la journée nationale de la dyslexie. La pathologie est aujourd'hui mieux cernée par la science, mais le travail des neuropsychologues n'en reste pas moins essentiel pour aider les enfants atteints de ce genre de troubles.

Méli mélo

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Journée de la dyslexie : un trouble mieux compris mais dont la prise en charge reste déficiente

Atlantico : On a identifié le trouble dyslexique depuis longtemps mais actuellement la recherche semble plus se concentrer sur le plan neurologique. Qu'est ce qui a avancé dans la compréhension de ce trouble ?

Antoine Tanet : Il y a pour chaque cas de dyslexie des causes organiques, c'est à dire neurologiques.  Il y a aussi des bases génétiques, tout le monde le sait. Il existe des familles avec des dyslexiques de père en fils. Mais on sait aussi aujourd'hui qu'il n'y a pas que ces facteurs. Il y a un facteur d'angoisse et d'anxiété. Chez les enfants, il y a de gros enjeux symboliques, liés par exemple à l'apprentissage de la lecture. Depuis le plus jeune âge, les enfants savent qu'ils vont aller vers la lecture. Si ça se passe mal, les enfants vont créer des rejets très vite.

Des enfants auront des troubles de la lecture très importants parce que finalement ils ont été peu accompagnés pour pouvoir trouver des solutions à des problèmes visuels ou phonologiques.

C'est donc moins du côté de la recherche que dans l'application au quotidien de ces découvertes que le bât blesse ?

Antoine Tanet : Les professionnels de la santé connaissent bien les travaux des chercheurs. Il y a beaucoup de colloques qui sont organisés à ce sujet. Plus tôt un enfant est pris en charge par un orthophoniste parce qu'il parle mal, plus il a de chances de récupérer vite sur sa lecture. Plus la famille a été coopérante, plus ça a un impact. Le facteur psychoaffectif joue énormément. Chez la majorité des enfants dyslexiques, le jour où on valorise leur progrès il y a un effet boule de neige et ça explose.

Cependant, un enfant dyslexique dans son environnement de vie quotidienne a souvent affaire à des gens qui ont des systèmes de représentation différents. L'orthophoniste aura une idée de la façon dont il faut travailler avec lui. Le professeur en aura une autre. Enfin les parents agiront eux aussi différemment. Il faut bien expliquer les choses et c'est le rôle du professionnel du trouble de la lecture, souvent l'orthophoniste, de donner des pistes sur les meilleurs moyens de ne pas pénaliser injustement l'enfant en cours d'apprentissage. Un enfant qui est dyslexique lit lentement, on ne peut pas le pénaliser sur sa vitesse de lecture, on ne peut pas le noter sur son orthographe. Il faut aussi lui apprendre à lire. Si une méthode d'apprentissage de la lecture est mise en place dans un cabinet d'orthophoniste et qu'une méthode est différente à l'école, ce sera un vrai casse-tête pour l'enfant.
 

D'où l'intérêt d'un dépistage précoce. Qu'en est-il de la détection aujourd'hui ?

Antoine Tanet : C'est beaucoup plus rapide. Il y a différentes formes de dyslexie, certaines plus faciles que d'autres à détecter. Un enfant qui a de gros problèmes dans la construction du langage oral on va l'entendre tout de suite et on sait que cela aura de l'incidence sur la lecture. Des enfants qui ont des problèmes visuels, ça passe plus inaperçu et on va s'en rendre compte qu'en CP. Globalement aujourd'hui, ça se dépiste assez bien, en tout cas en région parisienne.

Après, l'accès au centre référent des diagnostiques des troubles de l'apprentissage peut prendre jusqu'à un an. Cela n'empêche pas que débute une prise en charge. Les enfants vont voir des orthophonistes. Le diagnostic sera affiné par le centre. Ça ne se passe pas mal aujourd'hui. On peut toujours faire mieux mais il faut être réaliste : le réseau public ne peut pas tout absorber en termes de demande de consultations. Celles-ci ont énormément augmenté ces dernières années. Il y a beaucoup de professionnels qui peuvent contribuer au dépistage.  Un enfant dyslexique dépisté à 10 ans, ça arrive très rarement, alors qu'il y a dix ou 15 ans, cela pouvait arriver.

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 09/10/2015 - 08:48 - Signaler un abus J'ai plusieurs amies orhtophonistes

    Toutes disent que leurs cabinets sont remplis par le ratage organisé de l'education nationale au primaire . Votre article se gare bien d'aborder cela. Un primaire efficace , comme c'était le cas dans les années 60 et les faux dyslexiques disparaîtront par magie . Resteront les vrais (3% des eleves) sur lesquels les professionnels pourront travailler . Il en est de même des autres troubles cognitifs .

  • Par cloette - 09/10/2015 - 12:29 - Signaler un abus Les dégâts de l'Educ Nat

    sont nombreux , la dyslexie , mais pas que , et les victimes sont nombreuses !

  • Par cloette - 09/10/2015 - 12:32 - Signaler un abus precision

    en effet nombreux sont ceux qui sortent du cycle scolaire sans goût pour la lecture , pour la culture, sans formation de réflexes logiques, sans goût de l'effort , juste du toc et du superficiel, des clients pour pôle emploi .....

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Antoine Tanet

Antoine Tanet est neuropsychologue en psyhciatrie de l'enfance à la Pitié-Salpetrière, doctorant dans le laboratoire ISIR (Cnrs-Paris VI). Il exerce aussi en libéral à Tours.

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Celine Thévenon

Celine Thévenon est psychologue, neuropsychologue.

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