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"Une si jolie petite guerre" : pour voir le conflit vietnamien sous un autre jour

Pour la première fois, l'ouvrage grand public de Marcelino Truong "Une si jolie petite guerre : Saigon 1961- 1963" déconstruit le mythe du David vietnamien terrassant le Goliath américain. A lire absolument.

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"Une si jolie petite guerre" : pour voir le conflit vietnamien sous un autre jour

L'ouvrage grand public de Marcelino Truong raconte en image la guerre du Vietnam.  Crédit wikipédia

L'auteur

Peintre, auteur et illustrateur, Marcelino Truong est né en 1957 d'un père vietnamien et d'une mère malouine. Enfant, il suit ses parents au gré de leurs affectations à Washington, Saigon, Londres et s'installe enfin à Paris où il vit aujourd'hui.

Diplôme de Sciences Po et agrégation d'anglais en poche, il choisit de suivre sa vocation d'artiste en 1983. Il signe textes et illustrations de plusieurs albums tant pour adultes que pour la jeunesse où le Vietnam et l'Asie sont souvent à l'honneur.

On lui doit la conception graphique du film d’animation, Petit Wang (26 minutes, réalisateur Henri Heidsieck ), Prix du film TV au Festival d’Annecy en 2006.

Marcelino Truong est aussi l’auteur de nombreuses couvertures de livres ainsi que de jaquettes de romans, dont ceux d'Eric Emmanuel Schmidt.

Il illustre régulièrement les pages de Marianne, Elle ou Libération.

Renouant avec la BD, il a adapté le polar de James Lee Burke, Prisonniers du ciel, paru en 2010 dans la collection Casterman/Rivages/Noir.

Une si jolie petite guerre - Saigon 1961-63, un roman graphique en BD paru aux Editions Denoël Graphic est son dernier ouvrage.

Thème

Marcelino Truong à quatre ans lorsqu'il découvre le Vietnam, le pays de son père. Ce pays, il le quittera au bout de deux ans, mais il n'oubliera pas ce bref séjour à Saigon de 1961 à 1963 qui va durablement marquer son enfance.

A tel point que cinquante ans après, il restituera avec finesse et authenticité son regard d'enfant porté sur son expérience vietnamienne, aidé par la précision graphique et faussement naïve de son très joli coup de crayon, et reconstituant des souvenirs que nous découvrons à travers les lettres de sa mère à sa famille restée en France, dont il reproduit et illustre des passages marquants.

Derrière les anecdotes vécues Marcelino Truong nous montre les prémices de ce que l'on nommera plus tard la "guerre américaine" du Vietnam sous un angle très original : grâce à la situation de son père, proche collaborateur de Ngo Dinh Diem, alors président du Sud Vietnam, et depuis le balcon de l'appartement familial, idéalement situé au centre de Saigon, Marcelino nous installe aux premières loges d'où nous assistons à l'entrée en scène des acteurs qui seront les protagonistes de la future tragédie vietnamienne : vietnamiens nationalistes du Sud et communistes du Nord, Viet Cong, politiciens américains, moines bouddhistes, réfugiés catholiques, petit peuple et paysans "'trimant pour les riches le jour et pour les rouges la nuit".

Points forts

La forme adoptée pour ce récit, en l'occurrence la bande dessinée, de surcroît vue à travers un regard d'enfant, contribue à rendre léger un sujet exceptionnellement grave.

Pour la première fois, un ouvrage "grand public" déconstruit le mythe du David vietnamien terrassant le Goliath américain. En nous livrant une vision moins manichéenne du conflit vietnamien, il contribue à rendre justice et à redonner une place aux Vietnamiens du sud, protagonistes essentiels mais désormais oubliés car, tel étant le sort réservé aux vaincus, coupables sans doute d'avoir été cette fois-là du mauvais côté de l'Histoire.

L'ouvrage nous rappelle aussi qu'il s'agissait d'une guerre révolutionnaire, subversive, d'un genre nouveau, ingagnable par des moyens classiques et totalement déséquilibrée d'un point de vue médiatique. En cela, elle était bien exemplaire des conflits de la seconde moitié de ce vingtième siècle tragique.

Points faibles

Je n'en vois pas.

En deux mots ...

"Une si jolie petite guerre" ou un ouvrage bouleversant qui raconte l'irruption insidieuse de la guerre dans le quotidien d'un petit garçon saigonnais.

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  • Par benjo - 23/04/2014 - 17:30 - Signaler un abus Les USA ont militairement gagné et politiquement perdu

    D'un point de vue militaire les USA ont écrasé les Viet Congs. Mais ils ont été vaincus psychologiquement et médiatiquement et avant tout par eux-mêmes. C'est le premier conflit où les faibles ont compris comment vaincre les occidentaux: par les médias. Depuis les Palestiniens et les islamistes ont su creuser le filon.

  • Par pierre325 - 23/04/2014 - 17:41 - Signaler un abus vous savez ce qu'on dit

    @benjo Un foret de mauvais fusil touchera toujours ça cible. Enfin les faibles faut pas exagéré, il y avait les Russes derrière, d'ailleurs l’Afghanistan a été la vengeance des usa ou les rôles ont été complétement inversé.

  • Par biturige - 23/04/2014 - 20:01 - Signaler un abus idem la fois d'avant

    bonsoir pierre325,les Russes et les Chinois étaient déjà derrière à l'époque où nous y étions .Ils y étaient de part le matériel ,l'assistance et la formation .Physiquement ils y étaient aussi mais épisodiquement et seulement aux frontières des territoires du Nord et de l'Ouest évidemment .Dans le Delta ,sur les Viets-Congs pris ou abattus on retrouvait des armes & munitions typiquement Soviétiques et Chinois . Comme quoi il ne faut pas raconter "d'histoires ";surtout à ceux qui ont participé ....

  • Par BCPANORAMA2 - 24/04/2014 - 08:40 - Signaler un abus L’Impérialisme est un mauvais élève. Général Giap.

    Les USA ont perdu, militairement, politiquement et économiquement la guerre du Vietnam, laissant des séquelles irréparables. 1- Militairement: Débâcle de 1975. Harcelées, les forces américaines n'ont même pas eu le temps d'organiser leur retraite, abandonnant alliés et matériel sabordé. 2- Politiquement. Aucun soutient de la part de la Communauté Internationale, même dans le camp des alliés. Manifestations perpétuelles à travers le monde contre la guerre du Vietnam, y compris aux Etats-Unis. Une guerre absurde et injuste, vouée à l’échec. De Gaulle,1er sept 1966. 3- Économiquement. Un gouffre financier de plus de 700 Milliards de $ actuels - 9 % du PIB. soit 2400 $ par habitant femmes et enfants compris. 4- Les séquelles. De vastes contrées sont toujours contaminées par l'Agent Orange, arme chimique prohibée mais largement utilisée au Vietnam.Les minibombes sismiques tuent encore à ce jour des enfants vietnamiens.. Sur les 3 millions de soldats US ayant servi au Vietnam, beaucoup souffrent de troubles psychiques. Conclusion: Les USA ont commis les mêmes erreurs que la France en Algérie. On ne peut rien contre un peuple déterminé. L’Impérialisme est bel et bien un mauvais élève.

  • Par grenzen - 24/04/2014 - 09:29 - Signaler un abus gagner une guerre militairement et perdre politiquement?

    En effet, au Vietnam peut etre il y avait les russes et les chinois avec les Vietcongs comme les américains avec les vietnamiens du Sud. Mais,sur le terrain c'est bien les vietnamiens qui ont administré la défaite aux américains et pas les chinois ou les russes. C'était leur détermination et leur maitrise du terrain et curieusement, ces faibles avaient des généraux tacticiens . Et pour se défendre,il fallait bien qu'ils achètent les armes quelquepart aussi ou bien? C'est comme si dans une guerre en Afrique,on trouverait beaucoup de Kalachnikovs, est-ce que cela voudrait dire que les russes et les Ukrainiens y sont? La question que je me pose aussi est de savoir qu'est-ce qu'un faible? un homme déterminé ou un occidental qui vient avec son arme pour anéantir les autres et asseoir son pouvoir? Cest à cause de ce type de mots lancés sans reflexions aucunes que la course à l'armement prend de l'ampleur. Chacun sait que des qu'il est armé, tout le monde le craint. Et en plus je me demande par rapport à l'Europe, quels médias ont la Palestine ou les islamistes looool. Internet? ou Al Jazeerah?

  • Par pierre325 - 24/04/2014 - 11:15 - Signaler un abus en même temps quand je pense au kmère rouge et a la

    Corée du nord, je me demande ce qui serait arrivé si ils n'étaient pas intervenu. On les traite de monstre mais faut voir ce que faisaient la Russie.

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Pham Van Tin

Pham Van Tin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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