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Jean-Michel Blanquer peut-il ne pas sanctionner les 314 professeurs qui décident d’eux-mêmes d’enseigner « l’accord de proximité » ?

Dans une tribune publiée sur Slate, 314 enseignants déclarent abandonner l'enseignement de la règle de grammaire qui stipule la prévalence du masculin sur le féminin. Julien Aubert, député du Vaucluse réagit.

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Publié le - Mis à jour le 11 Novembre 2017
Jean-Michel Blanquer peut-il ne pas sanctionner les 314 professeurs qui décident d’eux-mêmes d’enseigner « l’accord de proximité » ?

Atlantico : Dans une tribune publiée sur Slate, 314 enseignants déclarent "Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l'emporte sur le féminin" Comment réagissez-vous à cette déclaration ?

Julien Aubert : Au-delà de la formule que l'on peut évidemment contester parce qu'elle est désuète, le sujet est ; que penser d'un fonctionnaire qui dirait "nous refusons d'appliquer les décisions du ministère parce que nous sommes politiquement d'un autre avis". Je pense que le Ministre doit convoquer ces agents qui sont des fonctionnaires, et leur rappeler ; premièrement le devoir de réserve qui empêche un fonctionnaire de faire de la politique et deuxièmement de les sanctionner s'ils persistent à refuser d'appliquer les instructions de l'éducation nationale.

Quels sont les risques d'une telle démarche ? Vers quels autres enseignements "parallèles" pourraient on s'orienter à l'avenir en suivant une telle logique ? 

Il y a d'abord un risque pédagogique. Il y a un problème lorsque vous mettez vos enfants à l'école et que, en fonction des opinions politiques du professeur, l'enseignement est modifié. Cela est équivalent à un professeur d'histoire qui choisirait son propre programme parce qu'il aurait décidé de ne plus enseigner le moyen-âge, en disant que "la Chrétienté ce n'est pas mon truc". Il y a donc un sujet pédagogique mais il y a également un sujet politique qui est justement l'entrée de la politique à l'école. Cela est très grave parce qu'il faut que les parents d'élèves soient conscients que l'école doit être un lieu neutre, elle doit être protégés les passions des adultes. Il y a également un risque linguistique, celui de défigurer, de modifier et surtout de compartimenter la langue française. Si chacun fait son français à sa carte, au lieu de rassembler, alors la langue divisera.

Comment expliquez-vous une telle réaction de ces enseignants ? Que révèle-t-elle selon vous ? 

Cela reflète une époque ou des mouvements qui se disent féministes ne soutiennent pas la cause des femmes. Parce que dans beaucoup de pays ou le genre masculin ne l'emporte pas sur le genre féminin, on a pour autant des problèmes d'inégalités hommes femmes. C'est aussi une époque où la majorité se laisse dicter la loi par des minorités quelles qu'elles soient en oubliant que la République est un projet commun de société et certainement pas une société multiculturelle ou multi-minoritaire. Et on verra si le gouvernement d'Emmanuel Macron, comme il le prétend, est un gouvernement de droite ou s'il est un gouvernement qui en réalité refuse d'exercer les prérogatives que lui donne la République.

N'y a-t-il pas également une confusion entre le genre féminin de la langue et "les femmes" ?

C'est un mélange total entre le genre grammatical et le genre social. C'est aussi considérer les femmes comme une minorité dans un concept de guerre des genres ou de guerre des sexes, qui reflète l'idée d'une domination de la femme par l'homme. Considérer l'homme comme un adversaire, c'est nier la complémentarité évidente de l'humanité.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 10/11/2017 - 12:22 - Signaler un abus Enseignants extrême-gauchistes hors-la-loi!

    Ces enseignants extrême-gauchistes (qui ne font que suivre les préconisations de la bécasse Chiavalpa...) se mettent hors-la-loi et perdent donc le droit d'enseigner. Le bras-de-fer avec la République a commencé, comme prévu, et l'hystérie vient d'extrême-gauche fasciste...J.M.Blanquer sera-t-il assez fort pour la défendre? Contre les fascistesrouges, elle aura toujours les patriotes à ses cotés. Qui "Hystérise" le débat?...l'extrême-gauche, ou les patriotes?...

  • Par Marie-E - 10/11/2017 - 12:47 - Signaler un abus je n'attends

    qu'une chose de Jean Michel Blanquer. : c'est qu'ils virent tous ces extrémistes qui ne font qu'instiller leurs idées dans la tête de nos chers petits. Leur idéologie est dangereuse. Ils n'ont pas à faire ce qu'ils veulent, ils doivent faire ce que les programmes indiquent et TOUS doivent s'y soumettre. L'enseignement public de qualité est à ce prix : que vous soyez à Lille ou à Marseille, vous devez apprendre la même chose pour vivre en société. Ces soi disant enseignants n'ont rien à faire de leurs élèves. Vous voyez dans quelques années les lettres de motivation des candidats à un emploi quand ils auront appris de ces imbéciles ?

  • Par BABOUCHENOIRE - 10/11/2017 - 14:06 - Signaler un abus Maintenant on va passer à la réforme du solfége sous les

    demandes de Mister L G Tin and Co car il est inadmissible qu'1 blanche égale 2 noires

  • Par A M A - 10/11/2017 - 18:23 - Signaler un abus Le plus difficile, c'est de

    Le plus difficile, c'est de ne pas perdre patience devant ces excentricités qui n'auront vraisemblablement qu'une durée de vie très brève. Lzs innovations de quelques hurluberlus pendant la Convention n'ont eu cours que durant de courtes années. Chassez le naturel, il revient au galop. N prêtons pas trop attention aux excentricités de quelques individus bien introduits dont le premier souci est de se faire remarquer par quelques originalités courtisanes. En coupant la queue de son chien, Alcibiade lui aussi ne cherchait qu'à se faire remarquer.

  • Par Bobby Watson - 10/11/2017 - 18:49 - Signaler un abus Inspection

    Il suffit de leur envoyer des IPR pour vérifier leur pratique et les sanctionner éventuellement. Un professeur applique le BOEN, un point c'est tout.

  • Par cloette - 10/11/2017 - 20:19 - Signaler un abus Mais alors

    et le troisième sexe , celui qui veut des toilettes spéciales, il faudra que la grammaire s'en occupe aussi !

  • Par Deneziere - 10/11/2017 - 20:38 - Signaler un abus Et savez-vous quelle est leur excuse ?

    "C'est un trop grand choc pour une petite fille, quand on lui apprend cette règle, et elle intérioriser ainsi qu'elle est inférieure". Entendu sur France Info. Au moment où le pédagogisme ambiant met les garçons en échec scolaire en plus.

  • Par zen-gzr-28 - 10/11/2017 - 20:42 - Signaler un abus Bien sûr

    cloette, vous venez de lancer un sujet primordial qui m'a bien fait rire ! Mais le pire, c'est qu'il risque d'être exploité par quelques illuminés tout sexes confondus.

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Julien Aubert

Julien Aubert est député de l'UMP dans la 5e circonscription de Vaucluse. Il est secrétaire général de l'Association des députés gaullistes de l'Assemblée nationale.

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