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Jour de grogne pour les fonctionnaires : mais qu’est-ce qui serait vraiment juste en matière de pouvoir d’achat relativement aux autres Français ?

5.4 millions de personnes ont été appelées à manifester ce mardi, par les différents syndicats, contre la hausse de la CSG annoncée. Contrairement aux salariés du privé, de nombreux fonctionnaires s'estiment lésés, faute de compensation. Mais cette compensation serait-elle forcément synonyme d'équité vis-à-vis des employés du privé ?

Mouvement de grève

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Jour de grogne pour les fonctionnaires : mais qu’est-ce qui serait vraiment juste en matière de pouvoir d’achat relativement aux autres Français ?

Atlantico.fr : Les syndicats de la fonction publique ont lancé un appel à la grève pour la journée du 10 octobre 2017. Ils fustigent les "mesures négatives" qui "s’accumulent pour les agents de la Fonction publique". Quels sont ces "mesures négatives " qu'évoquent les syndicats? Et quelles sont leurs revendications?

Jacques Garello : Premier argument, la stagnation de leur pouvoir d'achat. Ils sont restés plusieurs années sans augmentation de salaire. Depuis que François Hollande a terminé son mandat, il y a eu deux augmentations de 0.6% du point d'indice. Celle qui est intervenue environ en octobre 2016 et l'autre juste avant les élections présidentielles afin de démontrer que ce quinquennat était bien un quinquennat de gauche. Le deuxième argument est de protester contre la menace de diminuer de 150 000 le nombre de fonctionnaires.

On rappelle que nous avons un taux de service public et de fonctionnaires supérieurs à tout ce que l'on peut trouver dans les autres pays d'Europe. En réalité, il faudrait en supprimer davantage. La procédure normale étant de réduire le périmètre de l'Etat. Les fonctionnaires grossissent avec l'État et le font grossir puisque c'est de l'Etat même qu'ils tirent leurs emplois et leur pouvoir d'achat. À l'heure actuelle, on vient d'ajouter au budget 10 000 postes dans l'Éducation nationale. Ce n'était pas prévu et au lieu de dégraisser le mammouth, on continue à l'engraisser. 

Le troisième reproche se situe par rapport à la fiscalité et la CSG puisque à la différence du secteur privé qui bénéficierait d'une compensation à la hausse de la CSG, les fonctionnaires n'en bénéficient pas. Ils songent à cette nouvelle ponction fiscale bien que son poids soit quand même tout à fait ridicule. Ils veulent améliorer leur pouvoir d'achat, et ne veulent pas d'impôts nouveaux. A la veille de cette journée de mobilisation des fonctionnaires, le Premier ministre est revenu sur Europe 1 sur l'action du gouvernement. Il affirme que la CSG ne sera pas répercutée sur le salaire final « en diminuant les contributions qui sont calquées sur les cotisations salariales » pour les agents qui en ont, et « par un versement de prime » pour ceux qui n’ont pas de contributions. La hausse de la CSG et la baisse des cotisations salariales n'impactant que très peu, les revendications des fonctionnaires ainsi que le geste promis par le premier ministre à leur égard vous semble-t-il justifiés, légitimes ?

Éric Verhaeghe : Les sujets de mécontentement sont nombreux. Le premier est la compensation imparfaite par Emmanuel Macron de la hausse de la CSG. Macron avait promis la revalorisation du point de la fonction publique, qui est aujourd'hui perdue dans les limbes. Parallèlement, le jour de carence va être rétabli. La modération dans la hausse des dépenses publiques, rebaptisée pompeusement baisse des dépenses publiques dans la novlangue gouvernementale oblige à de relatifs gains de productivité, notamment dans les hôpitaux. Tout cela nourrit un climat d'insatisfaction visible. Dans certains secteurs, la grogne est plus forte car elle est politique. C'est le cas à l'Éducation Nationale où Blanquer, de façon salutaire, bouscule la culture ambiante et le ronron pédagogiste. Tous ces éléments montrent une déception incontestable des fonctionnaires vis-à-vis de leur Président de la République. Beaucoup ont voté pour lui et s'aperçoivent qu'il se montre moins dévoué ou attentif à la cause de la fonction publique qu'ils ne pouvaient l'espérer. Voilà pourquoi les fonctionnaires expriment un ras-le-bol. Mais il faut attendre de voir l'ampleur des dégâts, qui est encore très incertaine aujourd'hui. La grogne des états-majors ne se traduit pas forcément par un fort taux de participation à la grève.

A la veille de cette journée de mobilisation des fonctionnaires, le Premier Ministre est revenu sur Europe 1 sur l'action du gouvernement. Il affirme que la CSG ne sera pas répercutée sur le salaire final « en diminuant les contributions qui sont calquées sur les cotisations salariales » pour les agents qui en ont, et « par un versement de prime » pour ceux qui n’ont pas de contributions. La hausse de la CSG et la baisse des cotisations salariales n'impactant que très peu, les revendications des fonctionnaires ainsi que le geste promis par le premier ministre à leur égard vous semble-t-ils justifiés?

Jacques Garello : Ce que dit le Premier ministre, c'est qu'afin de rassurer les fonctionnaires apeurés par les nouveaux impôts, ils leur seront versés des primes pour compenser. Le gouvernement se comporte comme il le fait depuis le début, c'est un pas en avant, deux pas en arrière. Les réformes sont faites, mais elles sont aussitôt annulées par des mesures compensatoires.

 
Commentaires

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  • Par lexxis - 10/10/2017 - 08:42 - Signaler un abus TROUS NOIRS...

    Le coût de la fonction publique qui ne cesse d'augmenter d'année en année est est trou noir de la dépense publique. La dépense publique qui, elle aussi, ne cesse d'augmenter est est le trou noir de la France. Mais on peut parfaitement continuer à augmenter sur le dos du contribuable privé le nombre, la rémunération et les congés des fonctionnaires, jusqu'au moment où le pays ne produira plus suffisamment pour supporter des prélèvements sans cesse plus lourds et devenus parfaitement déraisonnables. Par ailleurs, on met toujours en avant la blanchisseuse de l'Assistance publique qui gagne péniblement 1 600 euros nets par mois après 16 ans d'ancienneté , mais on se garde bien de parler de certaines primes qui peuvent dépasser chaque année une fois et demi le salaire indiciaire de base. Comme de juste, on se garde bien aussi de rappeler les rémunérations astronomiques des contrôleurs aériens et l'étroitesse de leur temps de travail régulièrement pointée du doigt par la Cour des comptes. L'absentéisme supérieur au privé, accentué encore par des congés nettement plus généreux, vient compléter le tableau d'une fonction publique aussi coûteuse que mal gérée.

  • Par adroitetoutemaintenant - 10/10/2017 - 12:46 - Signaler un abus C'est la tête qu'il faut couper !

    Comparons avec l’Allemagne. Nous avons 4 fois plus de ministres que l’Allemagne et chaque ministre est paye 5 fois plus qu’un ministre allemand ! En résumé on paye 5 fois plus un connard qui travaille 4 fois moins : c’est toute la fonction publique !!!

  • Par gerard JOURDAIN - 10/10/2017 - 14:02 - Signaler un abus deux problème insolubles....

    fabriquer des services trop centralisés est impossible. structure d'état non adapté actuellement. embaucher pour compenser le chômage, fait partager les missions...et génère trop de personnels mal payés. restructurons et redéployons les services et tout ira bien... simple; mettez des patrons du privé qui ont restructuré des services ou industries.

  • Par jurgio - 10/10/2017 - 14:42 - Signaler un abus La baisse du pouvoir d'achat, c'est pour les autres

    France, cette montgolfière où tous s'agrippent à la nacelle et qui malgré tous les coups de gaz, ne parvient pas à décoller. M. Éric Verhaeghe serait bien inspiré de considérer les retraités de la Fonction publique comme la véritable cible que l'autre jour il était satisfait de voir dépouillés. Ceux qui squattent les jeux télévisés et les charters exotiques, etc. avec des allures de travailleurs dans la force de l'âge..

  • Par g16 - 10/10/2017 - 17:46 - Signaler un abus Aucune manif dans la rue

    Mais les portes sont fermée pour cause de grève et les fainéants sont chez eux en famille pour profiter d'un repos syndical autorisé. En temps que contribuable, je me pose la question de savoir si leur journée ne sera pas payée ?

  • Par Liberte5 - 10/10/2017 - 19:59 - Signaler un abus Avons nous atteint le point de rupture?

    Le poids de la Fonction publique en France est devenu tel qu'il asphyxie lentement mais sûrement La France. Soit l'étau est desserré, soit la France finira de sombrer assez rapidement maintenant. Les solutions sont connues pour sortir de ce piège. Les politiques n'ont jusqu'à présent pas montré qu'ils avaient assez de courage pour expliquer et affronter les Français sur ce sujet brûlant. Plusieurs pays ont su réformer en ne gardant dans le giron de l’État que les fonctions régaliennes et celles ci avec une grande gestion des ressources humaines. Les autres missions ont été confiées à des agences dont le personnel a un statut de droit privé. Il n'y a pas d'autres alternatives pour éviter la faillite générale. Pour le moment E. Macron ne règle rien et il laissera, j'en ai bien peur, dans 5 ans une situation catastrophique.

  • Par vangog - 10/10/2017 - 21:04 - Signaler un abus Eh oui! Nous cotisons pour que Hidalgomygode...

    puisse jouir d'une retraite très prématurée, après avoir très très peu travaillé, voire quasiment pas... Il y a de telles niches d'indécence dans la fonction publique, que les Français en ont marre de se serrer la ceinture pour certains privilégiés...hé ho, les retraités tondus! Réclamez une "compensation", vous aussi! Car vous avez payé toute votre vie pour que des gens comme Hidalgomygode se la coulent douce au frais de la princesse France, et Macron-Rothschild vous doit bien une "compensation"...

  • Par ajm - 10/10/2017 - 22:10 - Signaler un abus Reduire le champ de la fonction publique.

    Le statut de la fonction publique devrait être réservé aux grandes fonctions régaliennes, armée, police, justice, perception des taxes er impôts, diplomatie , services du Premier Ministre et Présidence de la République, Assemblées Parlementaires. Tout le reste devrait relever de contrats de droits privés avec des conventions collectives.

  • Par Super Bobo - 10/10/2017 - 22:11 - Signaler un abus Allez !

    "Jour de grogne". Tout est dit. Mort aux fonctionnaires ! Mort au fainéants ! Qu'on le tonde ! La "grogne" c'est vraiment le plus petit dénominateur commun de la doxa libérale. Et oui, on peut être fonctionnaire et lire Atlantico. Bonne nuit.

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Jacques Garello

Jacques Garello est professeur émérite à l’Université Aix-Marseille, président d’honneur de l’ALEPS, et auteur de l’ouvrage Le vote libéral (coll.Libréchange). 

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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