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Sport, santé, emploi et spectacle : vive le dopage !

Le dopage est une chance pour l’innovation pharmaceutique, la résorption du chômage des jeunes et la préservation de l’audience des grandes chaînes de télé à l’heure du Web. Militons pour sa légalisation.

Zone franche

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Sport, santé, emploi et spectacle : vive le dopage !

Au centre d'entraînement d'une grande équipe cycliste : "Vous assistez ici à la préparation de notre leader pour les étapes de montagne. Ce n'est pas très spectaculaire, mais ça va décoiffer..."

Lance Armstrong soupçonné de dopage ― cet Américain, ce Texan même ! ―, et c’est tout un pays qui se pousse du coude au comptoir d’un air entendu : « Tss, un cancer du testicule et vas-y que je te gagne soixante-douze Tours de France ? A d’autres, hein, on ne me la fait pas à moi ! ».

Une mamie Longo qui enchaîne les ascensions de cols à l’âge où n’importe quel cégétiste exige d’être placé en retraite à taux plein, et c’est le même pays qui s’extasie devant le miracle d’une vie saine au pied des montagnes : « Ah ben ça, la soupe aux choux et la raclette, c’est sûr que ça conserve !

 ».

Mais, hum, patatras, voici qu’on commence à s’interroger sur la nature du régime alimentaire qu’elle s’impose, la Jeannie, et qu’on va peut-être finir par lui trouver des poux survitaminés dans son casque en polystyrène expansé.

Quel malheur, on ne sait vraiment plus à quel sainte se vouer, ces jours-ci…

D’un autre côté, ça commence à bien faire, ces affaires de dopage. OK, dans le sport, dans tous les sports, tout le monde est dopé. C’est comme ça, c’est un fait, on n’y peut rien. Il y a des sports où l’on se dope un peu plus, des sports où l’on se dope un peu moins, des sports où l’on se fait coincer, des sports où l’on fait à peu près ce qu’on veut parce qu’ils ne passent pas à la téloche et que tout le monde s’en contrefiche mais, au final, le dopage est au sport ce que les prompteurs sont aux vieux chanteurs yéyés qui veulent faire du théâtre au soir de leur vie : indispensable.

Des athlètes sortis du Marvel Comics Group

Moi, ce que je trouverais formidable ― c’est mon côté libéral, vous me connaissez ―, c’est qu’on en finisse avec tous ces contrôles à la gomme et que l’on permette enfin aux sportifs de s’entraîner comme ils le souhaitent. Car enfin, imaginez un monde où le dopage ne serait pas seulement autorisé mais carrément encouragé : des athlètes totalement déformés par une musculature de taureau de concours agricoles s’affrontant comme autant de gladiateurs du Marvel Comics Group, cavalant comme des guépards, sautant comme des kangourous, nageant comme des anguilles, pédalant comme des, hum, comme des Jeannie Longo… Ça ne serait pas génial ?

D’accord, les carrières seraient courtes et il faudrait les remplacer souvent. Mais avec 25% de chômage chez les jeunes, les labos auraient de la matière première en veux-tu en voilà ! Et ça ne serait pas que spectaculaire, non, ça serait aussi un formidable moteur pour l’innovation pharmaceutique si l’on peut tester toutes sortes de saloperies rock’n’roll sur des sujets volontaires et motivés. Aux oubliettes, l’expérimentation animale qui fait tant flipper Brigitte Bardot ; terminées, les années d’attente entre la découverte d’une molécule et son arrivée dans les pharmacies dans un bel emballage Servier !

Bon, bien sûr, le « sport pour le sport » à la Coubertin y laisserait quelques plumes et je ne dis pas qu’il ne resterait pas, ici et là, de vieux croûtons exigeant de voir des cyclistes se trainer à 25 kilomètres heure dans l’Iseran et, même, des sprinters sans ambition se satisfaisant d’un 100 mètres en 9 secondes... Qu’à cela ne tienne, leurs compètes à eux pourraient continuer d’être programmées en deuxième partie de soirée sur Arte et France 5 avec l’opéra et les pièces de Schiller en VO sans déranger personne, Canal + et TF1 se concentrant sur le sport le vrai et freinant l'exode des spectateurs vers le Web.

Tout le monde serait content, bon sang (en poche réfrigérée de 5 litres) !

Et au fait, à votre avis, dans un bon jour et après une bonne raclette, elle peut battre Armstrong, la Jeannie ?

 
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  • Par fms - 10/02/2012 - 10:14 - Signaler un abus bonne question...

    le dopage est mauvais car il détruit les organismes, mais qu'en sera-t-il lorsque les produits proposés ne seront plus destructeurs pour les athlètes ? A quelle dose un produit devient-il néfaste sur le long terme ?

  • Par blablator - 10/02/2012 - 12:12 - Signaler un abus "Que le meilleur gagne !" : c'est périmé...

    C'est vrai qu'il est bien loin de temps de Coubertin... La triche en général (et donc le dopage) étaient considérés comme déshonorants. A mon avis le problème actuel, c'est qu'il n'y a plus de morale, plus aucun frein à la triche pour avoir plus de fric ou plus de gloire (ou plus de pouvoir pour les politiques)

  • Par Rhytton - 10/02/2012 - 12:44 - Signaler un abus Question de choix, vas donc, eh Coco!

    Si on vit sans drogues, il est dit qu'on vivra longtemps. Si on se dope, il a ete reporte qu'on meurt tot. Alors c'est une question de choix: maintenir le feu de la vie comme une vacillante flamme de chandelle... ou comme l'explosion eclatante (mais breve) d'un feu d'artifice. Choisis ton camp, camarade!

  • Par LouisArmandCremet - 10/02/2012 - 13:10 - Signaler un abus Bonne question...

    En dépit du ton badin et de la forme humoristique (que j'adore), la question mérite réellement d'être posée... Pour ma part, je préfère les premier Jeux Olympiques de l'époque moderne, ceux de Coubertin à Athènes, et plus spécialement le Marathon : couru sous une chaleur écrasante, on donna aux athlètes à boire à mi-parcours ... du vin !!! C'était autre chose de mieux que les produits d'aujourd'hui !

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Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Ses derniers romans : Les heures les plus sombres de notre histoire (L'Aube, 2016) et Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chi (L'Aube, 2015).

 

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